Santé : Entre médicament et complément alimentaire, que choisir ?

Publié le jeudi 29 juin 2017

Autrefois, le médicament était le seul produit qu’on administre à un malade pour le guérir. Aujourd’hui, et de plus en plus, on parle des compléments alimentaires qui interviennent dans l’amélioration de la santé humaine. Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ? En quoi se différencie-t-il du médicament ?

Le constat est patent. De nombreux produits en provenance de l’Asie et des Etats-Unis sous la dénomination de « compléments alimentaires » inondent de plus en plus le marché africain. Ils sont présentés comme des denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal. Une certaine confusion semble naître de leur présence avec le médicament. Le malade est indécis. Que faut-il pour son traitement ? Le médicament ou le complément alimentaire ? Cette même question a été posée à bon nombre de médecins rencontrés dans des centres de santé et hôpitaux de la place. Aussi curieux que cela puisse paraître, aucun d’eux n’a voulu se prononcer. Seul, un, ayant requis l’anonymat, a indiqué que le médecin n’a pas été formé pour parler des compléments alimentaires. Cela laisse suspecter un différend latent qui existerait entre la médecine et ces organismes de promotion de compléments alimentaires. " Le médecin est à l’hôpital et lorsque le malade s’y rend, il lui prescrit des médicaments ". C’est la substantifique moelle à retenir de la rencontre avec ce médecin de l’hôpital Yalgado. Dès lors, en médecine, le médicament se définit comme toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales. Par extension, un médicament comprend toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. Dans cette perspective, sont considérés comme des médicaments, les produits diététiques qui renferment dans leur composition des substances chimiques ou biologiques ne constituant pas elles-mêmes des aliments, mais dont la présence confère à ces produits, soit des propriétés spéciales recherchées en thérapeutique diététique, soit des propriétés de repas d’épreuve. Ainsi, on parle de différents types de médicaments selon leur utilisation, leurs composants, leur mode d’enregistrement réglementaire. Il y a donc des médicaments génériques, biosimilaires, biologiques pour ne citer que ceux-là.

Différence entre médicament et complément alimentaire

Bien que présentés sous forme de pilules, gélules, comprimés, gommes à mâcher, tisanes, infusion, Ali AFIZOU, l’un des promoteurs des compléments alimentaires, se montre formel : « les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments ». Il les définit comme des denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique, seuls ou combinés, commercialisés sous forme de dose normale... Un complément alimentaire, a-t-il poursuivi, est donc censé fournir un complément de nutriments qui peuvent être vitamines, minéraux et oligo-éléments, acides gras ou acides aminés. A la question de savoir ce qui le différencie du médicament, notre interlocuteur donne la réponse suivante : « Le médicament guérit. Lorsqu’on est malade, il faut se rendre à l’hôpital. Le complément alimentaire intervient dans la prévention, renforce le système immunitaire et permet de jouir d’une bonne santé ». C’est pourquoi, il a insisté à dire que le complément alimentaire se prend toujours par voie orale et apporte des nutriments soit manquant ou en quantité insuffisante dans le régime alimentaire normal d’une personne. A en croire un autre promoteur du nom de Alex Eclou, de nationalité béninoise, rencontré à la faveur d’un séminaire sur les compléments alimentaires organisé dans un hôtel de la place à Goughin, 20% de la population mondiale sont malades, et ce sont « des maladies liées à notre mode de vie et d’alimentation ». Des propos renchéris par M. Ali O. AFIZOU qui stipule, par ailleurs, que « notre rôle est de conseiller les patients à une hygiène de vie, à connaître et comprendre leur corps ». A titre d’exemple, il a dit que peu de personnes savent qu’elles courent le risque du cancer en buvant de l’eau glacée après un repas chaud. Par la même occasion, Il dit regretter qu’on s’alimente mal et « tout ce que nous mangeons n’est plus normal ». Pour se rendre explicite, il donne l’exemple de la tomate, oignon… qui ne sont plus des denrées naturelles à cause des OGM. D’où, selon lui, l’urgence d’avoir une hygiène de vie et une alimentation équilibrée en consommant les compléments alimentaires pour une bonne santé.. Pour Ali 0 AFIZOU, les hommes perdent la santé pour accumuler de l’argent. Ensuite, ils perdent de l’argent pour retrouver la santé. Or « en adoptant pour peu une hygiène alimentaire qui conduit à éviter tout excès, on peut facilement préserver sa santé et garder son argent ». Il n’a pas manqué de donner des exemples de compléments alimentaires qui, d’une façon générale, aident à nettoyer l’organisme de tout ce qu’il a de toxique en raison de la mauvaise alimentation, à l’ajuster, à le réapprovisionner en nutriments puis à le prévenir par le renforcement du système immunitaire. On a comme exemple, entre autres, le zinc, le calcium, le magnésium, la spiruline (produite par exemple ici au Burkina Faso,), le chitozan. Bref, la gamme est très variée et s’étend aujourd’hui à certains appareils comme des tensiomètres, des vibreurs masseurs pour « booster » la circulation du sang, des disques magnétiques pour se protéger contre des rayons ultra violets. On constate que certains de ces compléments alimentaires sont vendus à la pharmacie et que le calcium par exemple, est vivement recommandé pour la femme enceinte. De toutes les façons, loin d’être un médicament ou un additif alimentaire, qui est mélangé à un autre aliment, le complément alimentaire est vendu isolément. On ne le prescrit pas à l’hôpital, on ne l’injecte pas, il prévient contre la maladie, corrige certains dysfonctionnement de l’organisme mais ne guérit pas.

Raphaël N. Aspavati

Hassanatou FACINA, Employée dans une ONG
Je peux témoigner que la consommation des compléments alimentaires est très importante pour la santé. Ce sont des produits naturels fabriqués à base de la plante. Il n’ y a rien de chimique. Quand j’étais enceinte de ma fille, je complétais mon alimentation par la spiruline et le calcium. En dehors des contrôles de routine à l’hôpital, nous n’avons acheté aucun médicament jusqu’à l’accouchement et puis ma fille est très belle.

Habibou SAYOBA, Ingénieur agronome
Cela fait huit mois que je suis les conseils de mon diététicien et je pense que ça va. Je porte des verres médicaux, je continue d’ailleurs de les porter mais il m’a conseillé le zinc naturel comme complément alimentaire. Je sens de plus en plus que quand j’enlève les lunettes ma vision devient acceptable. Moi-même, je suis allé sur internet pour faire des recherches et j’ai trouvé que le zinc renforce la vitalité des vues. Mais attention, je ne dis pas que l’hôpital n’est pas bon. Mais pendant qu’on n’est pas encore malade souffrant, on peut éviter de l’être avec une hygiène de vie alimentaire saine et équitable.

Bouréima ZONGO, Agent de transit
Je ne connais pas ces choses. Si quelqu’un est malade, il doit aller pour se faire soigner. Je ne suis pas d’accord que tout le monde devient docteur à la maison avec des Ong.

Ambroise Dabire : Fonctionnaire
Je connais les compléments alimentaires notamment les produits Tiens. Si c’est de cela que vous voulez parler, je puis vous dire que c’est intéressant. Ceci étant, les compléments alimentaires ne sont pas à la portée de tous les Burkinabè et généralement dans notre pays, on attend d’être victime de la maladie avant de se mettre à courir. Dans ce cas, il faut aller à l’hôpital. Dans le cas contraire, si vous avez la chance de connaître les vertus des compléments alimentaires, adoptez-les. Ce que je vais ajouter est qu’aucun aliment complémentaire ne peut valablement remplacer une bonne alimentaire. Si l’on mange bien et équilibré, on n’est à l’abri de beaucoup de maladie. Un candidat à l’élection présidentielle dernière a dit que la nourriture est le premier médicament, et moi je vais ajouter que le deuxième médicament est le cadre de vie, la propriété qu’on y apporte.

R. N. A


Commenter l'article (0)