Lutte traditionnelle : Pari gagné pour l’APLCT

Publié le mardi 21 janvier 2014

Tiogo ! Le nom ne veut pas dire grand chose. Pourtant, depuis quatre (4) ans, il se trame quelque chose dans ce petit village de la commune de Ténado (environ 145 km de Ouagadougou) : la lutte traditionnelle dénommée « Festival lutte traditionnelle » C’est le fruit de l’imagination de l’Association pour la promotion de la lutte dans la commune de Ténado (APLCT) dans la province du Sanguié. La 4e édition du Festival lutte traditionnelle s’est déroulée à Tiogo du 21 au 22 décembre 2013. 27 lutteurs, toutes catégories ont pris part à cette compétition. Ils viennent de 12 villages dont 7 de la commune de Ténado et 5 hors commune dont le Nayala et le Mouhoun.

Tout le village de Tiogo était en ébullition les 21 et 22 décembre. Enfants, jeunes, vieux et vieilles n’avaient que le mot « Zaan » (Lutte en langue lélé) à la bouche. Au son des flûtes et tam-tams, la foule était tenue en liesse. On regardait les lutteurs s’affronter, les uns plus techniciens que les autres. Ils étaient au total 27 participants de la catégorie OPEN (lutteurs de tous les poids) à la conquête du trophée dont la finale s’st déroulée le 22 décembre. 

Le vainqueur ed la présente édition, Drissa Zon

Qui va écrire son nom en lettres d’or dans le palmarès de ce festival ? Drissa Zon du Nayala a répondu à cette question. Il a été le plus fort. En effet, ce dernier est venu à bout de Doumayé Bayoulou du Mouhoun, un concurrent potentiel. Grand vainqueur de la 4e édition, Drissa Zon s’est dit « fier » de son sacre. Bien connu de l’arène de la lutte, il n’a pas manqué d’humilité en parlant de son adversaire : « il est fort . » Le secret du champion ? « Depuis octobre je me préparais pour cette lutte » dit-il. Que disent les gens de lui ? « Il est puissant » disent les uns.

« Mais il est terrible ! Il a plusieurs techniques de lutte. Il est aussi intelligent. A chaque pose, il part visionner sa caméra (quand il lutte il y a quelqu’un qui filme) pour certainement voir ses propres failles ou celles de son adversaire » diront les autres. L’image qui est certainement gravée dans l’esprit des gens est le geste où il a soulevé son adversaire.

La foule a crié, croyant qu’il va le jeter par terre. « S’il fait ça, il va tuer l’autre » ont murmuré des gens dans l’assistance. Mais à la grande surprise, il dépose son adversaire dos au sol avant de le placer sur ses pieds. La foule applaudit ce geste à tue-tête. Et jusqu’à ce jour du 23 décembre, beaucoup s’en souvenaient et le racontaient chacun à sa manière.

« Il (Drissa Zon) n’est pas mal » a fait savoir Donatien Bazémo, triple champion de cette lutte. Ce natif de Tio (7km de Tiogo) dit ne pas s’être présenté cette année pour diverses raisons. C’est d’ailleurs ce qui a fait que quelqu’un hors de la commune de Ténado a remporté. Mais il fait savoir qu’il se présentera l’année prochaine et prévient que « ça ne sera pas facile » .

Pari gagné

Pour le président de l’APLCT, Urbain Bako (natif de Tiogo), promoteur de la lutte, cette édition est un « pari gagné » Placé sous le signe de « la maturité », Urbain Bako a fait savoir que l’objectif « c’est d’amener les jeunes à penser le développement. A sortir des débits de boisson pour prendre en main leur propre développement ».

Une idée que partage le maire de la commune de Ténado, Yoma Batiana : « toute activité qui s’inscrit dans le développement de la commune, nous devons y apporter notre contribution » Il a donc promis séance tenante « inscrire l’activité dans le projet communal 2014 » Pour tout dire, « nous allons octroyer un prix (spécial) pour les prochaines éditions » fait-il savoir. Une autre promesse est venue du parrain Nébilma Bado qui dit « offrir une moto l’année prochaine, au nom de la société dont il est responsable, même s’il n’est plus parrain » Mais avant tout « c’est à la population d’entretenir cette flamme pour les générations futures » dit-il. Par ailleurs, il a conseillé « l’unité d’action autour des activités pour le développement de la commune » « Que les populations accompagnent pour donner (longue) vie à l’activité » dit Pierre Badiel, président de la Fédération burkinabè de lutte.

Celui-là même qui a « félicité sincèrement » le promoteur estime que « cette activité est très louable » et d’ajouter : « La fédération n’a pas les moyens de promouvoir la lutte sur tout le plan national. Des initiatives comme celle-ci, nous les soutenons »

L’ambition du promoteur, Urbain Bako, est de « nationaliser » l’activité et même « l’internationaliser » puisqu’il parle de « faire venir les Sénégalais » à long terme. Ce qui nécessite plus de moyens. Le président du tournoi 2013, Mathieu Valia semble trouver la formule magique : « Que le promoteur initie des fiches de contribution pour une 5e édition plus grandiose »

Basidou KINDA

Composition prix (catégorie OPEN)

1er  : Drissa Zon (Nayala)

Une charrette + 10.000F. Avec ce qu’il a reçu de la part des gens, il avoisine les 100.000F

2e : Bayoulou Doumayé (Mouhoun)

1 vélo dame + 5000f

3e Bayoulou Bevrou (Maouhoun)

1 appareil d’irrigation goutte à goutte + 5000f

En catégorie poids moyen (66- 75kg) Bamouni Badoua de Tiogo repart avec une charrette plus 10.000f


Commenter l'article (4)