EFO : Silence, on divise !

Publié le lundi 12 mai 2014

L’Etoile filante de Ouagadougou a pali. Il y a bien longtemps que la Reine des Stades ne fait plus peur à personne. Entre flirter avec la relégation et boucler une saison dans le ventre mou du championnat, les supporters stélistes n’ont plus de raison d’être fiers. Pourquoi l’EFO a du mal à relever la tête ?

Il faut aller aux archives nationales pour voir les traces de l’Etoile filante de Ouagadougou conquérante, royale et impériale tel que voulu par ses géniteurs, El Hadj Kouanda rappelé à Dieu. C’était à la fin de la saison sportive 2000-2001quand l’actuel ministre de l’Energie, des carrières et des mines, Salif Lamoussa Kaboré présidait aux destinées du club. 14 ans après l’EFO n’est plus parvenue à décrocher le titre de champion national. Et dire que c’est l’Etoile de notre football ! Car le club Bleu blanc a incarné longtemps avec l’ASFA-Y le rôle de locomotive de notre sport-roi. La concurrence entre les deux était le baromètre du foot au Faso. Mais l’EFO n’a plus de répondants. Voilà maintenant plus de 6 ans l’EFO n’a plus battu, sa rivale de tous les temps, l’ASFA-Y. Le meilleur résultat des stellistes dans les derbies reste le match nul. C’est symptomatique ! L’EFO va mal. A qui la faute ? Difficile et inutile question. La meilleure question est d’où vient la faute ? 

Car une sagesse du pays Gourounsi dit que quand sait d’où on vient, on sait où on va. Pour espérer retrouver sa route (Si tel est le souhait de tous ce qui n’est pas sûr) le naufragé EFO doit savoir d’où est partie sa chute. Le diagnostic a révélé un germe à forte dose nommé la division. Et une maladie opportuniste s’y est greffée, l’incompétence de la classe dirigeante.

L’EFO n’est plus ce qu’elle était. La division a fini de mettre à mal l’union, gage de succès du club (Ph, Dr)


Parlant de la division, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas l’apanage de l’Etoile uniquement. La division fait partie du quotidien des organisations sportives. Il y a, en interne des courants, des clans des groupuscules qui s’agitent, s’affrontent. Mais les meilleurs clubs sont ceux qui parviennent à taire ses divergences ou simplement à contenir leurs effets. Les lignes de divisions à l’EFO ont pris de l’ampleur faisant sentir dès lors leur effet néfaste à la fin du mandat du président Salif L kaboré. Avant de partir, l’actuel ministre voulait placer son homme. Mais en face, une force opposition s’est fait sentir. Les anciens joueurs du club, avec en leur tête Moïse Traoré Nignan ont estimé que l’heure était venue pour que ceux qui ont mouillé le maillot sur le terrain pour le club passent l’autre côté prendre le costume de président, trésorier, secrétaire général… Ambition légitime.

Sauf que leur prise de pouvoir à fait sauter le peu de cohésion qui existait encore au sein du club. En effet, l’arrivée à la tête du club des anciens joueurs a été sentie comme une révolution qui a fait fuir certaines personnes ressources. Pis, ces personnes ressources qui étaient les bras financiers du club ont fermé le robinet afin de faire comprendre à ces jeunes impénitents qu’une chose est de prendre le pouvoir, une autre est de le gérer. Le président élu Moïse Traoré Nignan et sa bande d’anciens coéquipiers vont échouer. Ce qui a donné raison aux notabilités du club qui voulaient ainsi voir les choses. Mais en cédant la place, le groupe des anciens joueurs n’a pas manqué, pour certains et leurs supporters de transformer en tireur de flanc. Evidemment, ils ne chômeront pas pour voir leurs successeurs connaître aussi le même sort qu’eux. Depuis, chaque génération de dirigeants qui arrive est perçue par l’équipe en place comme celle qui est à l’origine de ses malheurs.

La politique du « ôte-toi pour que je m’y installe » est devenue la marque de fabrique de l’EFO. Aucun dirigeant ne peut espérer capitaliser les expériences de son prédécesseur pour avancer. Les Bleu et blanc avaient réuni les conditions pour construire en deux ans la meilleure formation sportive. En effet, en 2012, la prime de formation de 105 millions de F CFA versée au club suite au transfert à Lyon de Bakari Koné devait permettre à l’Etoile de prendre son envol. Mais au lieu de renforcer à petites doses son effectif, « le nouveau riche » vide tout le monde et refait son équipe. Jusqu’aujourd’hui la mayonnaise ne prend pas. Faute de résultats, les divisions vont s’accentuer. Partout, la famille Bleu et blanc est lézardée. Les supporters ne parlent pas le même langage. Les dirigeants sont dos-à-dos. Le déplacement de l’équipe à Ouahigouya soldé par une défaite (0-1) a failli tourner à l’affrontement entre supporters des deux camps.

En effet, l’EFO a un bureau de supporters légitimement élu en assemblée générale qui a porté à sa tête Tasséré Ouédraogo. Mais ce dernier n’est pas sur les mêmes longueurs d’ondes que le président de la section football, Moustapha Dégtoumda qui veut sa tête. Alors que son mandat est en cours d’exécution, un autre bureau est né placé sous la direction de Théophile Ouédraogo. Evidemment les relations entre les deux groupes virent au conflit. Le deuxième groupe ayant un appui de certains dirigeants, transporte ses militants pour 1000 F CFA à Ouahigouya. Par contre le groupe de Tasséré Ouédraogo lui a exigé 1 500 F CFA à ses partisans pour embarquer. La facilité du groupe de Théophile Ouédraogo a énervé les autres. L’aile dure conduite par le groupe « Afrique du sud de Guillaume Soro » voulait, de retour du voyage régler leur compte aux supporters « enfants gâtés » du club. Il a fallu l’intervention de personne ressources pour remettre les choses en place, confirmant le président légal et légitime. Mais pour combien de temps ?

On sait que les deux hommes qui s’affrontent chez les supporters de l’EFO lorgnent le fauteuil de président de l’Union nationale de supporters des Etalons. Par ailleurs comment peut-on pacifier les supporters si entre les dirigeants le torchon brûle ? En effet, un dysfonctionnement réel met à mal la relation entre le Conseil d’administration conduit par Lazard Bancé et le Comité exécutif de Zongo. Le dernier qui attendait les moyens du premier comme le disent les textes est déçu de ne rien recevoir mais surtout de se sentir isolé. Tout se déciderait et s’exécute au niveau du Conseil d’administration. On comprend l’esprit de désunion en vogue au sein du club. L’Etoile a rassemblé ses fils à faire la paix d’avec elle-même. C’est là où le club a chuté, c’est par là que le fil doit être renoué. 

J J Traoré


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