Un 11 décembre encore !

Publié le lundi 16 décembre 2013

Qu’est-ce qu’il va bien nous dire ce soir, notre président qui ne nous parle que deux fois dans l’année ?

Il va sans doute revenir sur le 11 décembre et sa philosophie. C’est un rendez-vous politique. Dans les normes ce devrait être son avant dernier 11 décembre. Mais depuis quelques jours on sait maintenant qu’il ne partira pas. Qu’il va se représenter pour un cinquième mandat. Alors il va incontestablement annoncer les réformes politiques qui sont sur le chemin d’aboutir. Le Front Républicain qui regroupe le CDP, l’UNDD, l’ADF et une flopée de petits partis va voir le jour ou peut-être a déjà vu le jour. Jusqu’au 8 décembre il était attendu la réunion des chefs de partis, la conférence des chefs de partis, plus exactement pour entériner les textes. Une des dispositions des textes du Front prescrit « la gestion associée des affaires de l’Etat ». Cela veut dire en clair que les signataires du Front Républicain devraient se retrouver dans un gouvernement qui aura toutes les chances de s’appeler « gouvernement d’union nationale ». Sur ce point on peut faire confiance à l’imagination politique du patron de l’UNDD pour trouver la dénomination adéquate.

Avec le Front républicain, le quorum des ¾ des députés pour modifier la Constitution est largement atteint. Peut-être il ne sera plus nécessaire de recourir à la mise en place fastidieuse et polémique du Sénat.

Commencé dans le tumulte il y a quelques années, la réforme tant souhaitée du président est à son épilogue. Elle se termine bien, puisqu’elle va baliser la route d’un cinquième mandat. Dans les textes qui instituent le Front républicain, il est pris soin d’indiquer que le compagnonnage devrait être périodiquement revisité à l’approche des échéances importantes. On devrait s’attendre donc à une réévaluation du contrat avant 2015. Sauf que l’expérience montre que l’attrait du gouvernement est plus fort que toutes les bonnes résolutions de la vie. Blaise Compaoré le sait plus que quiconque. Il sait donc d’expérience que ceux qui entreront dans le gouvernement n’en sortiront que répudiés. Surtout qu’il a pris le soin d’annoncer, avant la formation du Front qu’il sera candidat en 2015, en procédant à la révision de l’article 37 de la Constitution. Personne ne dira après qu’il ne savait pas à quoi il s’engage.

Mais comme la commémoration se passe à Dori, une ville exceptionnelle, en raison de son statut, elle est dirigée par un maire de l’opposition et elle est la première qui va atteindre les objectifs du millénaire en matière d’accès à l’eau potable avant l’heure (lire à ce propos le bel hommage que le député Ouali de l’UPC rend à son ancien camarade et grand frère. Page …) Blaise Compaoré aura-t-il un propos d’hommage au vieux Arba ? On sait qu’après des tractations, Arba devrait être décoré. On a dû le convaincre d’accepter la médaille. Blaise Compaoré chantre de la gouvernance inclusive ira-t-il jusqu’à lui rendre hommage ? On peut en douter.

La commune de Dori, par contre, si les indiscrétions qui nous sont parvenues sont exactes, devrait rendre hommage à Blaise Compaoré en donnant son nom à une des artères nouvellement bitumées.

Le 11 décembre dans cette charmante ville de Dori qui doit beaucoup à son actuel maire, devrait parler à l’esprit obtus des « tuuk guili ». Les bonnes idées et les hommes de valeurs ne sont pas seulement d’un côté. La preuve avec ce que Arba, malgré l’adversité de l’environnement a pu faire. Les responsables administratifs locaux, au début de son mandat, ne lui ont pas facilité la tâche. Aujourd’hui c’est une belle réussite qui fait de Dori, autrefois Goulag des punis de l’Etat, une belle cité, agréable à vivre à la lisière du désert. N’eût été la présence de AQMI qui a fait de toute cette zone, « une zone interdite aux touristes européens », Dori aurait tiré du tourisme de substantiels revenus. Mais la région n’est pas dépourvue de richesse naturelle. La mine d’Essakane et les nombreuses autres mines en voie de découverte donnent d’heureuses perspectives à Dori et aux communes environnantes. Il faut cependant que la gouvernance suive. Que tous viennent à l’école de Arba. Y compris les maires CDP. Depuis la communalisation de notre pays deux personnalités se sont distinguées dans leur fonction de maire : Simon Compaoré à Ouaga et maintenant Arba Diallo à Dori. Il faut leur rendre hommage. Ce serait que Blaise le fasse. 


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