What’s the next step ?

Publié le mardi 1er juillet 2014

Maintenant que le CDP, peu importe la manière, tient sa revanche, quel va être le coup d’après ? Aller directement au référendum nanti du carton « vert  » du 21 juin ou trouver le moyen de convoquer une négociation ?

La première perspective est impensable. Au-delà de la propagande, Blaise et ceux de son entourage qui sont encore lucides, savent qu’il n’y a pas d’issue dans la voie du référendum. Yonli, à qui le nouveau costume de chef de guerre sied assez mal, sait bien que si par le passé ils ont modifié jusqu’à trois fois, ils ont été aussi contraints jusqu’à trois fois de revenir et de rétablir la limitation des mandats présidentiels.

C’est possible donc qu’ils le fassent encore une quatrième fois. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ils seront encore contraints de revenir « une quatrième fois » pour rétablir la limitation des mandats présidentiels.

Dans l’option politique qui a été faite depuis le référendum de juin 1991, la limitation des mandats présidentiels c’est la règle. Cette option est celle qui cadre le mieux avec « le refus du pouvoir personnel  » proclamé dans la même constitution. La non limitation restera à chaque fois comme, une exception de courte, voire de très courte durée.

Ce ne sera jamais la règle. Ce débat sur oui ou non faut-il limiter le nombre de mandats présidentiels n’est pas nouveau. Mais à chaque fois c’est le principe de la limitation qui a prévalu. C’est un débat qui est aussi vieux que notre expérience démocratique en cours.

En 1991, les débats de la constituante avaient achoppé sur ce point constitutionnel. Les travaux de la constituante avaient été bloqués plusieurs semaines. Il a fallu que Blaise accepte l’inscription de la limitation des mandats pour que les travaux reprennent. En 1997, le même Blaise Compaoré a fait supprimer la limitation des mandats. Il a été contraint et forcé 3 ans après de revenir et de rétablir la limitation des mandats présidentiels.

Cette fois encore, il peut bien s’entêter. Il peut emprunter une autre voie, notamment le référendum. Peut-être parviendra-t-il, momentanément à ses fins. Mais ce sera sur une trop courte période avec des bénéfices bien maigres et amers.

Le président Blaise Compaoré sait qu’il n’y pas d’issue dans ce chemin. Que même ses suiveurs du « Front Républicains  » lui tiennent un langage sibyllin : « nous sommes pour le référendum. Mais nous allons appeler à voter Non ». En clair si Blaise annonce son référendum, le Front Républicain vole aussitôt en éclat. On ne voit pas comment ce Front pourrait lui être utile dans ces conditions.

On voit aussi toute la supercherie de la situation qui est bien illustrée par les images du meeting du 21 juin. Quand les politiques prennent la parole, les gens vident les lieux. Alors quand on a fait tant d’efforts et de sacrifices pour un tel résultat, il est difficile dans son for intérieur de penser qu’on est dans le vrai.

La deuxième perspective devient plus que jamais incontournable. Il faut convoquer une négociation. Si Blaise est en mesure d’exposer à Ouattara, de Côte d’Ivoire, pourquoi il a peur de partir, il peut tout aussi bien faire cet exercice de contrition avec ses frères.

Après tout, il ne préside pas Ouattara, mais les burkinabè. Mais il faut qu’il se décide. Depuis des années, nous n’avons de cesse d’écrire et de prévenir Blaise Compaoré que le temps pourrait venir à lui faire défaut, il n’est pas sûr qu’il le réalise. Pourtant il peut bien se trouver une sortie honorable.

Rawlings qu’il a reçu, en visite privée, à l’occasion du Festival Ciné Droit libre, lui a répété combien il avait trouvé « son opposition (l’opposition à Blaise ndlr) civilisée et ne demandant rien d’autre qu’à trouver une solution qui sauvegarde l’essentiel  ». Blaise lui a répondu que la chance du « Burkina c’est que le différend est principalement politique et non ethnique ». C’est peut-être vrai. Mais comment pense t-il utiliser ce facteur favorable à son avantage ? Ce n’est certainement pas en laissant la situation continuer à se dégrader.

Actuellement le pays est à l’arrêt, quoiqu’on dise. Pour l’illustrer, les américains viennent de classer le Burkina sur la liste « orange ». C’est la position qui précède le « rouge ». Il s’ensuit que le gouvernement américain dissuade ses ressortissants à venir au Burkina. Ceux qui viennent ont reçu la consigne de se « faire enregistrer ». C’est dire qu’on a intérêt à sortir de la zone de turbulence actuelle, avant qu’il ne soit trop tard.

Alors, plus que jamais la question est évidemment « what is the next step ? »

Newton Ahmed BARRY


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