La chasse aux signatures est engagée au CDP

Publié le vendredi 31 janvier 2014

Pas facile en ces moments troubles de distinguer le bon grain de l’ivraie. C’est pourtant à ce jeu complètement aléatoire que se livrent les responsables du CDP.

Il faut dire que la stratégie des démissionnaires consistant à organiser les démissions à doses homéopathiques leur rend la tâche particulièrement difficile. Pourtant, si Blaise Compaoré veut modifier la Constitution, il devra l’annoncer clairement ici et maintenant car les appels au soutien qui se font dans la confusion sont complètement inopérants

Selon nos sources, Assimi Koanda a engagé la ronde de ses alliés dans l’objectif de les rassurer, à la suite des démissions en cascades au sein du parti. Il savait bien qu’en traitant de non événement la démission des anciens caciques de son parti, il ne pouvait convaincre personne.

Surtout pas ses alliés dont bon nombres sont de vieux briscards de la politique nationale. A l’exception de Roch Simon et Salif, aurait-il affirmé, les autres signataires n’ont rien derrière eux. Cette assurance manifestement de façade ne met pas les responsables actuels du CDP à l’abri des angoisses et de la fébrilité. On ne peut expliquer autrement cette campagne tous azimuts à travers le pays dont le leitmotiv est le soutien indéfectible au président Blaise Compaoré.

Le coup d’envoi a été la pétition initiée à l’Assemblée nationale. Alain Yoda a vite fait de brandir cela comme le signe de la grande cohésion au sein du CDP. Plus étonnante est l’attitude de Luc Adolphe Tiao qui sonne le réveil de son Sanguié natal. Le meeting qu’il a organisé à l’occasion de la validation du bureau de la section provinciale et des sous sections départementales avait un seul but : sauver le soldat Blaise.

Pour le premier ministre et son entourage, il faut conjurer la trahison des Roch qui se propage comme un incendie. Normal. Ce qui l’est moins ce sont les arguments développés. Blaise fait-on dire, aime le Centre-Ouest et particulièrement le Sanguié. Deux premiers ministres, deux généraux, il n’y a vraiment pas de quoi se plaindre. Avouons que de tels arguments ne volent pas bien haut. Ce n’est pas avec de tels propos qu’on va promouvoir une conscience nationale. 

Henriette Kongo est la dernière a avoir deposé sa démission du parti au pouvoir. La cause ? Les injures de François Compaoré contre le Larlé Naaba Tigré, lui aussi démissionnaire du parti (Ph, Dr)


Que diront alors les autres régions et provinces non élues ? Sont-elles les mal aimées du président ? La vérité, c’est que Blaise n’aime pas plus le Sanguié que le Koulpelogo ou le Yagha. Tout premier ministre qu’il est, LAT n’a pas été choisi ni pour ses beaux yeux encore moins pour sa province ou sa région.

C’est parce que tout comme Tertius, il était à ses yeux l’homme du moment au regard de ses préoccupations politiques. Au lieu de poser les vrais problèmes, nos hommes politiques se complaisent dans des sophismes creux. Quelle misère !

Sommes-nous dans un jeu de dupes ?

Quelle est la signification réelle de ces listes concoctées dans une confusion totale et que l’on fait remonter à Ouagadougou comme des trophées de guerre. Les responsables du CDP sont-ils autant dupes pour croire que de telles opérations traduisent des adhésions conscientes ? 

Veut-on nous faire croire que les responsables religieux (catholiques, musulmans, protestants) réunis par la députée Gisèle Guigma à la maison des jeunes de Léo ont bien compris que la liste de présence sur laquelle ils ont émargé était destinée à accompagner une motion de soutien à Blaise Compaoré ? De même, les quelques responsables des structures de base du CDP convoqués dans la même maison des jeunes de Léo sont-ils conscients de la manipulation qui est faite de leurs signatures ? Et à toutes ces braves gens, on évite soigneusement d’expliquer les vrais enjeux. Car le problème est moins de soutenir Blaise Compaoré que de se prononcer clairement sur l’opportunité du Sénat et la modification de l’article 37. 

Mais aucune supercherie ne pourra durablement occulter ces questions qui sont aujourd’hui au cœur du débat. Tôt ou tard, tous les ministres à commencer par LAT devront mettre bas les masques pour découvrir les desseins funestes qu’ils nourrissent à l’encontre du processus démocratique. Changer la Constitution pour assouvir les lubies d’un homme ne peut en aucune manière renforcer la démocratie dans notre pays !

 Par Germain B. NAMA


 François Compaoré sait ce qu’il a dit !

Trop tard ! Quand l’eau est versée, il est difficile de la ramasser. Plutôt que de s’égosiller à faire des démentis sur les injures proférées par François Compaoré contre le Larlé, il vaut mieux adopter la seule attitude digne qui consiste à aller demander pardon. La princesse Juliette Kongo, petite fille de Naaba Kom II, indignée par ce comportement désinvolte de François a elle aussi claqué la porte du CDP. Elle explique ainsi son geste : « Ma démission est liée au manque de respect aux détenteurs de nos valeurs traditionnelles et coutumières. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En tant que princesse du Mogho, je ne peux plus rester dans les rangs de ceux qui n’ont aucun respect pour mes racines, pour ma famille. »

Le CDP peut-il continuer à nier ce qui est désormais sur la place publique ? Sait-il d’ailleurs qu’un enregistrement circule sur ces propos de François tenus lors de la rencontre des structures le dimanche 12 janvier dernier ? Dans cet enregistrement où François s’exprime tantôt en Français, tantôt en mooré, il accable les trois anciens dirigeants du CDP qu’il traite d’ingrats. Selon lui, ces trois personnalités seraient de grands malades et son frère Blaise a beaucoup dépensé pour les soigner. Les députés du CDP ont d’ailleurs déjà dénoncé ce comportement poursuit-il par la signature d’un acte d’allégeance à Blaise, à l’exception souligne t-il d’un vaurien, nen yaala en mooré. Le Larlé n’a pas été nommément désigné mais l’allusion est claire. D’ailleurs a-t-il poursuivi, dans toute organisation, le vaurien a aussi sa place car il y a du travail qu’on peut lui confier que lui seul peut faire. François a-t-il perdu le courage qui l’animait quand il proférait ces paroles très peu aimables à l’endroit de ces démissionnaires ? Traiter de la sorte un ministre du moro naaba peut avoir des conséquences fâcheuses. Faillir est humain, le reconnaître est la marque des âmes nobles. 

GBN

 


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