Maurice Yaméogo, Blaise Compaoré : Un destin croisé ?

Publié le mercredi 13 septembre 2017

Ce titre est celui du énième ouvrage de l’historien Domba Jean Marc Palm « jeune retraité » de l’institut des sciences des sociétés. L’auteur part de la mise en parallèle de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 avec celle de 1966, pour peindre le portrait politique des deux hommes d’Etat qu’a connu le Burkina Faso (ex Haute Volta). L’occasion était bonne, puisque les deux hommes ont été balayés par la colère d’un peuple qui en avait marre de leur mode de gestion de la cité. En six chapitres, cette chronique historique qui ne se prive pas d’analyses piquantes, donne la quintessence sciatique de ce que le commun des burkinabè susurrait depuis l’historique marche du 28 octobre 2014. Gymnastique délicate d’un historien politiquement engagé.
L’œuvre de 204 pages du directeur de recherche en histoire, est sorti aux éditions Mercury à Ouagadougou en juillet 2017. En annexe on y trouve les discours fondamentaux de la période de la chute du président Compaoré au début de la transition, mais pas ceux de l’époque « Monsieur Maurice ». Beaucoup de points de similitudes entre les deux hommes dans la gestion du pouvoir avec des méthodes en fonction du moment. Il est donc question de gouvernance et non de biographies comparées. Le verbe est simple et le livre se lit aisément. Cette étude comparée d’un pouvoir de 08 ans et d’un autre de 30 ans est un exercice auquel se livre le Professeur Palm avec beaucoup de méthode. Il précise en introduction : « le sujet est assez difficile à traiter parce qu’il est d’actualité et certains faits, comme le dossier Sankara sont en justice. Les passions sont encore fortes. Aussi, compte tenu de la délicatesse du sujet, notamment en ce qui concerne la période de Blaise Compaoré, nous ne citerons pas de noms de certains acteurs ni certains faits dans l’analyse que nous ferons de la situation. »
Plus qu’un livre l’historien Palm fait preuve de devoir de mémoire, tout en ayant à l’esprit la responsabilité sociale du chercheur qui est de contribuer au renforcement de la cohésion sociale sans travestir la vérité scientifique. On appréciera particulièrement la préface de Moumina Cheriff Sy qui écrit : « L’autre leçon de l’étude de Domba Jean-Marc Palm est de nous rappeler cette célèbre phrase prêtée à l’ancien premier Ministre Winston Churchill, « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». La marche actuelle de notre pays nous invite à une introspection sur notre passé politique, mais à y tirer suffisamment de leçons pour éviter que les mêmes causes ne reproduisent les mêmes effets. » A bon entendeur…Bonne lecture !

Ludovic O KIBORA


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