Auto emploi : Biba, la Taxiwoman qui bouscule un univers fortement masculin

Publié le mardi 29 août 2017

Biba taxi ou Biba. C’est ainsi que ceux qui la côtoient l’appellent. Joviale, avec un sourire enchanteur, elle est pleine d’énergie. En sa compagnie, on ne s’ennuie pas. Il suffit de gagner sa confiance. Mais de ce qu’elle considère comme sa vie privée, elle n’en parle pas. S’il lui arrive d’en parler, elle prend le soin de préciser : « C’est ma vie privée. Je ne veux pas que ça sorte ». L’aventure et le défi, voici ce qu’elle aime. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle se fait une place dans un univers longtemps considéré comme appartenant uniquement aux hommes : le taxi. Sauf erreur, Biba est la seule femme au Burkina Faso à se frayer un chemin dans ce monde masculin depuis 2010. De son histoire, on peut en rire ou en pleurer. C’est selon. Inscrite à l’école, elle perd très tôt le goût des bancs dès la classe de sixième. Son rêve, devenir couturière. Accueillie dans un atelier de couture, elle y acquiert sans grandes difficultés le savoir et le savoir faire en coupe couture. C’est le tremplin pour réaliser son rêve d’enfance. Sauf que là également, la loi du marché émousse très tôt sa passion de couturière. « A l’approche des fêtes, le marché est juteux mais après les fêtes c’est naze », regrette-t-elle. Cette réalité, Biba ne la supporte pas. « Quand on ne fait rien on a le temps de faire des bêtises », confie-t-elle, faisant ainsi sien ce proverbe populaire : « L’oisiveté est la mère des vices ».

L’heureuse parenté de circonstance

Le permis de conduire déjà en poche alors qu’elle faisait la couture, Biba pense faire le taxi mais elle est un peu hésitante. Au fil du temps, elle finit par décider à s’y lancer sans pourtant disposer de véhicule. Mais comme le disait Henri des Roches, « là où il y a la volonté, là il y a un chemin ». Et le chemin, Biba le trouva. Elle lie une relation de travail avec un vieux chauffeur de taxi qu’elle appelle papa. Celui-ci met son véhicule à sa disposition. En contre partie, elle lui verse une commission journalière qui varie selon les recettes. Son dynamisme et son amour pour le travail qu’elle fait forge l’admiration de papa à son égard. « Ma fille, si toutes nos filles étaient comme toi, on n’allait pas souffrir », lui dit-il un jour. Il se rapproche davantage de Biba qu’il traite comme sa vraie fille et l’aide à avoir son propre taxi. Débute alors pour elle une carrière de taxi woman.

Ponctualité et bonne humeur, son credo

Au volant de son propre véhicule, Biba décide de faire le taxi autrement. Elle abandonne petit à petit la route et opte de travailler avec des clients fixes. Elle fait alors le tour de plusieurs hôtels pour proposer ses offres de service en déposant ses cartes de visite à chaque endroit. Ce choix, elle le justifie par des raisons sécuritaires. « C’est pour éviter d’être agressée que j’ai choisi de travailler avec des clients fixes. Eux, il ne peuvent pas me faire du mal », confie-t-elle. Nombreuses de ses offres sont concluantes. De jour comme de nuit, elle fait la navette entre l’aéroport et les hôtels pour déposer des clients. Pour des sorties de découvertes à travers la ville ou dans les localités environnantes, elle est également sollicitée. Avec ses clients, son crédo est ponctualité et bonne humeur.

Gaston Bonheur SAWADOGO


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