Salif Diallo et l’affaire Dabo Boukary : « J’ai appris la mort de Dabo Boukari de la bouche de Blaise »

Publié le mardi 21 janvier 2014

Coïncidence ou calcul politicien, l’affaire Dabo Boukari réapparaît plus de 20 ans après sa mort. C’est en 1999 qu’un juge d’instruction a été commis à cette affaire et pendant plus de 10 ans, aucun acte de procédure n’avait été enregistré. Et comme par hasard, l’affaire Dabo Boukari réapparaît au moment où Blaise Compaoré et ses anciens camarades sont en bisbille. Ce n’est pas sans surprise que les Burkinabè ont appris dans la presse qu’un juge d’instruction a délivré des mandats d’amener. Parmi les personnes visées, figure Salif Diallo, un ancien proche compagnon du président. 

Dabo Boukary, étudiant en 5è année de medecin assassiné en mai 1990

Un jour de 1990 aux environs de 8H, Lengani Issaka, notre confrère de l’Opinion alerte Salif Diallo de ce que Alain Nindawa, alors recteur de l’université de Ouaga se trouve séquestré dans son bureau de l’université par des étudiants. Salif décroche alors son téléphone et appelle Blaise. Sur ses instructions, Salif se rend à l’université pour s’enquérir de ce qu’il s’y passe.

Celui-ci, conduit par son chauffeur entreprend de se rendre sur les lieux, mais se voit bloqué sur l’avenue Charles de Gaulle aux environs de l’université. Des étudiants écumaient partout et ils étaient visiblement excités. Salif ordonne à son chauffeur de se garer au bas de la chaussée. Il en sort pour se poster sous un arbuste où il trouve d’ailleurs le professeur de droit Yonaba Salif qui observait lui aussi des étudiants qui lançaient des projectiles. A son retour au bureau, il reçoit un appel du recteur Nindawa qui l’informe qu’il a été libéré grâce à l’intervention de militaires. Le même jour aux environs de midi, un coup de fil du président du MBDHP, Halidou Ouédraogo lui apprend que des étudiants ont été arrêtés sur le campus et conduits dans la caserne militaire du Conseil de l’Entente.

A 15H, il reçoit dans son bureau le même Halidou Ouédraogo et le recteur Nindawa venus demander la libération des étudiants. Salif appelle Blaise et répercute la requête des visiteurs. Blaise l’oriente sur le capitaine Gilbert Diendéré. Saisi, Diendéré leur dit de venir au Conseil. Ils embarquent ensemble pour le Conseil. Il y avait une troisième personne qui accompagnait les Halidou dont il a oublié le nom et qui pourrait être Zougmoré. Au Conseil, ils obtiennent la libération des étudiants qui avaient été rassemblés dans deux cars. Le lendemain, matin, Salif prend un avion pour Bamako où il est resté 4 jours. A son retour, son chauffeur venu le chercher à l’aéroport lui apprend que les manifestations étudiantes ont continué et que d’autres étudiants ont été arrêtés. Ce n’est que deux mois après qu’il apprend de la bouche du président, qu’un des étudiants est mort au Conseil. 

Salif termine son récit par une interrogation. C’est qui cet ancien militaire de la sécurité présidentielle dont on ne dit pas le nom ? Nous lui rappelons qu’il y a toujours ce mandat d’amener contre lui qui court. Réponse de Salif : aucun mandat ne viendra ici. Serait-ce un commencement de grands déballages ? Si tel est le cas, il faut espérer qu’enfin la justice se réveille. En jouant à se faire peur, le pouvoir risque d’ouvrir la boîte de pandore et là, il n’est pas certain que la situation pourra être tenue sous contrôle.

GBN


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