« Le défi pour 2014 c’est de faire enlever le sénat de la constitution », Léonce Zagré, responsable à la jeunesse de l’UPC

Publié le mardi 21 janvier 2014

Quel bilan politique, économique et même social pouvez-vous faire de l’année 2013 au Burkina Faso ?

Léonce Zagré : L’année 2013 au niveau de l’Union pour le Progrès et le Changement a été marquée par deux faits majeurs. Dans un premier temps il s’agit donc de la reprise des élections couplées municipales et législatives de décembre 2012 qui a permis à la jeunesse de ce parti de se mobiliser encore plus pour défendre ses voix qu’il a estimé avoir été volées par le parti au pouvoir notamment le CDP. Donc à ce niveau, nous nous sommes encore mobilisés pour cette deuxième campagne et à la surveillance des bureaux de vote ; ce qui nous a permis de sauvegarder nos voix et d’engranger d’autres voix. Le deuxième fait majeur a été la lutte contre la mise en place du Sénat. Au niveau de l’UPC notamment dans sa composition jeune nous nous sommes mobilisés pour faire face au projet de mise en place du Sénat. Et cela à travers les mots d’ordre du CFOP. 

Léonce Zagré, responsable à la jeunesse de l’UPC

Nous avons pris part aux différentes manifestations. Un autre fait qui a marqué l’actualité de 2013 c’est l’expulsion des étudiants des cités universitaires ; ça été l’une des principales préoccupations de la jeunesse du parti en ce sens que dès les premières heures, le secrétariat à la jeunesse que je préside a mis en place un comité de soutien qui a créé quatre types d’hébergements qui ont permis donc de reloger et de restaurer plus de 120 étudiants durant plus de deux mois. C’est une opération qui a coûté plus de 2 millions de FCFA. Cette somme a été mobilisée par le secrétariat à la jeunesse à travers des souscriptions auprès des militants et sympathisants du parti. Voilà donc en somme quelques activités qui ont marqué la vie du parti dans sa couche jeune.

Globalement, concernant la vie du pays, quel est l’évènement majeur qui a cristallisé votre attention ?

Je dirai que l’évènement majeur qui a cristallisé notre attention c’est la mise en place du Sénat que nous avons jugé inopportune mais qui est aussi un coup d’Etat contre la jeunesse parce qu’il ne prend pas en compte la jeunesse. Et ce n’est pas opportun parce que notre préoccupation aujourd’hui ce n’est pas une deuxième chambre ou quoi ce soit, c’est des questions d’emplois, de survie au quotidien. L’activité majeure, ça été vraiment la lutte contre la mise en place du Sénat et nous pensons vraiment que nous avons eu un premier pas puisque le Sénat n’a pas été mis en place courant 2013.

Comment entrevoyez-vous l’année 2014 ?

L’année 2014 est une année importante pour les acteurs politiques du Burkina en ce sens que c’est une année qui précède l’élection présidentielle qui en principe devra se dérouler courant 2015 et pour cela à l’instar des autres structures du parti, la jeunesse du parti doit redoubler d’efforts dans la conduite de ses activités. Nous pensons que le premier défi à relever c’est faire enlever le Sénat de la Constitution, on ne doit même plus entendre parler du Sénat au Burkina. Et ensuite empêcher la modification de l’article 37 et pour cela nous allons commencer à nous organiser ; du reste nous l’avons déjà fait depuis 2013 et nous allons renforcer cette mobilisation à travers des campagnes de communication, de sensibilisation et à travers le renforcement de nos structures et le parachèvement de certaines structures qui ne sont pas encore mises en place sur l’étendue du territoire national en vue d’être prêt toujours à répondre au mot d’ordre du parti, que ce soit au niveau du parti ou à travers le CFOP.

Ça veut dire qu’en 2015 il n’y aura même pas de sommeil pour la jeunesse de l’UPC ?

Il n’y aura même pas de sommeil, déjà même nous ne dormons pas parce que nous pensons que notre avenir est pris en otage et que si on somnole un peu notre rêve risque de se transformer en cauchemar.

Donc vous avez des vœux certainement ?

Notre vœu le plus cher c’est la paix dans ce pays. Nous souhaitons que le Burkina soit un pays stable où la jeunesse peut s’exprimer et s’épanouir.

Pensez-vous que la lutte peut aller de paire avec la paix ?

Oui, pourquoi pas, la lutte n’est pas forcement la guerre. C’est la contradiction dans les idées et dans les approches. La lutte peut se faire dans un pays de paix et c’est ce que nous espérons pour cette année 2014.

Entretien réalisé par Wilfried BAKOUAN et Hamidou TRAORE 


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