Grève des fonctionnaires, le secteur social fortement touché

Publié le lundi 17 février 2014

Les 4 et 5 février, l’administration publique a connu des perturbations pour raison de grève des fonctionnaires. Objectif ? Protester contre la non application de la nouvelle grille indemnitaire depuis le 30 juin 2013. Les effets étaient manifestes dans le secteur social. La grève était observée à 98 % dans les écoles publiques de Ouagadougou. Les centres sanitaires fonctionnaient nonchalamment. Les élèves disent être de cœur avec leurs enseignants quant les patients et accompagnateurs saluent le service minimum que le syndicat de la santé a tenu rendre effectif.

Un fait a été salué par les usagers et premiers responsables des services de santé. L’organisation et le respect du service minimum dans les différents centres de santé. En effet, dès l’entame de la suspension des services, le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animal (SYNTSHA) a veillé à ce que le service minimum soit effectif. Et cela a été une réalité. Auguste Somda, le chargé de communication du Centre hospitalier et universitaire Yalgado l’a confirmé et l’a noté comme une singularité que les grèves précédentes n’ont pas connue.

« C’est la première fois que le syndicat décide d’assurer le service minimum depuis que je suis là  », a-t-il confié. Somda ajoute que cette initiative a été bénéfique pour l’hôpital. Car ils n’ont pas eu à dégager des efforts pour recruter d’autres agents. Ce qui leur a permis de faire des économies. Pour le contrôle il explique qu’ils passent « régulièrement matin, midi et à 17 pour s’assurer de l’effectivité du service minimum ».

Auguste a par ailleurs déploré le faite que certaines personnes requises pour ce service le désertaient. A la question de savoir s’il a eu des conséquences fâcheuses, sans hésitation il rassuré qu’aucun problème particulier n’a été enregistré. Des accompagnants de patients affirment « être reçus de façon normale ». Pour certains « il n’y a pas de problème. Tout est normal ». Ils s’étonnent même quant on leur apprend que les médecins sont en grève. Et quant ils apprennent qu’ils ont tenu à ce que le service de la santé fonctionne un peu, ils se réjouissent et leur remercie pour cet acte de philanthropie. Et demandent au gouvernement de travailler dans le sens de la résolution des problèmes avant que le pire n’arrive.

A l’hôpital de District de Bogodogo, les responsables exigent une autorisation du ministère de la santé aux journalistes avant d’avoir accès à l’établissement. Avait-il quelque chose à camoufler ? Un patient nous informe que son voisin de lit, « un vieux alladji » a trépassé. A-t-il été examiné ?

L’interlocuteur répond : « Si je dis qu’on n’a pas touché le vieux, j’aurai menti. Mais devant ils ont appelé 4 fois le médecin de venir voir mais il n’est venu ». Séance tenante, un corbillard appartenant au mouvement Sunnite fait son entrée… Une longue attendait devant la salle de consultation qui était ouverte. La salle d’urgence recevait des patients. Les maternités et la salle de pansement fonctionnaient également. A la pédiatrie Charles De Gaulle le responsable de la communication affirme que la grève est bien suivie. Le service minimum aussi. Chose que des parents d’enfants confirment.

 Dans les établissements d’enseignement public les classes sont restées closes pendant les 48 heures. Nombres d’élèves ont mis à profit ce temps pour réviser leur leçon. Pour d’autres, c’était l’occasion pour avancer dans leur championnat de football. Ils sont nombreux à s’être prononcés sur la grève. Les intransigeants disent être d’accord avec leurs enseignants.

« On ne peut pas venir enseigner avec la faim au vendre », lance un élève. Un autre d’ajouter : « nous sommes d’accord avec les enseignants, tout le monde sait que dans ce pays là il y a les moyens pour résoudre les problèmes des professeurs. Si le gouvernement refuse de le faire et que les cours sont encore perturbés nous également allons sortir pour soutenir nos professeurs  ».

Pour les élèves tous les alphabétisés et intellectuels doivent leur situation de mieux être forcement à l’enseignant. En outre certains en classe d’examen, majoritairement les filles se montrent inquiets. Mais comprennent leurs enseignants. Des élèves disent ne pas être trop inquiets car leurs professeurs ont promis faire des cours de rattrapage.

Hamidou TRAORE

Au ministère de l’économie et des finances, ça chauffé

A la bourse du travail pendant que les leaders syndicaux communiquaient les pourcentages d’observation du mot d’ordre de grève, un gréviste du ministère de l’économie et des finances vient faire cas de cas d’intimidation de son ministre. Il explique que ce dernier a raconté des contre-vérités aux forces de l’ordre leur faisant croire que certaines personnes empêchaient les non grévistes de gagner leur poste de travail. Chose que les policiers n’ont pas du tout vue. En guise de protestation un sit-in est tenu le lendemain (jeudi 06 février) audit ministère. Les fonctionnaires de ce ministère venus aussi des autres services déttachés sont sortis nombreux pour crier leur ras-le-bol. Les orateurs précise qu’ils ne sont contre la personne du ministre, mais luttent tout simplement pour l’amélioration de leur condition de vie et de travail.

Si ceux qui connaissent mieux les rouages de notre économie se montrent plus intraitables dans la revendication, il va sans dire que l’Etat a vraiment les moyens de satisfaire les points de revendications des fonctionnaires.

TH

 


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