Ousmane Sow, un exemple de passion !

Publié le vendredi 23 janvier 2015

11 décembre 2013. Habit de prince, honneurs et fanfare, il monte sur les marches de l’académie des Beaux-arts de Paris. Lui qui, en débarquant en 1957 en France n’avais pu entrer à l’école des beaux-arts faute de moyen, vient de prendre sa revanche sur la vie. « Tout ce qui m’arrive ne m’est pas habitué  » Déclare-t-il tout ému parce qu’il est obligé de troquer son T-Shirt, jeans et basket contre un habit de prince mondain. En prenant son sabre d’académicien aux côtés de son ex-Président Abdou Diouf, Ousmane Sow avait l’Afrique en tête. Il ne pouvait que rendre hommage à Mandela. A 78 ans la persévérance de ce Baobab d’Afrique a fini par payer.

Obligé d’être infirmier kinésithérapeute, c’est à presqu’à 50 ans qu’il abandonne tout pour s’adonner à sa passion véritable : la sculpture. Dès l’entame, il fixe son style. Les grands hommes. Pas à l’image de ceux de Giacometti, mais ceux qui ont le physique des lutteurs de Dakar ou des grands hommes de Nouba, imposants. Premier africain à entrer à l’académie des beaux-arts de Paris, en qualité de membre associé étranger, le sans-papier des années 60, qui dormais fréquemment dans les commissariats parisiens vient de donner la preuve que seul le travail paie et qu’il n y a pas d’âge pour embrasser sa passion et réussir.

L’exposition à ses œuvres gigantesques sur le Pont des arts en 1999, avait marqué le monde entier (3 millions de visiteurs). « Le pont des Arts est un événement qui est resté dans les mémoires, dans tous les pays : les gens m’en parlent comme si c’était hier, en se trompant de dates ou de pont de Paris, mais ils ont encore les yeux qui brillent », se félicite Ousmane Sow. Ses premières œuvres inspirées des photographies de Leni Riefenstahl, présentant des géants Soudanais, sont le fil conducteur de son succès. Depuis, il ne cesse de reproduire des personnages connus ou non, pour habiller les espaces public au grand plaisir des passant. A l’image de Manu qui fête ses 80 ans, Ousmane Sow à 78 ans est une preuve vivante que pour la promotion de la culture africaine il n’y a pas de retraite qui tienne. Salut l’artiste !

Ludovic O KIBORA


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