St Sylvestre 2013 : Des « bébé » qui fêtent avec leur amoureux

Publié le mardi 21 janvier 2014

Quelle place doit-on réserver aux enfants la nuit du 31 décembre à l’occasion de la célébration de la Saint Sylvestre ? Ou en d’autres termes de quelles manières doivent fêter les mineurs ? Doivent-ils forcément imiter les adultes sans attendre des directives des parents ? Nous avons essayez de traiter la question avec quelques personnes que nous avons rencontrés.

Tout le monde veut faire la fête à la manière de l’autre la nuit de la Saint Sylvestre. Les enfants ne veulent plus se conter l’histoire de l’ambiance festive hors maison. Plus que jamais ils sont décidés à y participer pleinement et de la plus belle des manières. Dans un passé récent, habituellement investis dans les tâches culinaires pour la préparation du réveillon dans les familles, les mineurs ont épousé le goût du 31 décembre célébré dehors. 

Des enfants se retrouvent dans des maquis et boites de nuits avec d’autres de sexe opposé (ph ; Dr)


Chacun souhaite que le premier vœu de papa pour la nouvelle année soit de lui accorder une permission pour sortir avec son ou sa chérie. Certains ont vu effectivement ce vœux se réaliser avec ou sans l’accord des parents puisqu’ils étaient aussi nombreux à faire la fête avec les adultes en cette fin d’année 2013.

Dans les maquis ils étaient nombreux ces mineurs à enterrer 2013 en compagnie de leur copine, pareil dans les boîtes de nuit et les soirées dansantes organisées par ces derniers. La fin justifie les moyens sans doute quand on entend ou lorsqu’on surprend des enfants en train de cotiser ou voler de l’argent appartenant à leur parent pour disent-ils préparer le « show ou la bringue » de fin d’année.

Cette manière très rusée offre à ces enfants l’occasion de célébrer la fête comme des adultes où celle-ci tourne autour des boissons et liqueurs, des danses au rythme de chansons de tout genre ainsi que des mets de toutes sortes. Et ne pensez pas que l’heure à laquelle ces enfants vont rentrer soit si tôt mais bien entendu après minuit où ils auront fini de danser et de se soûler si la circulation ne les prend pas entre les entrailles des accidents.

Devons nous encourager cela, être complice ou jouer à l’indifférence ? Ce qui est sûr c’est que les parents doivent s’attendre à prendre un jour en charge un bébé qu’un enfant a engendré en s’amusant un soir de la saint Sylvestre. Du point de vue de la morale, ce comportement loin des habitudes d’il ya une décennie peut troubler ou choquer plus d’un.

Arouna Ouédraogo, fonctionnaire et père de 4 enfants donne sa version : « je suis moi-même étonné de voir des gamins de 11 ans avec des petites filles mal habillées en circulation la nuit de la St Sylvestre. C’est à se demander s’ils ont obtenus la permission de sortir ou si les parents sont conscients des dangers auxquels ils sont confrontés. Ce n’est pas une vie ça. Que deviendront-ils demain. Moi par principe j’interdis à mes enfants qui n’ont pas 20 ans de sortir et pour y parvenir j’organise le réveillon à la maison avec eux  ». Joseph Kaboré, un boutiquier de quartier estime pour sa part que : « le monde a changé et il faut laisser les enfants sortir.

Quand ils sont enfermés, ce que vous craignez, les grossesses, finiront par arriver  ». Mais peut-on brandir ce simple argument pour assurer un avenir à nos enfants ? Adama Baro, enseignant de profession rétorque en disant que : « l’Etat doit interdire la fréquentation des bars et maquis par les mineurs surtout pour la fête de fin d’année. L’avenir d’un enfant passe par une bonne éducation et non la fréquentation des maquis. Les parents également sont responsables de l’avenir des enfants et ils doivent y veiller de près ».

Seulement la question qu’on peut se poser et celle de savoir si les enfants écoutent encore les parents qui ont souvent démissionné face à leur éducation ? Certains ne se demandent même plus où sont les enfants, s‘ils sont rentrés ou pas puisqu’eux-mêmes ne sont jamais là pour s’occuper d’eux.

D’autres par contre encouragent même leurs filles à trouver des hommes qui seront le chéquier de la belle famille sans se soucier du fait que ces derniers soient mineurs ou pas. Ce qui bien entendu à l’égard des petites sœurs qui observent est source d’imitation. En attendant que les autorités interviennent comme le pense Adama Baro les enfants auront déjà goûté au bonheur de la St Sylvestre sur tous les plans.

Certains n’auront pas la chance de voir l’année suivante car victimes d’accidents, d’autres seront père ou mère précocement si le VIH ou toute IST n’ai pu s’emparer de leur corps pour toujours. Faisons le voeu que les fêtes de fin d’année soient des moments de célébration et n’ont des nids d’équations qu’il faut résoudre plu tard en début d’année.

Michaël Pacodi

pacomik@yahoo.fr


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