Inhumation de Salif : Un hommage posthume inédit

Publié le mardi 3 octobre 2017

Jamais de mémoire de Burkinabè on n’a vu pareil démonstration de ferveur et de mobilisation populaire à l’occasion d’un décès. L’Etat a mis les petits plats dans les grands et les Burkinabè ont massivement répondu en écho, faisant des obsèques de Salif Diallo, une première dans les annales historiques de la nation.

Le président du Faso en a fait son affaire. S’il n’était pas au-devant de la scène, il n’en était pas moins le principal donneur d’ordre. Le ministre d’Etat Simon Compaoré et la secrétaire générale de la présidence du Faso, chevilles ouvrières de l’organisation étaient constamment au rapport.
Roch a tenu en effet à ce que les obsèques de son ami soient à la hauteur de l’homme. Nul n’est mieux placé que lui pour connaître le rôle joué par le disparu dans l’histoire politique du Burkina des 30 dernières années mais aussi dans leur histoire personnelle. Le président avait aussi un défi à relever, celui de l’exemplarité. Des rumeurs insistantes faisaient état de la rivalité entre les deux hommes en termes de luttes d’influence au sein du parti et de l’appareil d’Etat. Selon nos sources, la taille et le format des obsèques auraient fait débat dans le cercle restreint des têtes pensantes autour du président où d’aucuns se seraient prononcé pour un service minimum. Si cela est avéré, le président aura fait montre d’une grandeur d’esprit et les Burkinabè semblent avoir apprécié.

Des obsèques de première classe

On peut tout reprocher à Roch sauf d’ignorer d’où il vient. On l’a vu à la mort de Valère Somé assister personnellement à la veillée de prière et à l’office religieux célébré à la cathédrale. On ne peut être surpris qu’il ait décidé d’offrir à son ami et compagnon de lutte des obsèques exceptionnelles. De toute évidence, il a mis les moyens pour cela mais il faut dire que la notoriété nationale et internationale de Salif a ajouté une autre dimension à l’événement. Parmi les délégations venues d’Afrique et d’Europe, on aura remarqué celles de Guinée et du Niger conduites par des chefs d’Etat. Le président du Niger a même fait le déplacement de Ouahigouya pour assister au dernier hommage rendu à Salif Diallo. Autant Salif Diallo manquera à ses amis du MPP autant il manquera à Mahamadou Issoufou et son PNDS qu’il a aidé par ses conseils à grandir et à se renforcer. On reconnait volontiers à Niamey que Salif Diallo avait encore un rôle à jouer au moment où le président Issoufou entame son dernier mandat et où la question de sa succession fait débat au sein de son parti.

Gorba repose désormais
dans sa dernière demeure

Cérémonie émouvante que celle qui a consacré la mise en terre de ce fils du terroir. L’oraison funèbre a été ponctuée par sept interventions. Celle de ses camarades du Groupe communiste Burkinabè (GCB) de Jean Marc Palm et Idrissa Zampaligré qui relève l’intelligence précoce du disparu, de l’Union Sportive de Ouagadougou (USO) dont il était le président d’honneur pour qui la mort est la seule vérité de notre misérable existence, de Me Sankara qui entre des sanglots souligne une des qualités de l’homme : « il avait dit-il l’éloquence du cœur et le courage de la vérité » ou encore de Simon Compaoré qui annonce que « des engagements forts ont été pris au siège du parti » en vue de poursuivre l’œuvre entamée par l’illustre disparu. D’autres intervenants tels Chantal Kambiwa, vice-présidente de l’internationale socialiste de qui on apprendra que la photo de Salif est postée sur le site de l’internationale depuis son décès et Paré Emile qui a assuré le show des parents à plaisanterie. On retiendra enfin l’adieu du représentant de la famille, Abdoulaye Diallo qui a demandé pardon à tous ceux que leur frère aura offensé et assuré du pardon de la famille, ceux qui l’auraient aussi offensé et remercié ceux qui ont fait le déplacement pour honorer sa mémoire. C’est dans une très grande dignité que le cercueil a été porté en terre en présence des proches de l’illustre disparu.

GBN


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