La culture burkinabè s’emballe au nord de la capitale

Publié le mardi 3 décembre 2013

La SNC nouvelle formule met les régions en avant-scène. Les éliminatoires furent souvent laborieuses, surtout lorsque la nationale d’électricité refuse d’être au rendez-vous de la culture avec ses délestages qui ne disent pas leur Non ! Au-delà des talents innés des artistes, le problème de management est aussi une réalité dans un domaine ou bénévolat et vie chère ont du mal à faire bon ménage. Au Nord du pays en ce moment, on met les petits plats dans les grands, car la route de Bobo Dioulasso passe forcément par Dori. Au Burkina Faso, le Nord et environ riment en cette année 2013 avec promotion culturelle tous azimuts. Normal me dira-t-on,car Dori dans le Sahel abritera les festivités de la commémoration de l’indépendance le 11 décembre 2013. Du coup, de nombreuses manifestations y sont délocalisées en préludeà cette fête nationale. Dans la capitale du Yatenga, dans la même direction de l’aiguille de la boussole, le Festival sport et culture de Ouahigouya (FESCO) a séduit plus d’un en cette fin du mois de rentrée scolaire. La fête fut belle avec à la clé plus de 150 distinctions distribuées aux artistes. Certes, on n’est pas obligé de passer par Ouahigouya pour rallier Dori, mais si on décide d’ignorer la voie qui transite par Kaya ce ne serait pas du gâteau. Kaya, dans la province du Sanmatenga est nationalement connu pour être la capitale des cuirs et peaux au Faso. il ne faut sans doute pas, oublier les hauts fourneaux et autres techniques de traitement des métaux dont l’émérite archéologue, le Pr Jean-Baptiste Kiethéga et ses étudiants ont longuement évoqués les qualités historiques dans leurs résultats de recherches. Cette capitale de la région du centre-nord a abrité du 2 au 09 novembre 2013, la 3ème édition des Journées économiques pour le développement de la filière cuirs et peaux et des pôles d’entreprises du Sanmatenga. L’appellation est longue, mais peut se résumer en JEDES tout simplement. Le problème c’est moins le sigle que son expression concrète sur le terrain, face à l’hôtel de ville. Il a finalement raison ce mec qui disait que la culture prend sa source dans la nourriture… A Kaya les traditionnelles brochettes de viandes grillées à la pâte d’arachide, avaient plus de succès parmi les décibels « des maquis » sur l’aire d’exposition, que les stands d’échanges sur les initiatives entrepreneuriales. Ventre creux n’a point d’oreilles. Et que dire de ces clients potentiels qui, au vu des prix des produits exposés, préfèrent attendre le retour des commerçants sur leur site d’origine du marché central. La majoration des prix ne prend que les hôtes pressés et ceux descendus subitement des tours d’ivoires. Au Burkina Faso, c’est bien connu, lorsqu’il ya foire et expo-vente, ceux qui se frottent les mains ce sont les tenanciers des restaurants et autres débits de boissons. Normal, puisque la culture se nourrit de la nourriture. En outre, si un salon comme le SIAO peut se permettre d’interdire l’accès des espaces à certains produits non artisanaux, tel n’est pas le cas des initiatives privées provinciales où l’objectif des organisateurs est, faute de subvention et d’appui national conséquent, d’amortir les investissements. Alors, les bars, buvettes et restaurants font plus recette. C’est le règne des« 3 B » (Bière, Brochette, B…) selon l’expression chère à Laurent Kilachiu Bado, qui fait parfois désordre. D’ailleurs, de toute façon, pour de nombreux citoyens, le thème de la manifestation importe peu. Chacun cherche plutôt à trouver son compte entre clameurs assourdissantes et mets locaux servis hors cadre habituel, à la va vite. L’effet kermesse est mieux apprécié que tout autre chose. A l’heure du bilan, les organisateurs s’auto évalueront en termes de recettes et dépenses. Pour le changement des attitudes et comportements des acteurs dans le sens de la positivité, on avisera. A défaut de pouvoir disposer d’espèces sonnantes et trébuchantes pour ces initiatives culturelles louables, l’appui technique des structures étatiques pourrait aider à redresser la barre… A bon entendeur…ciao !

Ludovic O Kibora



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