Bil is back !

Publié le mardi 7 janvier 2014

4 ans après la sortie de Yaaba, l’enfant du Nahouri (Sud-est du Burkina Faso) Bil Aka Kora est de retour sur le marché du disque avec Vessaba (aller et revenir en kasim) sortie officiellement le 20 décembre 2013. Véritable cadeau de noël que cet artiste talentueux met à la disposition de ses mélomanes. Après de nombreux concerts dans le froid de Copenhague, en France et au Faso, il avait voulu mettre dès 2012 un album intitulé Djongo Meets Jazz ! Tentative infructueuse qui s’est muée en une idée d’un album réalisé avec la touche artistique du Grand Ray Lema et produit par Djongo diffusion. 

Bil est là avec son tout dernier opus (ph,DR)


A travers ses 10 titres, l’artiste confirme sa vision musicale, faite de fusion qui porte vers les sommets, les rythmes du terroir : le Djongo kasena. Cet album enregistré dans les studios de Seydoni production à Somgandé (Ouagadougou) et à Issy-les-Moulineaux (Région parisienne) est un mélange de contribution diverses. En effet, en plus de ses musiciens traditionnels du Djongo système, des guests stars se sont succédé à tous les niveaux. Nous signalons au passage les doigtés magiques du « père spirituel » (Ray Lema) de l’artiste au piano et de ceux de l’inimitable bassiste Camerounais Etienne Mbappé. Côté texte, Damien Glez, dessinateur et caricaturiste du journal du jeudi est encore présent (Sibiri), de même que le Président Thomas Sankara à travers son discours sans âge sur la dette africaine (Emergence).Des titres bien en accord avec le temps. Suivez-mon regard ! Bil a longtemps séjourné à Paris pour la composition de la musique de la pièce « Une Nuit à la Présidence » de Jean-Louis Martinelli. Ce metteur en scène est en outre l’auteur du texte de la chanson Peuple Déshérité. Dans l’ensemble l’artiste confirme son identité musicale dans un esprit d’ouverture au monde. Belle orchestration sur des paroles qui disent l’ire et la misère des gens de peu. Le chanteur-auteur-compositeur-guitariste qui est constamment sollicité partout où la musique fait sens (théâtre, cinéma, spectacle son et lumière, bande annonce, etc.) se savait attendu après ce qu’il a donné à entendre depuis le faiseur de pluie (Douatou, 1998), il ne pouvait donc qu’assurer. Des tubes de belles factures qui vont chercher dans la cour des grands. Mais, sûr que parmi les mélomanes, y en a pas mal qui s’écrierons « Bil c’est quand qu’on danse…le djongo ! » Les artistes talentueux, sont souvent l’objet de sollicitudes de divers ordres dans la vie de tous les jours. A travers les titres de ce dernier album, Bil Aka Kora affirme sans doute, sa liberté d’être artiste tout simplement. Salut l’artiste !

Ludovic O Kibora


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