Conseil National de l’UPC, Construire avec méthode l’infrastructure politique pour une alternance démocratique en 2015

Publié le lundi 16 décembre 2013

L’Union pour le progrès et le changement (UPC) a tenu son premier conseil national le 30 novembre 2013 à Ouagadougou sous le thème : « La consolidation de l’UCP dans la perspective de l’alternance ». Plus de 350 délégués venus des 45 provinces ont pris part à ce rendez-vous. Cela a été l’occasion de discuter en famille de la vie du parti et de se projeter dans les perspectives de 2015. Une vue s’est dégagée au sortir de ce conseil national : faire de l’UPC la première force politique au Burkina pour une alternance démocratique. L’échéance de 2015 est appréhendée comme un combat de titans.

L’élection présidentielle de 2015, « la mère de toutes les batailles », est la « seule » occasion pour le peuple burkinabè de réaliser l’alternance démocratique. Une chose qui tient à cœur les upcistes. Pour cela, ils doivent « être prêts » Un terme que Zéphirin Diabré, président de l’UPC, a utilisé avec insistance et de façon continue en s’adressant aux participants : « Etre prêt, c’est d’abord disposer d’un projet de société qui soit un pôle de rassemblement des Burkinabè (…). Etre prêt, c’est avoir l’infrastructure politique qui nous permettra de porter notre message partout (…). Etre prêt, c’est avoir l’ambition de conquérir et le mental de vainqueur (…). » Tout laisse croire que ce conseil national du parti est dans la perspective de la bataille de 2015 qui doit ouvrir les portes de l’alternance démocratique « verrouillée » il y a de cela 27 ans.

L’échéance 2015 en toile de fond à l’UPC 


Pour Zéphirin Diabré, plus que jamais, la demande de l’ « alternance démocratique » est devenue « le cœur » du débat politique au Burkina Faso. Pour approfondir sa pensée, le chef de file de l’opposition est allé puiser dans la pensée marxiste des enseignements. Il dit, en effet, que « chaque pays, à chaque étape de son développement, présente ce que les marxistes appellent une contradiction principale, c’est-à-dire la question fondamentale qui résume l’aspiration profonde des peuples, et qui en même temps définit la principale ligne de démarcation voire d’antagonisme au sein du même peuple »

Les Burkinabè ont choisi la démocratie libérale selon Zèph (comme on l’appelle). L’alternance reste donc l’une des valeurs cardinales de cette démocratie. Or, dans le Burkina Faso d’aujourd’hui, distinctif par « le règne » de près de 30 ans du même système, « jamais nous n’avons eu une alternance démocratique » Et ce qui rythme la vie publique de l’UPC c’est la quête soutenue de cette démocratie et le souci de la parfaire. Les Burkinabè aspirent « profondément » à l’expérience d’un changement démocratique. C’est-à-dire qu’ils veulent « voir un pouvoir succéder à un autre, le voir mettre en œuvre sa politique, le juger sur ses résultats, le garder s’ils (les résultats) sont bon et le congédier s’ils sont mauvais » Selon Zéphirin Diabré, sur la question de l’alternance, il y a deux (2) camps face à face : le camp de l’immobilisme d’un côté et celui du progrès de l’autre. L’UPC, dira-t-il, « se situe résolument dans le camp du progrès » Une vision qui a d’ailleurs motivé les dirigeants du parti à organiser un « forum des citoyens de l’alternance en mai 2009 »


Devenir la 1re force politique


L’UPC (Union pour le progrès et le changement) est la 2e force politique actuelle au Burkina Faso depuis les résultats des élections couplées du 2 décembre 2012. Mais cette place est loin de satisfaire les upcistes car leur ambition de départ n’a jamais été de se contenter d’une seconde place. Leur objectif actuel c’est d’ « être la 1re force politique » au Burkina. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la tenue du tout 1er Conseil National du parti avec un thème qui décrit bien leur ambition : « La consolidation de l’UCP dans la perspective de l’alternance » A l’UPC l’heure n’est plus aux « gratulations » et « autres salamalecs » car les élections présidentielles de 2015 « ne sont pas si éloignées » pour ne pas dire qu’elles « sont déjà là » Le thème dévoile donc les « ambitions » que nourrit le parti à l’insigne du lion « de conquérir et d’exercer le pouvoir d’Etat ». Pour Zéphirin et les siens, au sortir des élections couplées de décembre 2012, leur parti a réalisé un score que « les observateurs ont salué comme étant honorable ». Mais il faut avoir les pieds sur terre pour atteindre les objectifs fixés. Pour cela, ils considèrent que « tout reste à refaire » surtout que le parti reste toujours « très embryonnaire ». Leur position actuelle est « très loin de la majorité » et la base électorale reste « faible » Il leur incombe donc, selon Zéphirin, de se « remettre à l’ouvrage, faire comme si nous partions de zéro et construire avec méthode l’infrastructure politique dont nous avons besoin pour réaliser nos ambitions » Pour ce faire, et dans l’optique d’une occupation du territoire national, le Bureau politique national (BPN) a décidé de renouveler toutes les structures à travers le pays qui donne la configuration suivante : un comité de base par village, une sous-section par commune, une section par province et une fédération par région.

Chute du mythe de l’invincibilité du pouvoir


L’élection présidentielle de 2015 est un « test important pour l’opposition toute entière » Un test dont beaucoup « d’indices positifs » témoigneraient déjà de sa réussite. Cela peut s’expliquer par l’effondrement du « mythe de l’invincibilité » du pouvoir en place à travers les fortes mobilisations contre le Sénat. Malgré tout, le pouvoir tente par tous les moyens pour mettre en place le Sénat et « sauter le verrou de l’article 37 » L’un de ces signes, selon les upcistes, c’est la tentative de dislocation de l’opposition. L’exemple cité est le « projet de la nouvelle loi » sur le statut du chef de file qui ne vise qu’à « semer la confusion au sein de l’opposition » L’UPC par la voix de son président ne passe par quatre (4) chemins pour donner du ton : « il n’appartient pas à une majorité, qui du reste n’est pas régie par aucun texte, d’organiser l’opposition ; il est du devoir de [celle-ci] de s’organiser elle-même ! (…) » 

Basidou KINDA 

 


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