L’appel à amplifier le NON au référendum

Publié le mardi 1er juillet 2014

A pas successifs, l’opposition est en train de roder sa stratégie de mobilisation contre le maintien de Blaise Compaoré en 2015.

Le meeting du 14 juin a infirmé la grande polarisation de la ville de Bobo, jadis considérée comme un bastion du CDP, réservoir électoral acquis à 100% à Blaise Compaoré. Le parti au pouvoir a désormais du souci à se faire car Bobo-Dioulasso ne veut plus être considérée comme une ville CDP. Salia Sanou, le bourgmestre de la ville qui refuse de l’admettre a décidé d’y répondre par des armes spéciales.

14 H, le téléphone sonne. Nous sommes le 14 juin. Au bout du fil, une voix annonce du beau spectacle en ville. Les stations d’essence sont prises d’assaut par des jeunes arborant des tee-shirts portant la mention Oui au referendum.

Ça tombe bien, c’est l’heure convenue pour faire mouvement vers le stade Lamizana, l’épicentre du grand rassemblement prévu cet après-midi par l’opposition. Sur l’axe que nous empruntons, nous apercevons des attroupements sur trois petites stations, puis à une station Total de l’avenue Félix Eboué. Des jeunes qui, à mobylette, qui, en tricycle, se reconnaissant à leurs maillots blancs et rouges prennent du carburant.

A l’autre bout de la ville sur la route conduisant au conseil supérieur de la communication, se dresse le plateau Yéguéré, là où convergent ces jeunes, à l’appel du maire. C’est également là où rendez-vous aurait été donné aux candidats au fonds destiné au secteur informel. Les 10 milliards que la propagande du pouvoir présente comme un cadeau du président aux jeunes du secteur informel.

Une rumeur savamment distillée a fait croire que le sort des dossiers devait être scellé ce jour là au plateau Yéguéré. Un truc apparemment foireux destiné à empêcher que les contingents de jeunes et de femmes concernés n’aillent grossir les rangs de l’opposition. Les ténors locaux du pouvoir avaient une obsession : empêcher coûte que coûte que le stade Lamizana ne se remplisse.

Ce pari là, ils l’ont gagné. Le stade n’a pas été rempli recto verso, comme le voulait le slogan du CFOP. Pour autant, difficile pour Salia et ses ouailles de pavoiser, pour peu qu’ils aient visionné les images de la foule qui y était présente. Rien à voir avec ce qu’ils ont pu réunir au stade Wobi malgré le renfort du front républicain. 

Mais pour l’opposition, l’enjeu était plutôt ailleurs. A Bobo, le CFOP y a désormais ses marques et le thème du changement en 2015 fait florès. Même les notabilités coutumières semblent avoir pris la mesure de cette aspiration au changement.

Avant le meeting, les leaders de l’opposition amenés par Zeph ont fait le tour des domiciles pour les salutations. A la mosquée de Dioulassoba, dans les familles Molé Sanou, Kassamba et enfin chez le chef de Canton de Farakan, c’est un accueil royal qui a été réservé aux leaders de l’opposition.

On retiendra de cette tournée cette formule symptomatique de la bouche d’un des notables  : « le mensonge peut marcher pendant 1000 ans mais la vérité le rattrape en une journée ». On avait fait courir le bruit que celui qui irait au meeting de l’opposition devait en assumer le risque. S’apprêtait-on à y semer la pagaille ?

En tout cas, les chefs des grandes familles bobolaises se sont porté garantes de la sécurité du meeting. Elles ont prié pour cela et prodigué des bénédictions aux responsables. De fait tout s’est en effet bien passé. Les bœufs immolés dont les têtes et le sang avaient été disséminés autour du stade n’ont rien pu faire. Le meeting s’est tenu dans l’ambiance et la ferveur sans le moindre incident.

Par Germain B. NAMA

 

 


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