Cyriaque Membéré Sanon, éclaire les sentiers épineux de la démocratie

Publié le mercredi 11 juin 2014

A travers un recueil de six nouvelles écrites sur 85 pages, Cyriaque Membéré Sanon jette un regard sur les tribulations de la scène politique africaine au sortir de la colonisation. Les sentiers épineux de la démocratie, livre sorti chez l’harmattan Burkina en octobre 2013, il est disponible dans un style simple et aisé (à la Wangrin du vieux sage de Bandiagara) et rend hommage aux combattants de la liberté en Afrique, dans un contexte de recherche d’une démocratie véritable.

La thématique a certes été ressassée à maintes reprises, mais l’originalité de l’auteur c’est d’être dans l’air du temps en montrant avec réalisme les bégaiements de l’histoire. Alors la nouvelle prend l’allure d’une chronique d’histoire contemporaine. Morceaux choisis : « comme, l’écrivait si bien un journaliste bagonais : ‘’ En tout état de cause, ce qui est arrivé à Gobo de Koutouland doit interpeller tous ceux qui s’accrochent au pouvoir, quelles que soient les conditions particulières de chaque pays. C’est connu, le pouvoir saoule. Tous ceux qui se laissent guider par cette ivresse finissent par se réveiller dans une geôle, avec tout ce que cela comporte comme humiliations et perte de tout ce qu’ils ont bâti pendant une bonne partie de leur vie. L’histoire des peuples est ainsi faite. Les gouvernants qui acceptent les règles d’un jeu entrent dans l’histoire par la grande porte. A l’opposé, ceux qui croient que le pouvoir est acquis à vie, courent inéluctablement à leur propre perte. Les temps ont maintenant changé. L’époque des pères de la nation, des grands timoniers, des immortels est loin derrière nous. Elle est révolue ! A jamais !’’

L’auteur qui travaille dans une représentation diplomatique européenne à Ouagadougou, n’est pas à sa première œuvre littéraire. Ce Recueil n’est que la continuation De la dictature à la République, où il a entrepris depuis lors, la dénonciation des maux qui minent la Renaissance du continent noir. Corruption, gabegie népotisme, pratiques liberticides, bref la « démocrature » ambiante qui semble la chose la mieux partagée par les Etats africains est mise à l’index de façon crue et directe. C’est donc à juste titre qu’il conclu la dernière nouvelle en ces termes : « Comme l’avait dit le président de l’Union des Etats d’Amérique lors de son passage au Bagon, l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. » A bon entendeur…bonne lecture !

Ludovic O KIBORA


Commenter l'article (3)