MPP : « L’élimination de Roch, Salif et Simon ne résout pas les problèmes » dixit Salif Diallo

Publié le lundi 17 février 2014

Trois jours après l’assemblée générale constitutive consacrant la création du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), les leaders du parti ont rencontré la presse le 28 janvier dernier. Ils ont déroulé ses grandes orientations au public.

Au présidium, Roch Marc Christian Kaboré, Président exécutif ; Salif Diallo, 1er vice-président chargé des orientations politiques ; Simon Compaoré, 2e vice-président chargé des relations extérieures ; Domba Jean-Marc Palm, 3ème vice-Président chargé des relations avec les partis politiques et des alliances au niveau national. En lieu et place d’une conférence de presse ordinaire, c’est plutôt une séance de questions-réponses.

Le CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès) et le MPP se fondent tous sur la social-démocratie. Peut-on s’attendre à un rapprochement entre les deux partis si le pouvoir renonce à la modification de l’article 37 de la Constitution et à la mise en place du sénat ? C’est Salif Diallo qui embouche la trompette. Sa réponse est sans surprise si l’on considère que la procédure de divorce entre cet esprit politique en éveil permanent et l’enfant terrible de Ziniaré a été enclenchée depuis 2005.

« Nous fondons le MPP sur la base de la social-démocratie vraie. Les critiques que nous formulons à l’encontre du CDP ne tiennent pas uniquement aux questions de l’article 37 et de la mise en place du sénat. Nous avons toujours dénoncé plusieurs pratiques à l’interne. On ne peut se réclamer de la social-démocratie et pratiquer une politique néolibérale. (…). On ne peut prétendre à la social-démocratie en encourageant la fracture sociale au sein du peuple. C’est une première différence entre nous. Nous ne sommes pas sectaires. Si le CDP renonce à sa politique aveugle de mise en place du sénat et rejoint le peuple, il nous trouvera ».

Gorba (son surnom), en esprit libre, pousse sa réflexion et décrypte le « tengkougri » du Faso dans un langage ferme : « La Constitution d’un pays n’est pas le fait uniquement de la majorité. Ce n’est pas uniquement une loi. La Constitution est appelée la loi fondamentale parce qu’elle est bâtie sur un consensus minimal. Même de fait, la minorité participe à ce consensus. On ne peut pas se lever un matin et au gré de son humeur changer la loi. On ne modifie pas une Constitution même quand on est majoritaire, comme on veut. La Constitution est un consensus de tout un peuple qui veut bâtir son avenir collectif ». Roch acquiesce et signe même si en 2009 il avait soutenu publiquement le contraire. Il précise : la limitation est un compromis historique trouvé pour sauver la paix sociale durement éprouvée suite à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Sauter le verrou serait réveiller les vieux démons.

Thomas Sankara revit

Et comment réagirez-vous si le pouvoir exhume des dossiers compromettants vous concernant ? Roch se jette à l’eau : « Nous sommes des citoyens comme tout autre. Nous ne sommes pas au-dessus de la justice, et nous répondrons devant la justice pour les dossiers pour lesquels nous serons accusés ». A la question relative à leur sécurité, Salif Diallo donne une réponse à la Thomas Sankara : « Lorsque nous sommes venus en politique, que ce soit avec le président Compaoré à travers l’ODPM-T, nous avons défendu notre conviction et les intérêts de notre peuple sans peur. Aujourd’hui également, avec le MPP, nous avons foi en notre peuple. Même pas peur comme le disent les jeunes ! Si aujourd’hui on bute Salif Diallo, il y aura d’autres jeunes pour continuer le combat. L’élimination physique de Roch, Salif et Simon ne résout pas les problèmes. Personne n’est au-dessus du peuple et ce sont les peuples qui font l’histoire. Je ne crois pas au rôle des individus par rapport à l’histoire. Je crois au rôle des peuples ».

Les anciens compagnons de Blaise Compaoré donnent rendez-vous sur le terrain pour les juger.

 

Gaston SAWADOGO


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