Clement, le coach du MPP

Publié le lundi 17 février 2014

Clément c’est Simon en plus "soft". Mais avec tout de même des épines aussi acérées. Ce que Simon crie, lui le dit avec autant d’impertinence. Avec Clément au poste de secrétaire général, comme métronome donc, le MPP affiche une différence de nature avec le CDP. La prime au politique qui sait aussi enfiler le costume du "rabiiga", les plus accommodants diront du "bibega" quand c’est nécessaire. Quand on a dit ça, il est aussi honnête d’ajouter que la signature de Clément Sawadogo au bas de la lettre des démissionnaires, à surpris plus d’un observateur. Pour beaucoup, c’était tout le monde sauf Clément, puisque lui c’est la famille. Alors quand certains ont lu sa signature au bas de la lettre de démission, les bras leur en sont tombés. Mais c’est méconnaître cet homme qui carbure aux convictions et aux principes. Un militant qui a le sens de la politique. C’est sous Clément Sawadogo, comme ministre de l’Administration Territoriale que la FEDAP/BC avait eu des problèmes pour obtenir son récépissé. Elle avait été sommée de clarifier son statut pour éviter les incompatibilités. Parce qu’elle se déclarait apolitique et indiquait que son objet c’était de soutenir un homme politique, en l’occurrence le président Blaise Compaoré. Les responsables de la FEDAP/BC sont, comme on peut l’imaginer, tombés de haut. Quand on a un parrain de la trempe de Blaise Compaoré on a rien à justifier. Tout vous ait dû, naturellement. Il semble que c’est cette impertinence qui lui a coûté son poste de ministre à Clément Sawadogo.

Maintenant comme cheville ouvrière du MPP, il jure de ne pas reproduire les tares qui ont sclérosé leur ancien parti, malgré le raz de marée d’adhésion dont il doit faire face. Un engouement qui l’a surpris, mais pas déstabilisé : " nous avons l’habitude de gérer les grandes foules". Et il ajoute, un peu "vache" ce sont " les petites foules que nous ne savons pas gérer". Il faut souhaiter, tout de même au MPP de savoir se sevrer du "tuuk Guili" qui a fait tant de mal à notre jeune processus démocratique. 

 

Evé : Votre AG constitutive du 25 janvier dernier a pris des allures d’un congrès. On a noté un engouement peu ordinaire pour ce genre d’événement. Comment se porte le jeune parti ?

Clément Sawadogo : Je puis vous dire que depuis la tenue de l’AG le 25 janvier dernier, vous avez constaté la fièvre qui s’est emparée du public ouagalais. Maintenant que le parti est né, je peux vous dire que cet engouement s’est poursuivi, jusqu’à ce jour. Les sympathisants continuent d’affluer de tous les côtés du pays, ce n’est pas seulement à Ouagadougou. Au début on pouvait dire qu’il y avait des provinces de prédilection, comme Ouagadougou et Ouahigouya, mais à nos jours, c’est au plan national que les adhésions fortes se font remarquer. Cela se traduit de plusieurs manières. Il y a la vague des démissions au CDP qui se poursuit. Certains responsables du CDP avaient affirmé gaillardement que chez eux il n’y avait pas de démissions. Je crois qu’aujourd’hui ils ne peuvent plus dire la même chose. C’est même là où les gens ont dit ça qu’il y a plus de démissions. On notera par exemple le cas de Bobo où il y a eu une longue liste de démissionnaires, membre du Bureau politique, et pas des moindres. On notera aussi le cas de Yako.

Comment vous expliquez ça ?

Il y a un fort ressentiment des militants du CDP qui n’étaient plus en phase avec la façon dont le parti est dirigé. C’est une des raisons de cette désaffection en notre faveur. Effectivement, il faut dire que depuis le 5ème congrès de 2012, le parti était menacé dans son âme. La plupart des militants avaient le sentiment qu’on était en train de vendre le parti à la fedap/bc. Donc ceux qui se sont battus depuis la création du CDP, disons même depuis l’ODP/MT, comprenaient de moins en moins pourquoi une association créée récemment devait venir leur ravir la substance. Deuxième motif, c’est les motivations profondes de l’avènement du MPP qui se positionne aujourd’hui comme un parti d’alternative et d’alternance. Or, il faut le dire, les burkinabè dans leur très grande majorité souhaitent l’alternance. Je pense qu’on n’a pas besoin d’être un charlatan pour le constater. Je crois que pour beaucoup de gens le MPP, son leadership, offre les gages de cette alternance crédible. En quelque sorte, l’espérance a été galvanisée et les gens viennent j’allais dire les yeux fermés

Sont-ce les mêmes raisons qui font que des militants d’autres formations politiques vous rejoignent ?

 Ceux qui quittent d’autres partis, c.-à-d. les partis de la majorité présidentielle et les partis de l’opposition traditionnelle, je pense que c’est peut-être les mêmes raisons, pas les questions de ressentiment, mais la volonté de changement et d’alternance, parce que vous savez, dans les processus politiques il faut savoir être rationnel et agir utile. Je veux bien suivre les idéaux de mon parti, mais si mon parti n’est pas en position d’offrir l’alternance il faut aller là où il peut avoir des résultats plus probants, plus efficaces. C’est peut-être pour cette raison que beaucoup accourent vers nous.

Est-ce que l’ampleur des adhésions ne vous dépasse pas, comment allez-vous absorber, organiser tous ces flux ?

Oui ! Votre question est légitime. Nous même on se pose la question, mais on a la réponse parce que nous sommes habitués à gérer un grand parti. C’est vrai que quand un novice se retrouve face à un aussi grand monde à gérer, c’est pas facile. Mais le président Roch qui est le président de notre parti a dirigé le CDP pendant plus d’une décennie. Et donc il n’ya pas ce scénario, ce cas de figure qu’il n’a pas connu et géré, en particulier à l’approche des consultations électorales, avec un très fort engouement des candidats. Mais nous avons géré tout ça. Pour nous, il n’y a pas de difficulté à gérer ce monde. Nous savons quelles sont les balises que nous devons poser pour que l’adhésion massive ne porte pas atteinte à la substance du parti. C’est-à-dire l’idéologie, la vision politique qu’il faut forcément protéger, parce qu’un parti c’est d’abord ça. C’est une question de vision et de volonté d’agir pour atteindre les objectifs stratégiques. Donc, il faut que tous ces sympathisants qui nous viennent puissent être organisés, canalisés et formés s’il le faut, dans le sens de la vision du MPP qui a été décliné dans son manifeste qui repose pour l’essentiel sur la social-démocratie. Nous n’avons aucune crainte pour cela, on est habitué à gérer les grands groupes. A contrario, nous ne savons pas gérer un petit groupe. Depuis la création du CDP, nous en avions été à la base, nous avons toujours géré un grand parti, donc nous en avons l’habitude.

Les Balises dont vous parlez, quelles sont-elles ? Comment comptez-vous structurer le parti ?

Nous avons adopté en assemblée générale, les statuts et le règlement intérieur du parti. Nous en avons donné les axes essentiels d’ailleurs à la clôture de l’Assemblée générale ; mais ce travail doit être poursuivi et finalisé au congrès. Concrètement, il s’agit de mettre sur pied, les comités de base au niveau des secteurs des villes et des villages dans les communes rurales. Donc ce travail devra être fait rapidement et c’est le premier échelon. Le deuxième échelon, c’est le niveau communal ou dans les grandes villes à statut particulier comme Ouaga et Bobo, au niveau des arrondissements, nous mettrons les coordinations d’arrondissement qu’on appelle sous-section. Au niveau provincial, on mettra les sections et les fédérations au niveau régional. En fait, c’est un processus qui va se faire surtout à la base et qui se démarquera du CDP où tous les bureaux sont composés par le Secrétariat exécutif national lui-même. Ce procédé est contraire aux textes du parti. Nous l’avons relevé, mais rien n’y fit, les gens ont préféré nous répondre par des injures. De fait, le congrès qui sera issu de ces structures ne peut être qu’un congrès illégitime. Si le SEN place toutes les structures de base et convoque un congrès, ce sera un congrès béni oui-oui. Parce qu’il n’y aura pas de débat. Ce sera un congrès pour applaudir et chahuter. Nous avons critiqué cette façon de faire, mais rien n’y fit. Mais nous avons compris pourquoi ils ont fait ça. Puisqu’il s’agissait de vider tous les éléments indésirables pour mettre en phase ce qui restait du CDP avec la FEDAP/BC

Et vous vous allez faire comment ? 

A partir du congrès, nous allons finaliser les statuts et le règlement intérieur, commencer à mettre en place les structures de base et je puis vous assurer que cela se fera dans la plus grande harmonie en associant les militants de base. Ça ne va pas être un processus bureaucratique où nous nous enfermons pour composer des bureaux et dire aux gens : voilà le bureau, applaudissez. Non, nous n’allons pas faire ça.

Les directives qui vont venir pour la mise en place des structures, par qui seront-elles portées ?

C’est le bureau politique national. Le bureau politique national provisoire est composé des démissionnaires qui étaient membres du CDP. Mais à partir du congrès, il y aura le véritable bureau politique national dont je ne connais pas par avance le nombre. Mais je me dis quand même que ce sera entre 300 et 400, ou même 500 membres. Et ces personnes-là vont être la charpente, et la cheville ouvrière pour travailler à exécuter les directives qui vont être prises. Ils ne vont pas imposer de bureau mais ils seront les acteurs de terrain, ceux-là qui vont organiser le processus de mise en place des structures.

Sur quelle base l’AG constitutive du parti vous a désigné au poste de secrétaire général ? Est-ce en raison de votre maitrise du terrain pour avoir été ministre de l’administration territoriale ?

(Rires) Non, je ne crois pas que ce soit la motivation essentielle. Je penche plutôt pour le fait que depuis la création du CDP jusqu’au dernier congrès en 2012, j’ai toujours été Secrétaire à l’organisation (pendant 4 mandats). J’ai beau être cancre, j’ai quand même une formation sur la gestion des questions d’un parti. Cette expérience que j’ai reçue a peut-être contribué à ce qu’on pense que je peux assurer convenablement cette fonction de secrétaire général Mais je dois aussi ajouter que sur le terrain à proprement parler de l’organisation des structures, il y a un secrétariat à l’organisation. Le secrétariat général et le secrétariat à l’organisation travailleront de concert avec la présidence du parti pour que toutes les directives issues du congrès puissent être appliquées de la façon la plus appropriée.

2015 c’est bientôt, à quand la mise en place des structures ? C’est vrai que vous parlez du prochain congrès comme l’instance qui va donner les directives à appliquer, mais est-ce qu’il y a des prémisses ?

Oui, oui, il y a des prémisses. Actuellement nous procédons à la mise en place de nos points focaux, c’est-à-dire des personnes désignées rapidement comme ça, presqu’au pif pour travailler à la sensibilisation et au recrutement des militants etc. Ce sont des tâches urgentes que ces points focaux vont être amenés à conduire. Ce ne sont pas des bureaux, et nous insistons là dessus parce que vous savez, il y a une mentalité qui a été cultivée pendant très longtemps au CDP, à chaque fois qu’on parle de bureau, la guéguerre commence. C’est une lutte de positionnement qu’on déclenche. Mais nous dissuadons tout le monde car nous n’ouvrons pas déjà le bal pour le positionnement. Aujourd’hui, tout sympathisant du MPP a le droit de constituer des noyaux, de profiter de tous les regroupements existants dans la société pour recruter des militants. On n’a pas besoin de se référer à quelqu’un qui est le président ou coordonnateur ou membre de Bureau. Le point focal c’est celui qui converge les informations et qui travaille à ce que sur le terrain ça avance. La mise en place des structures elles-mêmes interviendra dès la fin du congrès. On ne va pas perdre du temps, vous l’avez dit, 2015 est déjà là. Or 2015 déjà doit nous entendre. On va aller vite, se donner un délai vraiment court pour mettre en place toutes les structures. Déjà il y a des provinces où même jusqu’aux villages il y a des points focaux. Cela va nous faciliter la tâche, parce qu’il sera plus facile de convoquer les AG.

Qui désigne ces points focaux-là ?

Non ce sont des points focaux qui s’établissent sur le terrain comme ça spontanément. Et quand nous on se rend compte qu’il y a mettons 5 personnes qui travaillent à recruter, on les regroupe et on dit vous formez le point focal du secteur par exemple. Et parmi eux, on désigne quelqu’un sur un critère soit de dynamisme soit par l’expérience et on lui dit vous vous êtes le point focal, vous allez travailler à fédérer toutes les initiatives, mais attention vous n’êtes pas un bureau. Il faut que ce soit clair.

Il est fait état dans les journaux d’une stratégie d’assèchement et de pression sur les membres du nouveau parti. Qu’en est-il exactement  ?

Ah oui, c’est vraiment une question de l’heure. La plus haute direction du CDP a entrepris de mettre en place une stratégie d’intimidation, de pression, d’assèchement comme cela a été dit. Déjà il faut savoir que si vous êtes opérateur économique au Burkina et que les barons du CDP pensent qu’un jour vous pouvez être favorable au MPP parce que vous avez d’anciennes relations personnelles avec l’un ou l’autre des leaders, on vous tient déjà à l’œil. Il y a des endroits même où on vous convoque et on vous menace. Ça c’est inédit ! Je ne comprends pas comment dans une démocratie on puisse procéder ainsi. Tout se passe comme si l’Etat Burkinabè, les richesses du pays n’appartiennent qu’à une famille politique. Ça c’est vraiment dans une république bananière qu’on voit des trucs comme ça.

Ce n’est pas une situation nouvelle, puisque la pratique existait quand vous étiez à la tête du CDP. Ne peut-on pas imaginer que ces choses là se passent dans d’autres cercles ?

Ce que vous dites est peut-être vrai, mais je puis vous dire au sein du CDP, pas un seul jour, je n’ai souvenance que nous ayons travaillé vis-à-vis du monde économique à trier les gens favorables au parti et les gens défavorables avec une stratégie mise en place à l’encontre de ceux qui sont défavorables. Moi je n’ai pas souvenance d’un seul débat même un seul jour où cela nous a tenté. Maintenant, il y a la question des préférences, c’est-à-dire que les ministres sont enclins à travailler avec des opérateurs économiques qui sont favorables au CDP, je comprends bien que cela soit vrai de tout temps. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est que le simple soupçon conduit les responsables du CDP à vous menacer ouvertement. Je n’avais jamais connu ça. Deuxièmement, il s’agit même de s’attaquer aux anciens responsables du CDP, ceux dont on pense qu’ils ont des biens que l’on peut compromettre. C’est le cas du Larlé Naaba qui est en train de payer par tous les bouts. Vraiment je dis ça aussi, on ne peut pas comprendre ça dans la démocratie. Est-ce que tout cela ne participe pas de la patrimonialisation, de la cristallisation d’un pouvoir autour d’un clan ? C’est un peu cela ! Comme une manière de dire : « tout ce qui est richesse dans ce pays nous revient  ». Un autre aspect des choses, c’est l’achat des consciences par l’argent massif. 

Mais le CDP auquel vous appartenez le faisait aussi avec vous…

Vous savez, moi je puis vous dire, l’argent qui traversait le parti au temps où nous nous étions là n’est pas si faramineux qu’on le pensait. Mais si vous considérez tout le système politique favorable au CDP, c’est-à-dire avec le système Etat, les opérateurs économiques qui ont eu des faveurs et qui se disent redevables et qui soutiennent le parti, ça devient beaucoup, je suis entièrement d’accord. Mais aujourd’hui, on envoie directement des émissaires chez les chefs coutumiers avec de grosses sommes d’argent, plusieurs millions et ça je dis, on ne l’avait jamais constaté avant. Nous quand nous partions saluer un chef coutumier, nous le faisions avec une enveloppe de 50 000fcfa, quelque fois même moins ou tout au plus 100 000f.quand c’est un très grand chef coutumier. Mais là ce sont de véritables cantines d’argent que les gens transportent qu’ils baladent dans leurs véhicules et ils descendent chez un chef ou même chez une personne ressource du quartier c’est 1, 2,3 millions ou même plus. Ça pose plusieurs problèmes : 1- la provenance de cet argent, 2- l’usage massif d’argent comme mode d’action politique pour corrompre visiblement les citoyens et cela nous amène à nous dire que c’est parce qu’il y a ce flot d’argent qu’ils se disent que s’il y a un referendum ils vont le gagner. Ça pose de graves questions sur l’avenir d’une démocratie. Que l’argent ait un rôle dans les élections, c’est indéniable. Mais il y a des limites tolérables qui quand on les franchit on tombe dans un système « mobutiste »

Est-ce que le MPP a une stratégie contre ça, dans la mesure où c’est illicite ?

 Nous opposons à cette propagation massive de billets de banque, la mobilisation populaire. La ferme décision du peuple qui veut le changement. Partout ailleurs ça été comme ça. Quand on se réfère au Sénégal il y a quelques années ça été comme ça. Dans les coulisses, on entend dire que Me Wade a injecté 40 milliards de francs CFA mais cela n’a pas empêché que l’alternance se fasse. Tout dépend de la mobilisation consciente du peuple à laquelle nous travaillons. Pas seulement une mobilisation spontanée et spontanéiste mais une mobilisation de plus en plus consciente, une mobilisation en profondeur, verticalement et horizontalement, et nous sommes conscients qu’il n’y aura aucune arme contre cette mobilisation, parce qu’on a beau étaler des feuilles comme on le dit, le bas peuple-là n’en aura pas au point qu’il puisse sacrifier sa volonté de changement à des billets de 1000f, 2000 ou 3000f. Et même si c’était plus que ça, la majorité des burkinabè qui est convaincue que c’est de l’argent qui peut servir que tout au plus 1-2 mois. Cet argent-là ne peut pas compenser la quête d’un avenir radieux et serein pour vous-même et pour vos enfants. C’est ça la question de fond aujourd’hui. Même quand nous étions au CDP, je disais que l’opposition se trompait en pensant que c’est parce que le CDP achetait les voies. Le simple achat des voies, quoique à notre époque les ressources n’étaient pas si importantes que ça, (mais on avait plus de moyens que les autres partis, ça il faut le reconnaître,) ne suffisait pas. C’est le programme politique et les acteurs politiques qui inspiraient confiance. Si cette confiance-là n’existe plus, le rôle unique de l’argent ne peut pas conduire à une victoire. Il faut que ces gens-là déchantent, cet argent ne viendra jamais à bout de la volonté de ce peuple à un changement.

Parlons maintenant de votre stratégie d’approche des forces sociales entendez par là Syndicats, société civile etc. Est-ce que vous y pensez ? Comment vous comptez les associer à votre combat ?

Vous avez parfaitement raison d’en faire une question essentielle. De nos jours, les processus politiques ne peuvent pas se dérouler en marge de l’action de la société civile. Même quand vous dirigez les classes dirigeantes des pays, il faut savoir que la société civile est une force citoyenne qui vient s’inscrire même dans la force politique comme une force politique également. Donc le MPP ne peut pas prospérer en négligeant cette approche, cette vision des choses qui veut qu’il se rapproche des organisations de la société civile, notamment syndicats, associations de défense des droits de l’homme et des citoyens, associations de défense de situations économiques. Il y a quantité d’associations que nous connaissons qui sont dynamiques et qui travaillent sur les questions de logement de la santé de l’alimentation etc. Donc toutes les forces de la société qui peuvent concourir à offrir ces conditions de vie meilleures doivent être organisées de concert pour renforcer l’action de notre parti. Nous en sommes conscients, nous n’avons pas encore eu le temps de mettre en place notre stratégie mais de façon naturelle, nous recevons beaucoup d’animateurs d’associations qui veulent des partenariats avec nous, qui souhaitent échanger avec nous, qui souhaitent contribuer à formaliser certains axes de débat avec nous. Nous en recevons déjà et de plus en plus donc c’est une question essentielle.

Et votre approche des alliances avec les autres partis de l’opposition ?

Là, je vous dirai que nous en sommes également conscients. On ne peut pas dans ce 21è siècle là être en singleton et être efficace politiquement. Même si électoralement parlant vous pouvez avoir un poids important pour avoir la présidence ou assez de députés, vous ne pouvez pas diriger un pays en singleton. Il faut forcement fédérer avec d’autres forces. Déjà vous avez vu que le 18 janvier nous n’avons pas trainé le pas, nous nous sommes inscrit dans la marche du CFOP. Egalement, dans le bureau, il y a un vice-président dont le rôle est de promouvoir les alliances avec les autres forces politiques. Ça veut dire que c’est une question que nous avons déjà à l’esprit.

Itw réalisée par Wilfried BAKOUAN et Germain B.NAMA


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