Diancounda Que peut-il faire ?

Publié le jeudi 12 avril 2012

Il est finalement président d’une transition qu’il ne souhaitait pas. Il arrive dans les bagages du Burkina Faso et doit composer avec une junte qui tient à être arbitre du jeu, pour ne pas dire plus.

 

ATT voulait s’adresser une dernière fois aux Maliens avant de rendre le tablier. Le capitaine Sanogo s’y est opposé. Il a dû donc démissionner en catimini, depuis une de ses résidences à Bamako. Puis c’est Diancounda Traoré qui a été obligé d’aller à Canossa à la forteresse de Kati. Ça commence donc bien pour le président de transition.

Diancounda Traoré, jusque là président de l’Assemblée nationale et candidat au titre de l’ADEMA à la présidentielle de2012, est considéré comme un homme de consensus. Mais c’est sans doute en vertu des dispositions de la constitution qui font de lui un dauphin, qu’il accède à la tête du pays.

Il est président dans un contexte extrêmement délicat. La junte qui a échoué dans ses prétentions le met carrément en joue. Il est condamné à réunifier le territoire et d’organiser la présidentielle dans 40 jours chrono. Autant dire mission impossible.

Sur qui peut-il compter ?

Il est arrivé dans les bagages du Burkina et c’est aussi le Burkina Faso qui assure sa sécurité. Tous les sécurocrates de Blaise Compaoré ont investi Bamako, avec à leur tête le général Gilbert Diendéré. Ce sont eux qui sont à la manœuvre et ce sont eux aussi qui organisent le puzzle de la transition. Ils rassurent Sanogo « il (Bassolet) est celui qui nous comprend ». Ils coachent Diancounda qui, avant de rejoindre Bamako, est allé « s’imprégner de l’expérience du Président du Faso dans la conduite des affaires de l’Etat. » (sic).

Mais il faut craindre que le parrain burkinabè ne pêche par excès d’optimisme. Plus ça dure et plus Sanogo et ses hommes pourraient être plus exigeants. Ils pourraient demander rien de moins que de choisir le premier ministre et une bonne partie des membres du gouvernement. Le parrain politique de la junte, Oumar Mariko, qui se rêve dans le rôle de Guillaume Soro, a déjà donné le profil des futurs membres du gouvernement : ils doivent n’avoir pas trempé de près ou de loin dans la gestion de ATT. Ça promet.

 

NAB

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Tombouctou

Un patrimoine de l’UNESCO qui pourrait partir en fumée

 

Trois grandes mosquées. Plus de dix milles manuscrits originaux. Des costumes de l’ère préislamique. Ce sont là, quelques pièces mémoires de Tombouctou du XVe siècle. Elles racontent le passé glorieux de cette ville. Le nord Mali est aux mains du groupe armé Ansar Dine depuis la semaine dernière. Et l’Unesco craint que Tombouctou, la perle du désert, soit vandalisée. En effet, grand centre intellectuel de l’islam, cette ancienne cité marchande est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. La crainte de cette organisation internationale se justifie d’autant plus qu’en Afghanistan, par exemple, les Talibans avaient détruit les trésors (les Bouddhas) de Bamiyan.

Dans la perspective d’une contre offensive de l’armée malienne, l’Unesco demande le respect de l’intégrité des bâtiments et des documents historiques. Hamady Bocoum, directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) dit craindre « les trafics qu’il y a autour des manuscrits ».

 

Ramata Soré


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