Ce Burkina émergent qui ne sait pas faire d’autopsie !

Publié le mercredi 11 juin 2014

Le quinquennat de l’émergence s’achève dans moins de 16 mois. Le Burkina est déjà sur les cimes dans tous les domaines. Mais il ne sait toujours pas pratiquer une autopsie. Le Burkina depuis 27 ans avance au point que même les aveugles le voient. Mais il n’a toujours pas de kit pour pratiquer une simple autopsie. C’est extraordinaire comme on peut avancer à des vitesses stratosphériques au point d’être incapable de faire de simples choses.

Je ne sais pas vous, mais ce constat qu’on ne pouvait pas faire l’autopsie du juge Nébié m’a scié le moral. Puis reprenant mes esprits, je me suis rappelé qu’en 1999, à l’assassinat de Norbert Zongo, nous étions aussi incapables de faire une enquête balistique. Il avait fallu en son temps faire appel à un technicien Français. Ce dernier était venu faire son travail. Il avait dégagé des pistes et suggéré les armes qui ont été utilisées pour le meurtre du journaliste. Et les experts du gouvernement au vu des résultats, s’étaient souvenus qu’ils avaient des notions en cette matière et s’étaient employé à dépiécer le rapport de leur « homologue » français. Ils le firent tant et si bien que le juge Wens n’a pu rien faire. Ainsi donc, nous ne savons pas expertiser. Mais nous savons très bien « contre expertiser ». Comme disait notre ancêtre Joe oueder, nous sommes de bons lépreux. On sait gâter. On ne sait pas arranger.

Une décennie après, nous revoilà avec un autre cadavre encombrant sur les bras. Pendant cette longue décennie nous avons évolué partout, sauf là où c’est nécessaire. Nous nous sommes même équipé d’un camion « lance eau chaude » pour disperser les manifestants. Un engin dont-on dit que l’unité coûte la moitié du milliard. Pendant ce temps on ne peut pas faire une autopsie. C’est vrai, comme disait le commando du « Conseil » quand on dit « il faut le faire », « c’est pour gâter ». Donc nous on gâte. Il ne faut pas alors nous demander de nous préoccuper des raisons qui ont gâté. Ça c’est pour les blancs, ces gens qui passent tout le temps à se préoccuper d’arranger. C’est quand on arrange qu’on se préoccupe de comprendre et d’expliquer pourquoi c’est « gâté ».

Vous allez voir dans quelques jours nos experts vont sortir du bois, pour mettre en pièces le rapport du Dr Chochois. Parce qu’en ce moment il s’agira de gâter le travail de l’expert blanc, surtout si ces conclusions ne vont pas dans le sens souhaité.

Mais il y a quand même une excuse. Le quinquennat de l’émergence n’est pas encore terminé. Les résultats atteints en quatre ans ont permis de faire un peu plus de la moitié des objectifs fixés. Il reste quelques mois et le plus important n’est pas encore terminé. Alors comment on peut refuser au président Compaoré le temps supplémentaire pour faire des miracles. C’est sûr qu’avec un mandat illimité, il fera des merveilles. S’il n’a plus à se soucier du terme d’un mandat présidentiel, il aura l’esprit tout tourné au travail. Dans une petite décennie, même un éléphant mort devrait être autopsié sans recourir aux Français.

Alors il ne faut vraiment pas mégoter. Allons franco et faisons mieux que notre grand républicain Maxime. Il faut couronner l’empereur. La République coûte cher. Il faut essayer la monarchie. Mais pas du genre de celle de Juan Carlos en Espagne. Non ! Il nous faut mieux. C’est le roi Saoud qu’il nous faut. Ainsi dans quelques années, avec les minerais qui poussent partout et avant même le début du règne de sa majesté François 1er, en l’an de grâce 2100, nous n’aurions plus besoin de personne, parce qu’il n’en restera plus personne à autopsier.

Un pays qui avance a besoin de carburant. Le meilleur en la matière reste le sang. Tous les grands pays, les grandes nations se sont construit en pétrissant les briques de leur émergence avec le sang rouge des meilleurs d’entre eux. C’est un grand monsieur qui m’a fait la confidence de cette maxime, dans la famille mortuaire de Nébié : « On jette à la poubelle les valeurs sûres d’où l’on extirpe les ordures pour en faire des références ».

Par Newton Ahmed Barry


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