Le vendredi 13 avril, le CENASA (Centre...

Publié le vendredi 11 mai 2018

Le vendredi 13 avril, le CENASA (Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel) a vibré sous l’effet des puissants décibels émis par l’équipe musicale d’Al Mamy KJ. En plus de la savoureuse mélodie, l’artiste a maintenu l’assistance en haleine par la profondeur de ses textes. Le reggae maker connu pour son franc parlé n’a cessé durant tout le concert de pourfendre les maux et « crimes » de gouvernance qui maintiennent son « peuple » dans la misère : la « compaorose ».

« Arrêtez Compaoré et jugez la compaorose. Ils ont pillé, volé, brûlé, torturé, tué sans pitié ». Voici l’un des refrains que les mélomanes ont repris en chœur avec l’artiste au CENASA. Depuis la sortie de son dernier album La Lettre, « l’artiste du peuple » comme l’appellent affectueusement ses fans, ne connait pas le repos. Il enchaine concert sur concert dans plusieurs grandes villes du Burkina Faso comme à l’extérieur (France). L’artiste dit viser à travers cette dynamique la conscientisation du peuple, l’éveil et l’insurrection des consciences pour une veille citoyenne agissante. Il s’agit également pour lui, à travers ses textes marqués du sceau de l’activisme, de maintenir la pression sur les dirigeants pour la réalisation de la justice sociale, la lumière et la justice sur tous les crimes de sang et crimes économiques perpétrés au Burkina Faso. Le reggaeman n’utilise pas de détours dans ses critiques. Il s’attaque à la minorité qui a la mainmise sur les richesses du pays. L’artiste accuse nommément des personnalités toujours aux affaires qui ont fait chavirer des entreprises publiques par des détournements sous l’aile protectrice de Compaoré, et qui n’ont jamais été inquiétés. Il le fait savoir dans la chanson « Ali Baba et les 40 voleurs sont de retour ». Pour l’artiste, « Compaoré est parti mais sa queue est toujours aux affaires ». Et ceux qui représentent cette queue se sont vautrés sur les richesses nationales au détriment des populations qui croupissent dans une « misère noire ». Et selon l’artiste, au lieu de travailler pour le peuple, ils passent le temps à le distraire à travers des faits divers et détourner son attention en excipant des questions comme le « fonds commun ». « On veut des centres de santé, des écoles », lance-t-il. L’artiste a également dénoncé la situation des étudiants dont l’avenir est en train d’être hypothéqué par le système LMD. Les étudiants venus massivement ont marqué leur approbation avec les propos de l’artiste en reprenant avec lui toute la chanson. Un thème comme la corruption qui a la peau dure au Burkina a été abordée. Pour Al Mamy KJ les dirigeants actuels ne sont pas à la hauteur pour mettre fin à ce fléau qui martyrise une majorité de Burkinabè. L’artiste et son staff ont eu le génie de concilier un discours très critique et un savoureux rythme musical à la sauce de chez nous : un mélange de reggae roots sur fond d’un beat de waraba. Et ce sont ce « discours de vérité » et cette mélodie à la sauce du terroir burkinabè qui ont convaincu des personnes comme Liliane, cette jeune étudiante à esquisser des pas de danse. Des artistes en herbe et même des stars comme Améty Méria sont venus soutenir l’artiste du peuple dans son combat pour « un Burkina Faso de justice, prospère pour tous, etc. ».

Hamidou TRAORE


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