MPP, Kosyam même par la rue

Publié le lundi 12 mai 2014

Le MPP a tenu sa promesse et le congrès, on peut le dire a été un succès. Le message était clair : prendre le pouvoir en 2015. Selon son premier vice président, Salif Diallo rien ne peut empêcher de prendre le pouvoir même par la rue. Le congrès a également été le lieu où le nom de Norbert Zongo a été prononcé pour la première fois le liant à la décision de la limitation du nombre des mandats présidentiels.

Le message était clair lors de ce 1er congrès : occuper le palais de Kosyam. Et Salif Diallo en a tracé l’itinéraire. « Le 1er jour nous étions au CBC à Goughin. Hier (5 avril : ndlr) et ce matin (du 6 avril), nous étions à la maison du peuple. Cet après midi, nous sommes au Stade municipal. A la fin de cette année nous serons vers Laïco (Hôtel à Ouaga 2000 : ndlr). En décembre 2015 nous serons à Kosyam » Pour Salif Diallo, rien ne peut arrêter le MPP dans sa marche actuelle vers le pouvoir. « Les fraudes, les magouilles ne passeront pas » fait-il savoir avant de marteler : « parce que si on donne des résultats frauduleux, nous prendrons le pouvoir par d’autres voies c’est-à-dire la rue. » Aujourd’hui, Salif « invite la jeunesse à se tenir sur le pied de guerre », tout en prévenant que « l’accalmie d’aujourd’hui, prépare demain des orages, si les gens continuent leurs attitudes anti-démocratiques et anti-peuple » D’ores et déjà le MPP annonce ce qui pourrait être considéré comme une « chasse aux sorcières », quand Salif Diallo, premier vice-président chargé de l’orientation politique annonce que « tout le monde était à notre congrès, sauf ceux qui sont contre le peuple. Et ceux-là vont payer leur forfaiture quand le MPP sera au pouvoir »

"Si en 2015 on donne des résultats frauduleux, nous allons prendre le pouvoir par tous les moyens, même par la rue" dixit alif Diallo (Ph, evénement)

Que ceux qui aujourd’hui refusent l’accès des infrastructures publiques au MPP se préparent à payer leur indélicatesse, même si ceux qui ont cru faire du mal au MPP lui aurait plutôt fait du bien, à en croire Salif Diallo : « on nous a refusé une salle de 5000 places (le palais omnisport à Ouaga 2000 : ndlr). Mais nous voilà dans un stade de 25 000 places » Et Roch de renchérir : « (…) malheureusement…, les biens de l’Etat ne sont pas considérés comme appartenant à tous, comme ce devrait être le cas dans toute république. » C’est aussi cela la condition d’opposant. Roch semble en être conscient quand il fait savoir qu’ « il ne faut pas s’attendre à ce que nos adversaires nous déroulent le tapis rouge »

Par Basidu Kinda et Basile W Sam (stagiaire)

 

MPP et affaire Norbert Zongo.

C’est la première fois que le nom du journaliste Norbert Zongo est évoqué au niveau du MPP. On ne sait si c’est une coïncidence. Juste le 2 avril 2014 la cour africaine de justice s’est prononcé sur l’affaire Norbert Zongo, mettant à nu la mauvaise foi de la justice et l’Etat burkinabè à faire jaillir la lumière sur cet assassinat du 13 décembre 1998.

L’article 37 et l’assassinat de Norbert Zongo ont un point commun : la limitation du nombre de mandat présidentiel. Le MPP, on connait sa position, est contre la révision de cet article. Roch remonte alors le temps pour le petit rappel : « Dois-je rappeler que la disposition actuelle de l’article 37, garante de l’alternance nécessaire, salutaire et inévitable voulue par le constituant est le fruit du consensus qui a permis de sortir de la crise consécutive à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. » Le MPP se fait donc le souci d’éviter que le tissu social mis à mal par l’usure du pouvoir et plusieurs affaires non encore élucidées ne s’étiole dangereusement et peut-être aussi durablement. Des affaires non encore élucidées y figurent certainement en bonne place : l’assassinat de Norbert Zongo, de Dabo Boukary, d’Oumarou Clément Ouédraogo…que le MPP va devoir élucider dès son arrivée probable au pouvoir en 2015.

 

De la tête de rat à la queue de mamouth

Ils étaient là ! Occupant une place de premier plan. Les responsables de certains partis politiques ayant préféré la queue de mamouth à la tête de rat. Moussa Boly du CNPB. Habillé en Faso Dan fani coiffé d’un bonnet de même étoffe. Il a le nez plongé dans un journal : « Le Mouvement » Il s’agit bien du journal du MPP. Le deuxième parti à avoir son propre journal après le CDP. Djezouma Sanou, lui, aussi dans la même posture que Boly : le nez plongé dans le journal Le Mouvement. A la différence, lui avait porté une chemise aux insignes du MPP, manière de dire qu’il a « adhéré sans réserve » (ainsi invite-t-on les gens à adhérer au MPP sans réserve). Au stade municipal, on pouvait le voir également en boubou chantant l’hymne du parti. Emile Pargui Paré qui a aussi fusionné son parti au MPP n’a pas manqué le rendez-vous du 1er congrès. D’ailleurs pour quelle raison devait-il s’absenter ? Aucune ! Ce congrès qui a travaillé pour sortir un nouveau bureau politique a placé Pargui Paré titulaire au poste de secrétaire à la formation politique et civique. Moussa Boly également est titulaire au poste de secrétaire à la solidarité et aux affaires sociales. Djezouma Sanou est le second de Raymond Edouard Ouédraogo (REO) comme secrétaire adjoint chargé des questions environnementales. Au total, ils sont huit (8) à la date du congrès à faire leur fusion au MPP. Cela est sans compter l’adhésion de fractions d’autres partis politiques comme c’est le cas de Fidèle Kientega, ex- secrétaire national adjoint aux relations extérieures de l’UNIR/PS et aujourd’hui secrétaire adjoint chargé des questions et stratégies électorales du MPP. Roch dira à ce propos : « il me plait également de signaler l’adhésion au MPP de fractions de divers partis venus renforcer nos rangs. » Le président du MPP ne veut surtout pas que cela soit vu d’un mauvais œil. Ces vagues de démissions sont « la conséquence naturelle et directe de la nouvelle dynamique créée par son parti. » D’où cette mise en garde : « il ne faut pas y voir des manœuvres orchestrées pour déstabiliser des partis politiques qui sont alliés au MPP dans l’opposition » Selon toute vraisemblance, il y a des contacts en cours et dont certains sont bien avancés. Dans cette lancée, les discussions vont continuer avec d’autres partis ou formations politiques dans le sens de parvenir à des alliances « fortes et productives indispensables » pour une alternance en 2015.

 

Nouvelle configuration du bureau exécutif national

De 36 au départ il est aujourd’hui de 59. Le bureau exécutif s’est donc élargi. Il fallait bien prendre en compte les nouveaux arrivants. Les fondateurs du MPP ont prouvé que l’organisation politique n’avait pas de secret pour eux.

Une place importante est accordée à l’information et à la communication. Auparavant deux titulaires, sous la conduite de Raymond Edouard Ouédraogo avaient en charge la communication. Au sortir du congrès ils sont désormais trois avec un changement de titulaire, REO remplacé par Souleymane Sawadogo. Le secrétariat à l’organisation se taille la part du lion. De deux postes au départ on compte dans le nouveau bureau quatre (4) postes avec des spécificités. Salif Tiemtoré, nouvel arrivant, occupe le poste central à savoir le secrétariat à l’organisation. Alassane Sakandé, est le premier adjoint chargé du suivi des structures géographiques. Boniface Zango et Dieudonné Bonanet sont chargés respectivement du suivi des structures spécifiques, et du suivi des structures à l’étranger.

Les postes de secrétariat chargés de l’éducation, de l’emploi et de la formation professionnelle occupés auparavant par Lassané Sawadogo et Blaise Kyelem ont été scindés. On retrouve désormais à part les postes de secrétaires à l’emploi occupés par Alassane Sawadogo et Benoît Ouattara et les postes de secrétaires chargés à l’éducation et à la formation professionnelle détenus par Filiga Michel Sawadogo et Valérie Douamba/ Ouédraogo. Il s’agit là de nouveaux venus dans le bureau actuel car ne figurant pas dans l’ancien. Dans le nouveau bureau, le monde rural est désormais pris en compte avec la création des postes de secrétaires chargés du monde rural occupés par Fimba Julien Lompo et François Traoré.(l’ancien de l’UNPB) La question de l’énergie et des Tics est aussi prise en compte et incombe à Eric Ouattara et Bienvenu Bationo. De nouveaux venus également dans le bureau actuel. Dans la même logique Emmanuel Kouela et Salamata Ouédraogo font leur entrée dans le bureau avec à leur charge deux nouveaux postes à savoir les secrétariats chargés des questions culturelles et sportives. Siméon Sawadogo, secrétaire général à l’organisation dans l’ancien bureau et Sabné Koanda anciennement trésorier adjoint ont en charge désormais les secrétariats chargés des adhésions et des gestions des cadres. Ce sont là également de nouveaux postes créés. La recherche scientifique, la réforme de l’Etat, les questions Environnementales sont aussi de nouveaux postes qui ont été créés. Leatare Basile Guissou, anciennement secrétaire chargé du contrôle et de la conciliation, a désormais en charge le secrétariat de la recherche scientifique. Il est secondé par Laya Sawadogo son adjoint dans l’ancien bureau. Leur ancien poste change un tout petit peu dans la nouvelle configuration. La médiation prend la place de conciliation. C’est désormais le secrétariat chargé du contrôle et de la médiation placé sous la responsabilité de Blaise Kyelem, anciennement secrétaire adjoint chargé de l’éducation, de l’emploi et de la formation professionnelle. Il est assisté dans sa tâche par Job Bassané, nouvel arrivant. Les questions Environnementales incombent à l’ancien secrétaire à l’information et à la communication, Raymond Edouard Ouédraogo. Il est secondé par l’ancien président de l’UDP/S Djezouma Sanou. Ce dernier ayant fusionné son parti dans le MPP.

Larba Yarga quitte les affaires juridiques et les droits humains pour le poste de secrétaire chargé de la réforme de l’Etat. En arrière plan de ce poste se trouve Mathias Somé, ancien secrétaire adjoint chargé de la santé et des questions de populations. Ce poste revient ainsi à Georges Guiela nouvel arrivant et second de Bindi Ouoba resté inamovible. Tout comme lui Seydou Zagré maintient son poste de secrétaire chargé des questions et stratégies électorales. Son second est l’ancien compagnon de Me Sankara notamment Fidèle Kientega.

Une ouverture sur le monde extérieur est désormais chose faite avec les nouveaux postes de secrétaires chargés de la question de l’intégration africaine. Ils sont placés sous la responsabilité de Souleymane Zibaré qui n’est autre que l’ancien secrétaire adjoint à la solidarité et aux affaires sociales. Il est secondé dans le nouveau poste par Sié Roger Hien ancien secrétaire chargé des élus locaux et de la décentralisation. Le poste de secrétaire à la solidarité et aux affaires sociales échoit désormais à Moussa Boly, l’ancien président de la CNPB qui a fusionné aussi avec le MPP. Au second plan de ce poste, se trouve Korotimi Koté/ Abou nouvellement admise dans le bureau politique.

Emile Pargui Paré ancien président du MPS ayant fusionné avec le MPP remplace Mathieu Ouédraogo au poste d’adjoint au niveau de la formation politique et civique. C’est dire que Paré devient le titulaire du secrétariat à la formation politique et civique dans la nouvelle configuration. Pascal T. Benon anciennement secrétaire général adjoint occupe désormais la 2e place de secrétaire adjoint aux affaires juridiques et aux droits humains chargé du contentieux électoral. La 1re place d’adjoint à ce poste chargé des droits humains revient à Mamou Tiendrébéogo nouvellement admise. Le poste titulaire revient à Sambo Antoine Komy auparavant adjoint à ce poste dans l’ancien bureau. Abdoul Kader Cissé conserve aussi son poste qui a connu une petite modification. Le volet ressources nationales devient ressources naturelles. La dénomination complète du poste est donc secrétaire chargé des ressources naturelles et du développement. Stéphane Sanou, nouvel arrivant, en est l’adjoint.


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