BCB/ MEGAMONDE, le triomphe du culot !

Publié le samedi 1er mars 2014

Extraordinaire n’est-ce pas ? Qu’un usager gagne sur une banque, c’est peu ordinaire. Ce qui l’est toujours c’est que c’est la banque qui finissait toujours par gagner. Mais voilà une jurisprudence. Pour l’instant du moins, l’affaire étant toujours en cours et les voies de recours n’étant pas toutes épuisées. Faut-il s’en réjouir ? C’est là où commencent les problèmes. En attendant de s’outiller pour mieux revenir sur le sujet, voilà en quelques mots de quoi il s’agit.

L’affaire dite MEGAMONDE/BCB commence en 2008. MEGAMONDE cliente de la BCB n’arrive plus à honorer ses obligations vis-à-vis des banques à qui elle doit. Toutes les autres banques décident d’arrêter avec MEGAMONDE, sauf la BCB. Pourquoi ? Parce que MEGAMONDE lui devait tellement d’argent qu’elle avait intérêt à ce qu’elle ne proclame pas faillite qui aurait immanquablement entrainé la sienne aussi. C’est connu, quand vous devez trop à quelqu’un, c’est lui qui devient votre obligé. La BCB n’a pas le choix, elle doit veiller à ce que MEGAMONDE ne meurt pas.

Un mécanisme est donc trouvé pour que MEGAMONDE continue d’importer les Motos qui sont le fond de commerce de la société. Désormais la banque procède, en accord avec MEGAMONDE, au paiement directement des motos importés. Quand elles arrivent à Ouaga, elles sont stockées dans un magasin dont les clés sont doublement détenues par la banque et la société. Pour enlever une moto, la société vient verser le prix dans le compte BCB. Une fois l’argent encaissé, la banque accompagne MEGAMONDE au magasin où elle prélève la moto correspondante, suivant indications mentionnées sur un bordereau.

Sauf que les choses n’ont pas bien fonctionné, MEGAMONDE n’aurait pas joué franc jeu totalement. Quand elle verse l’argent d’une moto, elle s’arrange pour en sortir deux du magasin, en usant de corruption sur les agents de la banque. Cette première tentative d’arrangement foire donc. La BCB fait arrêter l’opération et ferme le magasin. Le directeur général de MEGAMONDE passe outre. Il fait casser les portes du magasin et se sert en motos. Les deux partenaires entrent alors en crise grave.

Quelques temps après, en juillet 2009, MEGAMONDE relance BCB avec une proposition de sortie de crise. La banque, devant l’énormité de la dette n’a d’autre choix que d’accepter. La solution proposée par MEGAMONDE introduit le procédé du « tierce détention ». La BCB paie les commandes qui arrivent dans un magasin détenu par une tierce personne. Pour sortir les motos, MEGAMONDE doit montrer à cette personne la preuve du paiement. Ce procédé est concluant. La confiance revient entre les deux partenaires.

En 2010, par une procédure express, MEGAMONDE réussi à extorquer 4 crédits documentaires, sans que le préalable de la tierce détention ait été résolu. Une fois les crédits mis en place et les motos achetées MEGAMONDE se rétracte et refuse de signer la convention de tierce détention. Ces motos commandées par cette procédure sont vendues et la banque n’en verra pas la couleur. La BCB décide alors de rompre avec MEGAMONDE et réclamer son dû. Le montant de la créance est astronomique, 7 milliards 171 millions environ de francs cfa.

A ce montant il faut ajouter 1 milliard 37 millions, en crédit documentaire que la banque espérait recouvrer avec la vente d’une commande de motos qui devait arriver. Cette commande arrive effectivement. BCB la fait saisir et stocker sous la garde de Sarto et de la gendarmerie. Mais une fois encore, MEGAMONDE réussira à sortir frauduleusement les motos, à les vendre sans rien verser à la banque.

Alors s’engage une invraisemblable affaire entre MEGAMONDE et BCB. Dans cette affaire les miasmes nauséabonds de la corruption et du trafic d’influence en tout genre permettent à MEGAMONDE d’aligner des succès judiciaires. A l’opposée aucune procédure, n’a encore prospéré contre MEGAMONDE et son DG BASMA. Les faux en douanes établis pour sortir frauduleusement les motos qui ont été dénoncés n’ont jamais été instruits. On voit donc, la victoire de BASMA contre BCB ne peut pas réjouir le contribuable. Personne en dehors de lui ne peut espérer que la république se mette ainsi à genou, pour couvrir ce qui n’est pas loin de ressembler à des actes de grand délinquance. Qui peut avoir un tel culot s’il n’a la nuque bien gardée ? 

Par Newton Ahamed BARRY

 


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