Campagne électorale à l’arrondissement 4 : Anatole a donné une « existence » à l’ODT

Publié le samedi 1er mars 2014

Dans cette campagne l’ODT peut se flatter d’avoir déniché le bon cheval. Avec Anatole, l’ODT signifie désormais quelque chose dans l’arrondissement 4 de Ouaga. 

Il fallait entendre au meeting du 19 février la foule, nombreuse, scander « ODT ! ODT !  » pour comprendre que le parti avait fait vraiment une bonne affaire. L’ambiance était particulièrement festive. Artistes chanteurs, danseurs, comédiens se relayaient sur le podium. L’animation était tellement électrique que l’assemblée, enivrée répondait par des cris de joie. Les plus fébriles quittaient leurs sièges et fendaient la foule en direction du podium pour y esquisser des pas de danse. Certains exprimaient leur exaltation par des jets d’importants billets de banque sur les artistes. 

Anatole a mobilisé les populations de l’arrondissement 4 à sa cause (Ph, Evénement)


En attendant qu’Anatole vienne prononcer son discours, l’assemblée chantait, dansait des heures durant sans montrer de signes d’essoufflement. Soudain, son arrivée est annoncée. La foule est en liesse. La foule l’accueille avec des applaudissements nourris accompagnés de propos laudatifs. On voit Anatole, accompagné de son épouse prendre un bain de foule. Remarquons que des chefs coutumiers coiffés de leurs bonnets rouges étaient de l’assemblée signe que Anatole est parti du CDP avec sa part de chefs coutumiers.

Place aux discours.

 C’est le représentant des personnes du troisième âge qui ouvre le bal. « Nous voulons que notre fils Anatole sache qu’il a le soutien indéfectible de ses parents. Fils, lève ta tête car tout le monde est derrière toi », assure le vieux. Il continue pour dire que « ceux qui ont vendu les terres de l’arrondissement ne sont pas ici. Et nous ne les voulons pas encore à la tête de notre arrondissement ». Ensuite, vient le représentant des jeunes.

Il signale que pendant ces campagnes « on a vu des groupuscules organiser leur meeting et n’ont trouvé mieux que de se livrer à des injures. Nous n’allons pas répliquer. Nous devons pardonner. Mais nous voulons assurer à notre candidat qu’il a notre soutien ». Mme Sakandé Zalissa viendra parler au nom des femmes. Elle commence par saluer le monde pour la forte mobilisation. Mais elle alerte le public« le plus important c’est de tenir son engagement en allant voter pour l’ODT le dimanche 23 ».

Elle est très ovationnée. Zalissa va s’adresser aux détracteurs d’Anatole : « On soutient Bonkoungou ; on a entendu certains dire qu’il va droit dans l’abîme et que nous allons y tomber dedans avec lui. Nous disons à ces personnes que même si Anatole entre dans un trou nous le suivrons dans ce trou  ». « Zakaria a fait 15 ans ici, poursuit-elle, il n’est jamais venu faire campagne avec nous. Quand il a vu notre mobilisation derrière Anatole, il s’est vu obligé de venir avec François battre campagne. Et on distribue des 10 000f ou 2 000f. Mais nous ne les voulons pas. On a vu la voie de la lumière. Nous allons voter Anatole afin que notre arrondissement puisse respirer. On est sorti sans avoir reçu même 1000f ».

Anatole Issa Bonkoungou viendra boucler la boucle. Il va tout de suite focaliser son discours sur « la gestion calamiteuse du foncier dans l’arrondissement  ». C’est un problème urgent à régler. Et il prévient que « ceux qui estiment être impliqués dans cette affaire qu’ils s’apprêtent à répondre ». Pour lui « l’arrondissement 4 est un arrondissement de personnes intègres ». Et il compte sur le soutien de ces « intègres » pour booster le développement de la localité. Dans son discours, Anatole affirme que son combat pour tirer au clair la « gestion calamiteuse du foncier » peut lui coûter sa vie ; mais il dit être convaincu qu’un « intègre meurt et un autre naît ». L’ex maire n’a pas manqué de fustiger les achats de cartes de vote par certaines personnes qui ont d’ailleurs été mises aux arrêts par la gendarmerie.

Le procès des acheteurs des cartes de vote

L’audience était prévue ce jeudi 20 février au Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou. Sawadogo Issa Alias Sibiri et ZabréSoumaïla étaient les prévenus. Ils étaient présents au palais. Sur les deux témoins, un seul a répondu présent. L’avocat de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) qui s’est constitué partie civile était absent. Les titulaires des cartes étaient absents alors que le tribunal a souhaité leur présence pour les entendre, l’enquête préliminaire de la gendarmerie n’ayant pas recueilli leur avis. Ainsi donc, ce sont ces cas d’absence qui ont amené le tribunal à renvoyer le procès au 27 février. Le tribunal a par ailleurs demandé au représentant de la CENI qui assure le service informatique de tout mettre en œuvre pour joindre les titulaires des cartes pour qu’ils puissent comparaître à l’audience prochaine.

Hamidou Traoré


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