Etalons cadets : Menaces dans l’air

Publié le lundi 12 mai 2014

En juillet prochain, Les Etalons cadets iront à la recherche d’un ticket pour la CAN de leur catégorie. Autant dire que l’équipe du Burkina est en chantier. Enfin, ça devait l’être. Car les sélections de petites catégories ont cette particularité d’être un éternel recommencement. Chez les cadets, chaque équipe est différente de l’autre. Les joueurs éligibles changeant de catégorie. Le duo de coach des Etalons cadets, Moctar Barro et Alain Nana doivent donc monter leur équipe de toute pièce. Cela passe par une détection, une phase complexe. En effet, la tribune de rêve pour l’exercice de détection n’existe pas. Pas de championnat de petites catégories.

Du coup, il faut aller dénicher les perles rares partout, dans les centres de formations, dans les clubs, dans les écoles et mêmes dans les rues. Une fois cette étape franchie, il faut donner de la compétition aux enfants qui découvrent souvent le haut niveau à l’occasion. Deux problèmes majeurs apparaissent. D’abord le programme nécessite une longue période de préparation. Or la préparation induit des charges, il faut regrouper les enfants, les héberger, les restaurer, leur assurer un suivi médical. Le problème est que les dirigeants du foot n’entendent pas honorer une telle facture. La mise en place de la cuvée Etalons cadets 2014 rencontre ce problème.

En petite catégorie, il faut travailler sur la durée lors des phases préparatoires pour espérer sortir un bon produit (Ph, Dr)

Il est quasiment impossible au staff de faire ses regroupements sporadiques afin de pallier l’absence de compétitions. « Il n y a pas d’argent » dit-on. Et pour diminuer les charges, l’encadrement a tenté les regroupements dans deux villes, Bobo et Ouaga. Là encore impossible de trouver les moyens. Dans ce cas, de quelle équipe des Etalons cadets espère-t-on disposer ? En fait, on sait que le ministère des sports assure la prise en charge financière des sélections nationales. Et pour ce faire, un budget doit être élaboré pour un déblocage de fonds au Trésor national. Il se trouve que le budget ainsi élaboré ne prend en compte qu’une semaine de préparation et le match.

On comprend pourquoi le programme sur la longue durée utile pour avoir une équipe compétitive est impossible à exécuter. Où trouver l’argent pour ? Il y a lieu de revoir la formule car le tout n’est pas d’avoir une équipe. Il faut qu’elle soit compétitive. Si le Burkina n’a pas de moyens pour mieux préparer son équipe mieux vaut s’abstenir de jouer les compétitions. Car dans la forme actuelle, nous jetons de l’argent par la fenêtre, en nourrissant nos chiens le jour de la chasse, ils auront un gros ventre mais ils ne pourront pas courir. Le deuxième problème est relatif à la sélection des joueurs elle-même. Le foot est devenu un joli job qui fait rêver les parents. Voir déjà son enfant évoluer au sein d’une équipe nationale est un rêve pour nombre de parents.

Ceux-ci n’hésitent pas à prendre des initiatives pour aider leurs rejetons à endosser la tunique nationale. Ainsi, selon des témoignages, des parents proposent de l’argent pour voir leurs enfants accepter en sélection. Du coup, on a envie de jeter tous les pêchés d’Israël sur ce staff technique vendeur de places ! Nous avons tenté de comprendre. En fait, les parents ne donnent pas les sommes d’argents aux membres du staff. Il n y a même pas de dialogue entre eux. En fait, le staff technique des Etalons cadets, dans le cadre de la détection invite des équipes d’enfants à livrer des matchs. A cette occasion, certains responsables de ces équipes alertent les parents leur demandant de l’argent contre une sélection certaine des enfants. Et c’est au nom du staff technique.

Des parents sans aucune forme de vérification tombent dans le panneau. Les affaires ont commencé à coincer quand certains parents payeurs ont vu leur rejeton renvoyé. Cette affaire si elle ne grandi pas notre foot appelle trois constats. La sélection ne se vend pas. Et chaque parent d’enfant devait le comprendre et se garder de nourrir des intermédiaires véreux. Il apparait nécessaire de blanchir le staff technique. Pourquoi ne retiendrait-il pas les enfants si tant il est qu’il à encaissé et sais de ce fait qu’il sera dénoncé par un parent mécontent ? Enfin, nous pensons que le rôle des intermédiaires doit être réduit à sa plus simple expression. Pour ce faire, la détection doit se faire sans donner préalablement de précisons sur la date, ni le jour de l’opération afin d’éviter les tentatives de monnayage des places. En tout état de cause, le foot à la base est sacré. C’est l’avenir du roi foot qui est en danger.

J J Traoré 


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