Pour le Tazartché de Blaise…il faut violer la loi (Meeting fedap/bc à Bobo)

Publié le vendredi 31 janvier 2014

Après les démissions du 4 janvier au CDP, les amis de Blaise ont voulu lui assurer leur loyauté. Ils ont organisé une « grand meeting » à Bobo pour, évidemment reprendre le décompte des amis du président. Mais là, les Bobolais sont arrivés à pas feutrés à la maison de la culture le 11 janvier. Les organisateurs assurent que le meeting n’est pas une tentative de contrer les démissionnaires. Masi peine perdu. Tout le monde pense que c’est une initiative pour sauver le capitaine. Pour cela ils ont eu plus besoin de dozos que de vrais amis pour remplir la salle. Au finish, c’est la candidature de Blaise que l’on a solennellement demandé pour 2015. Il n’y a assurément pas un seul Tandja en Afrique. Blaise évolue dans le registre. Il tient désormais son « Tazartché  »

Au temps fort de la guerre du Libéria, le footballeur international, ballon d’or 95 de France football avait, pour montrer la voix de la paix aux hommes politiques et aux populations, organisé deux matchs de football. Le premier était sans arbitre et tous les coups étaient permis. Il y est ressorti, évidemment de nombreux actes d’anti jeu et des blessures…

Le second était organisé dans les règles de l’art footballistique et là, les dégâts étaient minimaux. A la fin des dits matchs, il fait comprendre aux libériens la notion de « respect the rules » (respecter les règles). Au football comme en politique, cette notion respect the rules de George Weah est cardinale. Ça devrait même être l’essence politique, pour celui qui se targue d’apporter de la stabilité à son peuple.

Mais le samedi 11 janvier 2014, les soutiens au « faiseur de paix » lui ont enjoint haut et fort de ne point respecter de règles.

Ainsi pour la Fedap/bc, embouchant la trompète à Guillaume Soro, Blaise est « indispensable au Burkina Faso ». Donc pas de règles à lui appliquer. Bien que l’on clame dans les manifestations publiques « game over », il évolue dans un « game without rules  ». C’est la réalité donnée à voir aux militants de Bobo. Blaise donc doit rempiler parce que telle est sa volonté et celle de ses amis. Le peuple compte pour du beurre. Sauf si le peuple « mouton » lui accorde un sauf conduit dans un référendum « without rules ».

Sauf que ce qui était annoncé comme une démonstration de force a ressemblé à la boutade ivoirienne « l’éléphant annoncé en grands fanfares est arrivé avec un pied cassé ». Les bobolais qu’on attendait pour une communion survoltée sont arrivés à pas feutrés. Autant dire que pour le décompte des « vrais amis » qui restent au président c’était mal engagé. Heureusement qu’il y avait les dozos devenus par la force des CFA, les moutons de « Ram  ». Il ne restait plus qu’à pêcher les Bozos, ces pêcheurs traditionnels connus aussi pour leur mysticisme, et la boucle était bouclée pour une mobilisation réussies.

Les Dozos ont pris d’assaut la maison de la culture de Bobo Dioulasso qui a servi d’enceinte au meeting du 11 janvier (ph, Evénement)


A cette messe d’exorcisme, on compte aussi des hommes d’affaires. La présence de Noufou Ouédraogo et de gros boubous etc. Tout ce monde venu de la capitale est tenu en haleine par l’ensemble artistique « Ambroise et Paco » qui fait de l’esclandre. A 10h9mns, arrive le maitre du monde, François Compaoré himself, suivie du présidium Adama Zongo (président) et la belle-mère. Ils sont tous installés en avant, alignés en rang d’oignons.

Le premier à prendre la parole est Joseph Sanou, secrétaire régional de la fedap/bc de la région des Haut-Bassins. « Blaise Compaoré c’est notre illustre ami ». Il exprime aussi toute sa fierté d’avoir réussi le meeting (vraiment ?). Il laisse la place à Djenguinaba Barro surnommé le « Baobab de l’Ouest  ». « Je ne va pas faire un discours aujourd’hui » lance-t-il dès sa prise de parole. Cela ne l’empêche quand même pas de faire 20 minutes au parloir. C’est une rencontre programmée depuis longtemps. « Ce n’est pas parce que on a entendu quelque chose que nous on a fait ce réunion », dit –il pour lever tout équivoque sur l’organisation de ce meeting.

A entendre Djenguinaba, ce meeting n’est pas un acte de sauvetage. Il est normal puis que les fedap/bcistes sont des inconditionnels de leur « illustre ami », Blaise Compaoré. Et Djenginaba d’ajouter, pour ceux qui ne le savaient pas encore : « avant d’être président, Blaise c’est notre frère, avant de être notre nami. C’est notre nami. Si demain notre nami va cultiver au champs, nous on va partir avec lui au champs ». Ça tombe bien dans quelques mois on aura l’occasion de le juger sur pièce. Parce que plus que jamais le « tarzatché » à la FEDAP/BC semble être compromis après la naissance tonitruante du MPP.

Wilfried BAKOUAN

 

L’opposition CDP-FEDAP /BC

Dans une buvette non loin de l’enceinte où s’est tenu le meeting, un maire d’arrondissement tient le parloir après le meeting. La buvette est pleine de monde. Le maire parle haut et fort : « moi-même je n’allais pas venir ici. Anw ti gnogon ka sira kan » (on n’est pas sur la même voie). Un monsieur lui répond : « on ne t’a pas porté d’écharpe ?  ». Le maire reprend : « hélé bi kèlè lé tigè la » (toi tu cherches la bagarre). Et de poursuivre : « maire lé koumana ô lon na, ne ô toun tè, ô toun ti nyé gnan bi. O yèrè kouna diara ko an yi an ka mogow boh ka a di ô ma » (c’est le maire (allusion faite à Salia) qui a parlé l’autre jour. Si non, je n’allais même pas venir ici aujourd’hui. Ils ont même eu de la chance que nous avons mobilisée nos militants pour eux). Tout y est ! La guéguerre CDP/FEDAP-BC. Cette causette entre militants du parti montre bien des clivages, même si à l’intérieur de la salle, on a parlé d’union autour de Blaise. En fait, dans la salle, nombreux étaient les militants du CDP.

L’engagement de Bobo est-il différent

Pour celui que l’on appelle le « Baobab de l’ouest », il importe de se rassurer de la cause qui est à l’ordre de jour, car il s’agit de Bobo qui est engagé. « Quand Bobo est engagé pour quelque chose, c’est fini personne ne peut faire changer cette chose » pour montrer à quel point cet engagement est fort. Mais seulement, il y a des murmures dans la salle que les officiels ne peuvent entendre.

Le discours officiel est prononcé par Adama Zongo. Sans détour, il fixe les objectifs du meeting. C’est un soutien inconditionnel à Blaise Compaoré, vu ce qu’il a apporté au Burkina Faso et à la sous régions ouest africaine. Pour les amis, pas question de laisser partir Blaise, un homme indispensable au bien-être du Burkina et de l’Afrique. François Compaoré interrogé à la fin du meeting opte pour le référendum. Il est plus modéré avec ce propos. Adama Zongo, sans ambages, demande à Blaise d’annonce officiellement sa candidature pour 2015. Au nom de quelle loi il peut le faire ? En tous cas, pour l’instant la constitution l’en empêche !

 


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