Les arts en fête à Ouaga

Publié le mardi 9 janvier 2018

Dès le début du dernier trimestre de l’année, Ouagadougou revêt ses habits de fêtes de fin d’année. Cette année encore, malgré les sirènes des forces maladives qui sonnent au Nord, la tradition est respectée. Pour le seul week-end du 24 au 26 novembre, des événements culturels souhaitent la bienvenue au dernier mois de l’année. A la Villa Yiri Suma du côté de Koulouba, les Artistes sentinelles de la paix, vous font voir qu’une « pierre posée, n’est pas jetée ». Communion intéressante entre artistes français et burkinabè, à la veille de la visite du président Emmanuel Macron qui mobilise des pour et des contre. Une logique de l’air du temps, dans un Faso qui rappelle au jour le jour que la vie n’est pas le cours d’un fleuve tranquille. Si le Carrefour des arts Plastiques de Ouaga (CAP-2017-2018) a pris le large depuis le 9 novembre, c’est le dernier week-end, qui coïncide avec la fin du mois (les salaires sont tombés !) qui mobilise plus l’ambiance ouagalaise. Alors, entre la Foire du livre (FILO) à la place de la Nation et le festival, de grillade (Festigrill) à la maison du peuple, les Ouagalais ont l’occasion d’aller au Centre-Est dans le quartier Zogona pour découvrir les chefs-d’œuvre d’Adama Pacodé à la Villa Opale. Le vernissage intervenu dans la soirée du 24 novembre a montré que « l’art de la fibre » mérite bien une attention particulière. En remontant vers l’ouest, dans le quartier Gounhgin constamment illuminé par les Recréatrales et l’Espace Napambeogo, le visiteur aura la chance de découvrir la diversité culturelle du Burkina Faso à travers l’exemple de la province du Nahouri. Dans l’enceinte d’une autre villa, celle de l’Institut Burkinabè de Ouagadougou, un collectif d’associations organise le Festival des arts et de la culture du Nahouri. Dwi Joro en kasena ou Buuri Tigsgo en Nankana, ce festival, en plus de contribuer à renforcer la cohésion entre les filles et fils du Nahouri, vise à partager la riche culture de cette province avec les autres. L’architecture, les peintures murales, les danses et l’art culinaire des populations Kasena et Nankana ont longtemps séduit et émerveillé de nombreux visiteurs venus au Nahouri. Lors des différentes éditions des semaines nationales de la culture (SNC), les danseurs du Nahouri sont régulièrement repartis au bercail avec des récompenses diverses. Ce n’est donc pas un hasard si la province compte deux Trésors humains Vivants (THV) consacrés pour leur virtuosité dans le domaine des peintures murales (Tintana Kayê) et de l’artisanat (Sia Boureima). Ces deux représentent valablement la région du Centre-Sud parmi les 17 THV proclamés par le président Michel Kafando sous la Transition, pour la période 2015-2016.
Une Parade dans les rues de Gounghin, des danses Kasena et Nankana, ont donné dès l’après midi du vendredi 24 novembre le ton du festival des arts et de la culture du Nahouri, qui inscrit la réflexion au cœur de la fête. En effet cette première édition placée sous le thème : « Patrimoine kasena-nakana : quelle stratégie de préservation et de promotion » ?, entre exposition-vente et dégustation de mets et boissons locaux tient des débats autour de la valorisation du patrimoine culturel des communautés Kasena-Nankana. Nobles ambitions et contributions louables des fils du terroir qui montrent par là qu’il ne faut pas que ce soit le ministère en charge de la culture avec l’appui des amis du Burkina Faso qui soient toujours à l’avant-garde de la valorisation de ce patrimoine.
La fin d’année à Ouaga est aussi le moment de voir s’exprimer la dynamique de la diversité culturelle du Burkina Faso. Capitale au cœur du « Pays des Hommes intègres », Ouaga est au carrefour des cultures diverses du fait des nombreuses nationalités et groupes socio-culturels qui s’y côtoient au quotidien. Sans biodiversité, l’écologie serait sans saveur, la nature ne serait pas porteuse de vie et de vitalité. Il en va de même de la diversité culturelle pour l’être humain. La culture est la sève nourricière qui est à la base de toutes les énergies pour son épanouissement social. Promouvoir la diversité culturelle doit donc être une action quotidienne de chacun et de tous. C’est par là que nous pourrions générer assez de ressources afin de renforcer la cohésion sociale et construire une citoyenneté responsable. A bon entendeur... bons festivals.

Ludovic Ouhonyioué KIBORA

Filo 2017 : Un bilan moyen

C’est sous le thème « Livre et Lecture dans le cadre familial » que la 14e édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) s’est ouverte ce jeudi 23, à la Place de la Révolution. Quelques heures la clôture dimanche 26, nous avons rencontré deux jeunes écrivains exposant leurs œuvres. Tous deux incitent le public et particulièrement la jeunesse à la lecture, gage du savoir.

Emile Lalsaga et Adama Kaboré sont deux jeunes écrivains. Ils occupent tous le stand La Sagesse où leurs œuvres sont exposées. Le premier a, à son actif, deux œuvres. Un recueil de poème intitulé « Les sillons de l’existence », publié en 2014. Ce recueil de 52 pages a été deux fois honorées à l’examen du baccalauréat au Burkina en 2015 et 2017, car des textes y ont été choisis comme sujets. Sa seconde production un livre d’exercice sur la dictée. Après Constatant que beaucoup d’élèves échouent à cause de la dictée, Emile Lalsaga produit et met ce document à la disposition des élèves, pour s’améliorer leur performance en dictée, pour une modique somme. Adama Kaboré, lui, vient de mettre sur le marché sa première œuvre. Un recueil de quatre nouvelles, « Faste désastre ». Ce recueil touche plusieurs thèmes, notamment les intrigues politiques.
Ces jeunes écrivains dressent un bilan moyen pour cette 14e édition, car selon eux, l’affluence n’a pas été au rendez-vous. Ce qui satisfait un peu Emile Lalsaga, mais la non fréquentation d’un nombre considérable d’étudiants le rend plus amer. Il attribue ce manque d’engouement par le choix du site. Il pense que si les expositions se faisaient dans un milieu clos, Siao par exemple, cela drainerait du monde et les exposants seraient à « l’abri de la poussière et du soleil ».
Tous jugent pertinent le choix du thème. Pour eux, le livre n’est pas seulement l’apanage des étudiants ou de ceux qui sont allés à l’école. Emile Lalsaga indique qu’il y a des livres exposés, qui sont écrits en langues locales, mooré, dioula, groumantché, qui permettent à ceux qui n’ont pas appris la langue de l’école de pouvoir lire et se cultiver. Ce dernier précise que le thème choisi cible et incite plus à l’apprentissage des enfants en famille. Pour lui, l’un des objectifs recherché à travers le thème est d’initier les enfants dès le bas âge à la passion de la lecture. Adama Kaboré insiste sur ce point, et appelle les parents à amener les enfants à lire en leur achetant des livres car, « c’est un moyen incontournable d’apprendre et de s’améliorer à l’école ». Parlant d’amélioration à l’école, Emile Lalsaga cite son livre sur la dictée, composé de plus 60 exercices et des explications de règles permettant d’écrire sans faute. Il souligne que c’est sa contribution dans la facilitation de la tâche aux parents et, surtout, aux élèves pour réussir la dictée aux examens. L’auteur insiste pour dire que son livre aborde et résout le maximum des difficultés sur la dictée.
Durant 4 jours, femmes et hommes de la culture, amoureux du livre, ont visité les différents stands pour savourer les talents d’écrivains et auteurs d’un grand nombre d’œuvres littéraires. Les visiteurs achètent, consultent, discutent directement avec des auteurs dans une ambiance de convivialité.
En rappel, le FILO 2017 est placé sous le parrainage du Ministre de la Culture de la Côte d’Ivoire, M. Maurice Kouakou Bandaman. L’écrivain burkinabè, Ansomwin Ignace Hien est l’invité d’honneur. Et au cours de la cérémonie d’ouverture, des personnalités culturelles ont été décorées pour leur dévouement pour la culture.

Hamidou TRAORE


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