Etalons : On ne peut sauver le soldat Paul Put

Publié le mardi 1er juillet 2014

Paul Put, vénéré sous le soleil du Faso, ne mérite que la prison à en croire la justice de son pays. Pour s’être mouillé dit-on dans cette affaire sordide de matchs truqués du championnat belge. Et comme c’est désormais notre héros, le Burkina est embarrassé par cette situation. Faut-il lâcher le probable futur bagnard tout de suite vu l’imminence des échéances ? Faut-il espérer, attendre et espérer que l’appel du Belge livre son verdict ? Qui pourra remplacer Put ? Assurément, le président de la FBF, Sita Sangarė a chaud.

 

Le coach des Etalons, le Belge Paul Put a écopé de 2ans ferme dans l’affaire des matchs truqués du championnat belge il y a de cela 9 ans deux mois. Mais au delà de cette décision de justice qui doit être prise comme telle (de toute les façons le déroulement du procès laissait présager un tel verdit nous avions du reste tiré la sonnette d’alarme dans nos publications passées) c’est surtout l’injonction du tribunal de mettre aux arrêts le technicien belge qui est estomaquant. La justice a en effet ordonné la mise en arrestations du condamné, selon les médias belges. Put, ce n’est quand même pas un bandit de grand chemin dont la dangerosité est attestée.

Pourquoi cet empressement à le mettre au cachot ? Dans ce procès, le technicien belge a produit la verge avec laquelle il est en train d’être bastonné. Sa faute, ne s’être pas présenté à son procès. Ce n’est pas obligé. Mais n’étant pas disponible immédiatement devant la justice, le juge a sans doute pensé qu’il a le profil d’un fuyard. Mais Paul Put et son avocat ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. 

Ils comptent interjeter appel. C’est un droit constitutionnel que la justice elle même concède à toute personne ayant un contentieux avec les tribunaux. L’avantage est que le condamné en première instance se donne un temps de répit. Car tant que les différents recours ne sont pas épuisés, la sentence ne peut être exécutoire. En terme simple, Put veut gagner du temps, mais surtout semble mieux vouloir se battre pour sauver ce qui peut l’être. Toutefois, son mémoire en défense nous paraît un peu léger. Selon la presse belge l’avocat a affirmé que le coach des Etalons, a éprouvé de la peine à se défendre du fait de la barrière linguistique.

Lui le flamand manquait de mots pour se défendre devant un tribunal français. Si c’est tout l’argumentaire, nous ne pouvons qu’être circonspect. Car même en appel, nous ne pensons pas que le tribunal change de langue. En plus, il n’est jamais interdit de recourir ou d’exiger un interprète quand la défense estime que la langue entrave la bonne compréhension lors du procès. Ne pas recourir à cela et vouloir s’y abriter bien après pose un problème.

Mais loin de nous l’idée de vouloir juger Put avant sa deuxième convocation par le juge. En fait, l’annonce systématique de l’appel que le Belge entend faire nous a poussé aussi a vite aller en besogne. Car officiellement, il semble que la justice belge n’a pas encore notifié sa décision au belge employé par la Nation burkinabė. La procédure veut que l’employeur du Belge soit saisi de la décision de justice avant que le chapitre suivant ne soit ouvert. En clair, ce n’est pas encore très officiel. C’est par voie de presse que l’information nous a été donnée.

Pour autant, il ne faut pas adopter la politique de l’autruche. Prenons la situation avec le sérieux qu’il faut. Car quoi qu’il advienne, l’heure est grave. Il faut envisager un après Paul Put. Nous en convenons, les choses semblaient si bien marcher qu’il est difficile d’accepter que la fin peut se faire de cette façon. Mais après cette décision de justice, les chances sont infimes de poursuivre l’aventure Put - Etalons.

Il est vrai qu’en appel, on gagne le temps. Mais ce temps doit être mis a profit pour sauver le soldat Put. Il a besoin de se concentrer entièrement sur son procès. Autrement dit, Put ne disposera pas assez de temps pour nous en cas de plein engagement dans une bataille juridique à rebondissement. Donc même provisoirement libre, le belge ne peut plus trop servir surtout que les Etalons entament les matchs de qualification de la CAN en septembre prochain. C’est déjà arrivé pour qu’on tergiverse.

Maintenant si le Belge va en prison, malgré les progrès technologiques qui permettent le pilotage à distance (la télé médecine, la vidéo - conférence, la vidéo-assistance), le Burkina va franchir toutes les frontières en maintenant un entraîneur de foot à son poste bien qu’il soit pensionnaire d’une prison, européenne soit-elle. La nécessité de prévoir un après Paul Put s’impose malgré tout le bien qu’il a apporté au football burkinabė.

Pour ceux qui existent, il est encore temps de trouver un coach sur le marché et surtout trouver le bon tant il est vrai que le marché des entraîneurs foisonne de petits sorciers aux résultats connus d’avance : échec ! Pour ne pas arranger les choses, le Belge va laisser un héritage lourd à porter. Le rang de vice - champion d’Afrique, va permettre que l’ombre de Put planera toujours. On fera des comparaisons, on prendra toujours pour référence ce qui a pu se faire. Même les observateurs avertis du football nationaux ou internationaux savent tous que rééditer l’exploit de l’Afrique du Sud n’est pas évident.

 

Qui pour remplacer Put

Nous pensons que les échéances sont courtes. C’est déjà en novembre que les Etalons tenteront de prendre un ticket pour d’abord se voir inviter à la CAN du Maroc en 2015 avec pour obligation de faire mentir les sceptiques qui ont osé dire que la chevauchée des Etalons était un accident de parcours dont seuls les tocards ont le secret.

Le profil type du nouvel entraîneur doit être un habitué de la CAN. Pour nous, la FBF doit aussi resserrer la liste des candidats au poste en privilégiant le volet connaissances préalable des Etalons. En fait, il est clair que le nouveau coach n’aura pas un temps d’acclimatation. On voudra vite des résultats. Pour nous un choix s’impose. Il faut faire revenir Paulo Duarte.

Tous sont unanimes que c’est ce Monsieur, en dépit de ses méthodes qu’on disait cavalières qui a révolutionné le football national. Avec lui, le découpage du travail autour des Etalons a été une réalité. Très méthodique, il a créé des conditions de travail pour les Etalons qui ont porté des fruits. Il a fallu lui pour que les Etalons installent leur base dans le luxueux hôtel de Joly hôtel. Il a fallu lui pour que la gendarmerie mette un service de sécurité autour du onze national.

Il a fallu lui pour que les Etalons ne soient plus transporté dans un bus aux allures d’une épave remontée du Titanic. Mais pas que ça. Duarte est celui qui a lancé les Etalons cuvée actuelle vers le succès de la CAN. On me dira si telle est le cas pourquoi alors est-il parti ? En se séparant du technicien portugais, le Burkina ne lui reprochait pas d’avoir échoué sur le plan de travail.

Il est avec Ivan Voutov de l’ex Yougoslavie, l’un des grands bâtisseurs de notre football. Et comme si les dieux du foot voulaient favoriser de ce retour. Sur un marché des entraîneurs très agité en ce moment où on arrache les meilleurs à prix où les propositions ne manquent Duarte n’a pas encore fait de choix. Al Haly, le célèbre club égyptien lui a fait une belle proposition. On lui a donné un chèque blanc. Invité sur place pour voir la faisabilité, Duarte a fini par dire non.

La cause, Al Haly ne veut pas donner la carte du recrutement entre les mains du technicien. Mieux, le club malgré une saignée estime qu’il n’est pas temps de faire des recrutements. Face à cette situation, le Portugais a préféré laisser cette piste se refroidir toute seule. En ce moment, il est sur les petits papiers de nombre de clubs mais aussi des sélections nationales.

La Côte d Ivoire envisagerai de l’engager pour remplacer le très contesté Lamouchi Sabri (qu’on a rebaptisé là bas Sandwich Lamourgui). En France, deux clubs de Ligues1 ont approché le coach Duarte. Dans son propre pays, il est convoité. Autant dire que l’homme n’est pas ce sans emploi qui frappe à toutes les portes à la recherche du job. Rien ne prouve qu’il veuille revenir au Burkina.

Mais nous pensons qu’il est l’homme de notre situation. Lui seul peut venir se permettre d’échouer et se voir pardonner. La FBF joue gros dans cette affaire. Nous avons souvenance avoir déjà écris qu’il fallait un plan B. Notre cri du cœur est resté lettre morte. Aujourd’hui il ne faut pas continuer à se donner de faux espoirs. La situation est réellement compliquée. C’est une affaire de justice.

Parlant de plan B, il nous ait revenu qu’un timide contact aurait été établi avec Hervé Renard. Mais sans avoir donné plus de garanties, ce dernier aurait pris un autre engagement. En fait, les choses vont vite sur ce marché de coach. Les meilleurs sont vite pris. Après, il faut faire avec les derniers de la classe qui sont moins chers certes mais qui n’apportent que déception sur déception. Il est temps de réagir. Rien de sert de mégoter. Rien vraiment.

 

J J Traoré


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