Rentrée Politique de l’ADF/RDA : Le retour de ‘‘l’éléphant’’ enrhumé

Publié le jeudi 7 décembre 2017

Le parti de l’Alliance pour la Démocratie et la Fédération- Rassemblement Démocratique Africain (ADF/RDA) a effectué sa rentrée politique le samedi 28 Octobre 2017 à Ouagadougou. Cette grande retrouvaille entre militants, empreinte de solennité, vise, selon son président, Me Gilbert Noël Ouédraogo à « gagner à nouveau la confiance des Burkinabè ». Elle consacre le retour de l’éléphant sur la scène politique après une longue période d’hibernation.

Cette rentrée politique qui sonne le grand rassemblement du parti de l’éléphant n’est pas un événement fortuit. Elle a eu lieu le samedi 28 Octobre 2017, à la veille de la commémoration de l’insurrection des 30 et 31 Octobre 2017 où justement à pareille période, trois ans plus tôt, c’est-à-dire le samedi 25 Octobre 2014, ce même parti appelait ses députés à soutenir le compromis trouvé au sein de la majorité.
En termes clairs, son président, Me Gilbert Noël Ouédraogo a demandé aux députés du groupe parlementaire de sa formation politique de voter pour la modification de l’article 37 de la Constitution. La vision de l’époque, était que « l’ADF/RDA a fait le choix de la paix et de la démocratie » dixit son président.
Loin s’en faut. La paix a été compromise. Et certains continuent de croire que Me Gilbert Noël Ouédraogo n’a pas résisté à la sirène du pouvoir et aux propositions sûrement mirobolantes du régime Compaoré. Son revirement spectaculaire (Et pourtant autrefois opposé) en laissait présager de toutes les supputations, fantasmes, et hypothèses.
Le président de l’ADF/RDA ne s’en offusque guère. Un coup d’œil dans le rétroviseur lui a permis de revivre ses erreurs et égarements. A l’occasion donc de sa rentrée politique, il n’a pas raté l’occasion de reconnaître que son parti a « failli ».
Il s’en est suivi une demande de pardon adressée au peuple burkinabè tout comme il l’avait fait en 2015, peu avant les élections couplées présidentielles/législatives .
Il en a d’ailleurs récolté quelques députés qui siègent en groupe parlementaire à la présente législature. En tout cas, sur les événements des 30 et 31 Octobre, il a élargi l’assiette de la responsabilité à toute la classe politique nationale pour dire en filigrane que « nous sommes tous responsables et coupables ». Bien évidemment, cela ouvre un autre débat !
Il n’empêche que l’insurrection et tous les événements qui s’en sont suivis ont enrhumé « l’éléphant » qui s’est fait silencieux et discret. Cela s’appelle la traversée du désert. Le parti a été contraint à l’opposition au CFOP. Son leader y aurait pris goût, selon certaines indiscrétions, et serait d’une assiduité exemplaire.
Depuis le samedi 28 Octobre dernier, un nouveau vent souffle sur le parti, l’éléphant enrhumé est sorti de sa léthargie pour s’affirmer à nouveau sur l’échiquier politique national. Il dit venir occuper la place qui était la sienne. En est-il encore capable ? Son président ne se l’est pas caché. Il l’a martelé haut et fort avec un timbre à lui couper la corde vocale : « L’éléphant est bel et bien de retour et il faudra compter avec cette force politique en construction ».
Ainsi, le parti « l’Alliance pour la démocratie et la fédération- Rassemblement démocratique africain » revient dans une nouvelle posture. Me Gilbert Noël Ouédraogo lève un coin de voile en affirmant que : « L’ADF/RDA restera une force de propositions et entend apporter des réponses nouvelles aux préoccupations des Burkinabè. »
En plus, Il entend faire preuve de pragmatisme et d’authenticité. Une sorte de nouveau contrat qu’il propose aux Burkinabè car les responsables de cette formation politique disent être plus que jamais convaincus que leur parti a encore un rôle à jouer dans ce pays.
Placée sous le thème : « consolidation de l’Etat de droit, réconciliation, paix et sécurité », cette rentrée politique a été l’occasion pour le parti de ne pas occulter l’actualité politique nationale.
On retient que pour l’ADF/RDA, « les problèmes des Burkinabè ne se limitent pas aux crimes économiques et de sang. Ils sont plus larges et plus profonds. Et à Me Gilbert Noël Ouédraogo de les égrener : chômage des jeunes, absence de perspective, faillite du système éducatif, questions touchant au genre, aux minorités ethniques, insécurité ambiante, gouvernance, sécurité etc..
Sur la question de la justice par exemple, le président du parti de l’éléphant pense qu’elle ne doit pas être « émotionnelle ni spectaculaire ». Et soutient par ailleurs que tous les fils du Burkina Faso doivent se donner la main pour s’atteler au développement du pays. D’où son invite à la réconciliation nationale.
Ainsi dit-il : « Il ne s’agit pas d’enjamber des cadavres, ni de faire l’économie de la vérité et de la justice ». Il s’agit, a-t-il poursuivi : « de travailler de manière à ne pas laisser la jeune génération faire les frais des querelles de leurs aînés ».
« Le Burkina Faso ne doit pas être divisé en citoyens insurgés contre des citoyens non insurgés » a-t-il conclu/

Raphaël N. ASPAVATI
aspavanou@gmail.com


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