MPP dans l’Ouest : L’Appel à la résistance citoyenne

Publié le mardi 18 mars 2014

Le trio ‘’Madjessi’’ s’est lancé à la conquête de l’Ouest Burkina. Le mois de mars a démarré sur les chapeaux de roue sous la houlette du MPP, le nouveau parti créé par les célèbres dissidents du CDP, véritables ogres politiques, pressés de montrer de quoi ils sont capables. Successivement, ils ont planté le décor à Bobo, Banfora et au retour à Boromo. Le défi partout était le même, celui de la mobilisation. Et elle fut massive. Partout le même message essentiel : la résistance du peuple contre la patrimonialisation de l’Etat et du pouvoir !

Bobo-Dioulasso, citadelle imprenable ? C’est l’idée que les caciques du CDP au premier rang desquels, le maire Salia Sanou avait voulu fourguer dans les esprits. Dans une sortie fort hasardeuse, il avait semblé ironiser sur la question de l’article 37en pariant sur l’omnipotence du CDP qui avait la capacité de faire triompher n’importe quel candidat de son parti : Si ce n’est Blaise, ce sera François ou Djamila par la seule volonté du CDP disait-il. En attendant que les urnes imposent leur verdict le moment venu, l’imprudent maire de Bobo a dû se poser des questions au regard de l’extraordinaire mobilisation réalisée par le MPP le samedi 1er mars sur l’avenue de l’Indépendance dans la cité dont il est le maire.

Il devra dès maintenant préparer son mémoire en défense devant le tout puissant François Compaoré que des courtisans de tout acabit inondent de rapports flagorneurs. C’est un véritable pied de nez que les militants et sympathisants MPP du Houet ont fait à leur édile qui avait auparavant écumé les arrondissements de sa commune pour prôner l’union sacrée autour des ambitions messianiques de Blaise Compaoré. A Bobo on ignore la trahison, tel était le mot d’ordre manifestement destiné à flatter le patriotisme, le sens de l’honneur et de la parole donnée des habitants de Sya. La mobilisation exceptionnelle de ce 1er mai a sonné comme un déni de cette exhortation du maire. 

Rock Marc Christian Kaboré au meeting de Banfora (Ph.DR)

Les habitants de Sya ont montré qu’ils tenaient plus aux valeurs qu’à leurs symboles. Si Blaise a pu faire illusion un temps, aujourd’hui, il s’est totalement démasqué en reniant le serment qu’il a fait de respecter la Constitution. C’est la plus grande des trahisons que celle de vouloir instrumentaliser la loi fondamentale non pas dans l’intérêt général, mais pour le compte personnel d’un individu. Salia et ses affidés peuvent-ils comprendre que c’est cela qui est à la base de la mobilisation réussie du MPP et plus généralement du mouvement social qui monte en puissance depuis mai 2013 !

Les RSS surfent sur du velours

 En décrétant que le départ des dissidents du CDP est un non événement, Assimi Koanda et ce qui lui reste de camarades (il faudrait qu’il regarde bien autour de lui) croyaient pouvoir conjurer la déconfiture du parti au pouvoir. Cette arrogance a eu plutôt un effet boomerang. A Bobo, nombreux sont les jeunes qui ne jurent que par le MPP qui, à leurs yeux, présente les garanties d’une alternance rapide.

Roch, Salif et Simon qui l’ont bien compris ont adopté un ton de circonstance pour galvaniser cette jeunesse en mal de changement. C’est une fin de non recevoir qui a été opposée au « lenga » de Blaise. Si alternance il doit y avoir martèle Salif Diallo elle doit commencer maintenant. Après 2015 c’est le changement radical. Propos qui ont fait exulter des milliers de jeunes qui ont applaudi à tout rompre. Et pour montrer qu’ils ne sont pas là pour amuser la galerie, Salif enfonce le clou : « Même s’il faut passer sur nos corps, nous nous battrons jusqu’au bout ». 

Et Roch à l’adresse des provocateurs du CDP et de la FEDAP/BC de surfer sur le même tempo : « Je voudrais leur dire de penser à demain, car demain n’est pas loin. Si demain, nous devons faire comme eux, certains vont franchir les frontières. » Mais tout n’est pas dans l’incantation. Le MPP entend surtout redresser les torts. L’économie de Bobo a été mise en coupe réglée par deux opérateurs avec la bénédiction du clan présidentiel. La paix sociale dira Salif Diallo passe par la lutte contre la mal-gouvernance et pour donner dans l’air du temps et surtout pour ratisser large, Salif n’hésite pas à épingler au tableau de bord du MPP, un impératif du moment tel que la satisfaction des plates-formes revendicatives des syndicats et des étudiants.

De la tournée de l’Ouest, on aura surtout retenu l’appel à la résistance lancé à l’endroit des filles et fils de Bobo. Faisant appel à la figure historique de la grande héroïne Guimbi Ouattara, qui a su par le courage et la ruse mettre Bobo à l’abri des envahisseurs extérieurs, les orateurs du jour voulaient sans doute appeler les bobolais à plus de détermination dans cette partie de bras de fer qui s’engage, où l’ennemi dispose d’armes redoutables. Il faudra donc beaucoup de courage, de l’abnégation et sans doute aussi de l’intelligence pour mener victorieusement ce combat. Le seul ressentiment contre le CDP et le pouvoir qu’il incarne ne suffira pas. Il faudra davantage de détermination pour vaincre et surtout pour construire une véritable alternance capable de répondre aux défis qui se posent à la ville de Bobo et au pays tout entier.

Prochain round à Ouahigouya

Après l’Ouest, la direction du MPP s’apprête à aller à l’assaut du Nord le samedi 15 mars prochain. L’événement est attendu, en raison de la personnalité de Salif Diallo dont on dit que c’est le fief. Les observateurs ont remarqué qu’au meeting de Bobo des dissidents de l’ADF/RDA avaient manifesté une forte présence. Une importante communauté de yadsé est en effet établie depuis longtemps à Bobo et fournit un contingent important de militants à l’ADF/RDA. Sommes-nous en train d’assister à une migration de ces militants vers le MPP ? Si cela ne fait aucun doute, on ignore cependant qu’elle en est l’importance. 

Pour sûr, Salif Diallo est en train de revenir en force dans son fief de Ouahigouya. Le CDP risque de s’en trouver considérablement dégarni. Au lendemain des démissions, la section provinciale de Ouahigouya accusait le plus grand nombre de défections avec le ralliement de bureaux entiers, voire de sous-sections entières. Que reste t-il autour du tandem Badini-Barry ? On en saura un peu plus à l’occasion du 1er congrès dont la tenue est annoncée pour les 29 et 30 mars à Ouagadougou.

Par Germain B. NAMA



Des ralliements de partis entiers au 1er congrès du MPP

Le 1er congrès du MPP est attendu comme un des événements majeurs de ce début d’année. Après l’AG constitutive et la tournée triomphale à l’Ouest et sans doute celle tout aussi triomphale qui se profile au Nord, les stratèges du nouveau parti entendent faire de cette première assise d’envergure nationale un test de popularité mais aussi de maturité. 7 partis sont annoncés pour une fusion dans le MPP. Parmi les plus connus, il ya le CNBP de Moussa Boly, le PDC de Saran et le RDS du Dima de Boussouma, le PDP/PS. Le chat noir du Nanyala y est également attendu. Sont également attendues des fractions de l’ADF, de l’UPR, de l’UNIR/PS, de l’AND… C’est un véritable Mammouth qui sortira de ce congrès. Le pouvoir ne s’y est d’ailleurs pas trompé en refusant à Roch Marc Christian Kaboré, le mythique palais des sports, là où Blaise Compaoré a prêté serment en 2010.

C’est également en ces lieux que s’est tenu le 5ème congrès qui a procédé à la mise à l’écart des principaux responsables historiques du CDP dont Roch, Salif et Simon. La tenue du congrès en ces lieux apparaissait donc comme un défi lancé aux tenants actuels du pouvoir, une sorte de revanche sur l’histoire. Il y a comme une défiance réciproque entre ces deux partis, l’un usant du pouvoir que lui confère l’appareil d’Etat, l’autre surfant sur le courant populaire qui le porte. 2014 nous promet décidément des pugilats entre ces deux mastodontes politiques, si l’on en juge par l’obsession des uns et des autres à vouloir occuper le terrain.

Il faut craindre cependant que la vie politique ne soit monopolisée par les querelles de ce couple de divorcés. Les démissions que l’on enregistre ça et là dont le MPP semble en être le bénéficiaire font planer le spectre d’une répétition de l’histoire où la vie politique nationale a été longtemps dominée par le CDP qui a cru que tout lui était permis. On ne peut cependant en vouloir au MPP d’engranger des succès. Il lui appartient cependant de faire preuve de lucidité pour éviter de faire le lit de l’opportunisme qui a gangrené le CDP. Toutefois, comme chat échaudé craint l’eau froide, il faut croire que les responsables du MPP sauront tirer leçon de leur histoire récente

GBN


Palais des sports OUAGA-2000 : manifestations politiques interdites, jusqu’à nouvel ordre

C’est la toute nouvelle directive qui est parvenue à l’office de gestion du palais des sports sis à Ouaga 2000. Le document précise que c’est pour permettre au ministère en charge de l’infrastructure de mieux assurer les missions à lui confiées. C’est donc l’épilogue de cette saga, depuis la demande de réservation formulée par le MPP dans la perspective de la tenue de son 1er congrès. 

C’est en effet le 11 février que Roch Marc Christian Kaboré a adressé la demande de location du Palais. En réponse à la requête, le directeur de l’office de gestion du palais adressait le 12 février ce qui suit au requérant : « j’ai l’honneur de vous informer que j’accède à votre requête pour la location du palais, en vue de l’organisation de cette manifestation. A cette fin, il serait indiqué que le comité d’organisation puisse se mettre en contact avec nous afin d’affiner certains aspects organisationnels pour un franc succès de la manifestation.

Je voudrais par ailleurs et comme suite à votre demande vous rappeler que la condition majeure d’occupation du Palais est le paiement préalable des frais de location qui s’élèvent à Un million (1 000 000) francs CFA par jour ». Le 24 février, par lettre N° 0017MSL/SG/OG.PSO-2000/DG, le directeur général dudit office informe le président du MPP que : « Le Ministère des Sports et des Loisirs (assurant la tutelle technique du Palais des sports ouaga-2000) m’a informé le 23/02/2014 que le Palais doit abriter à cette date une manifestation organisée par le département.

La présente a pour objet de vous donner l’information. » Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le président du MPP propose par lettre datée du 25 février, le report de la manifestation pour le week-end du 5 au 6 avril 2014. Jusqu’à ce jour, ce courrier reste sans réponse. Dans le but de s’enquérir de la suite réservée à sa requête le président du MPP dépêche un émissaire auprès du Directeur général de l’office de gestion. C’est alors que ce dernier lui montre la note ministérielle suspendant les locations jusqu’à nouvel ordre.

Ceux qui veulent comprendre comprendront que le MPP est indésirable en ces lieux. On ne peut cependant s’empêcher de faire remarquer que cette décision partisane et sectaire porte la signature du Colonel Yacouba Ouédraogo ci-devant ministre des Sports, un homme qui a cru devoir s’investir dans des activités civiques à travers son association « Burkina nouveau ». Les masques sont tombés et les burkinabè découvrent et c’est tant mieux, ce qui se cache derrière cette organisation. Cela s’appelle de la décantation !

GBN


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