Blaise s’aura-t-il choisir la grandeur ?

Publié le samedi 17 mai 2014

Les images de Yé, de Kouanda et de Paramanga à la maison du peuple, sous la surveillance de François Compaoré, assis, silencieux prenant continuellement des notes, me tournent en boucle dans la tête. Est-il possible que les trois cités plus haut, en viennent à cette « petitesse » ? En privé pourtant ces trois là n’y croient absolument pas à ce qu’ils ont débité ce jour là. Ils n’y croient pas parce qu’ils savent, ils sont trop intelligents pour cela, que la voie qu’ils conseillent à Blaise ne conduira qu’à la perdition.

Tout le monde s’inquiète aujourd’hui, les évêques du Burkina, pour une fois dans l’histoire de notre pays, appellent à prier pour la paix, à la place de la nation. C’est-à-dire publiquement hors des enceintes des églises. C’est dire que l’heure est plus que grave. Et pourquoi ces prélats s’inquiètent-ils ? C’est pas parce que Roch et compagnie ont quitté le CDP et ont l’intention de briguer Kosyam ? Ce n’est pas non plus parce que François Compaoré ambitionnerait d’être président. Pas plus parce que Zéphirin et Gilbert veulent s’accorder, pour briguer ensemble la présidentielle en 2015. Non, mille fois non ! Ce qui inquiète toute la terre entière, ce sont les intentions de plus en plus affirmées de Blaise Compaoré de ne pas respecter la constitution. Donc son refus de ne pas se soumettre à la loi. Le danger est à ce niveau et seulement à ce niveau.

Que ces messieurs par une reconnaissance infinie décident de rester loyaux à Blaise jusqu’à la fin, (parce qu’il y aura forcément une fin), on peut comprendre. Que de leur piédestal, ils se mettent à aboyer avec les loups est véritablement consternant par contre. Comme dirait l’autre, quand on a de tels amis, on n’a plus besoin d’ennemis. Quel ami honnête de Blaise (S’il lui en reste encore ? ), peut-il lui conseiller la voie dans laquelle on est en train de le pousser ? 

Une fois de plus, il faut répéter que la grandeur n’emprunte pas les chemins qui sont conseillés actuellement à Blaise Compaoré. Il devrait, comme il est croyant remercier infiniment Dieu, d’avoir eu un tel parcours à la tête du pays, alors que rien, absolument rien ne le lui prédestinait. Il ne peut pas oublier ses débuts. Il ne peut pas non plus nier que du point de vue des atouts, il n’était pas le plus outillé des quatre héros de la révolution du 4 août. Alors après un bilan, comme le sien, on ne devrait plus chercher à s’accrocher à un privilège dont on a épuisé tous les délices, mais viser ce qui est grand et immatériel , la Postérité. Yé, Paramanga, Assimi lui conseillent de continuer à barboter dans les délices de la petitesse. Or ce qui lui reste, ce sont les cimes de la Postérité.

Les ambitions humaines quand elles franchissent le Rubicond de l’humilité deviennent des vanités. Même si chacun de nous sacrifiait ce qui lui reste à vivre pour le donner à Blaise Compaoré, il ne fera pas émerger le Burkina. C’est une simple loi de la nature. En réalité au rythme des progrès que nous réalisons actuellement, ce n’est pas un quinquennat qu’il nous faudra pour faire avancer le Burkina, au stade où toutes les 360 communes du pays seraient reliées entre elles par de simples voies bitumées, mais des dizaines de quinquennats. A cette échelle là, ça devient une affaire de plusieurs générations. On voit donc la vanité de la prétention de ceux qui aujourd’hui ont réussi à convaincre Blaise Compaoré qu’il est le rédempteur que le Burkina attendait depuis sa création.

Il reste et on doit croire jusqu’à la dernière minute que le bon sens reviendra revisiter Blaise Compaoré. Que les foules qu’il rencontre à Tenkodogo, Réo qui le rendent si félice ne lui demandent pas de violer la loi. Elles l’applaudissent parce qu’il est actuellement président. Demain elles applaudiront son successeur, comme elles ont applaudi ses prédécesseurs. C’est un monarque romain qui s’était rendu tout bêtement compte que « la foule applaudissait toujours celui qui était au balcon ».

Il faut vraiment souhaiter, contrairement à ces vrais ennemis qui se sont réunis à la Maison du peuple, qu’il ne modifie pas « Pian ! » l’article 37. Mais qu’il se soumette à cette disposition de la loi suprême, comme il l’a dit dans son serment et qu’il entre dans l’histoire par la grande porte. Ceux avant lui qui ont révisé « Pian ! », encouragés par des gens semblables aux Yé, Kouanda et Yonli, ont été défénestrés de l’histoire pour toujours. 

Par Newton Ahmed BARRY


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