L’homme et sa place dans la création

Publié le mercredi 27 novembre 2013

L’homme moderne est persuadé qu’il doit avoir la première place dans la création de Dieu. N’est-il pas en effet un dieu en miniature comme l’attestent toutes les « grandes religions » ? Et même ces religions lui assignent de « dominer » et de « soumettre » toute la création, mais aussi le rôle ô combien noble, de poursuivre l’œuvre divine !

Et c’est vrai que si l’on table uniquement sur ses potentialités, il est indéniable que Dieu a pourvu l’être humain mieux que toute autre créature sur terre. Toutefois on peut se demander si le comportement de ce dernier traduit bien celui qu’il devait être ? C’est là que le bât blesse. Et il blesse terriblement ! L’homme moderne poursuit-il l’œuvre de Dieu ?

Pour en avoir une juste idée, peut-être serait-il nécessaire de se poser d’abord la question sur ce qui devrait être entrepris pour poursuivre convenablement l’œuvre divine. La chose qui saute aux yeux et qui semble en cela la plus évidente, c’est que toute œuvre divine devrait suivre l’exemple de l’Être suprême lui-même. Dieu crée, mais il apparaît que l’homme moderne quant à lui, détruit. Le comportement de l’être humain semble d’autant plus indéfendable qu’il détruit ce qu’il ne peut reconstruire. S’il arrive que Dieu détruise en effet, il recrée et fait revivre en meilleur, ce qu’il a démoli. Mais l’homme détruit inexorablement, sans aucun espoir de renaissance, rendant au néant les êtres et les choses. Et cette manière de faire semble être l’apanage de l’homme moderne, celui que nous sommes tous. La question se pose donc de savoir si cette façon de faire est inhérente à l’homme tout court ou à l’homme moderne uniquement.

Si nous acceptons que l’homme a toujours été un dans ses réalités, et cela dès l’apparition des premières formes humaines les plus anciennes jusqu’à nous, il nous faut trouver une réponse adéquate à ce comportement inacceptable de l’homme moderne. L’être humain a-t-il été toujours aussi déprédateur, ou bien faisons-nous une exception ? A par le fait que nous sommes certainement aujourd’hui plus nombreux qu’à aucune autre époque auparavant, n’y a-t-il pas d’autres raisons justifiant notre causticité sur la création entière ? L’histoire démontre qu’avant nous, aucun de nos ascendants n’a pesé aussi négativement sur la nature, les choses et les êtres ! Je peux me tromper, mais j’attends que de plus savants que moi m’en démontrent le contraire.

La notion de choix, de libre arbitre, dont il semble être doté, fait aussi bien la grandeur et la dangerosité de l’homme ! S’il choisit bien, il construit, grandit, se divinise, continue l’œuvre de Dieu. Dans le cas contraire, il se diabolise, déconstruit, et devient une sorte de bombe pour lui-même et la terre entière. Et présentement, il semble que nous sommes dans ce deuxième cas !

A partir de là, la réponse à notre question se dégage d’elle-même. L’être humain est devenu un démon ! Mais comment en est-il arrivé là ? Par le choix de son système dominant, le capitalisme dont l’Europe est le malheureux initiateur, il a commencé à scier la branche sur laquelle l’humanité est perchée. Il semble que ce système appelé «  capitalisme » est si bien huilé qu’il échappe désormais à son initiateur et vole de ses propres ailes. Si bien que initiateurs et dominés sont désormais la proie d’un système qui entraîne inexorablement la terre vers le gouffre ! Existe-t-il encore une chance d’éviter la catastrophe ? Un espoir si mince soit-il peut-il encore éviter de justesse cette marche forcée vers l’abîme ?

L’Afrique des premières civilisations nous indique que contrairement à ce qu’on peut croire, la marche de la création a un sens. Et ce n’est nullement l’homme qui l’a déterminé ou le contrôle. Il semble que l’homme moderne, inventeur du capital bestial, où tout est déterminé par l’avoir et l’intérêt, devait aussi faire l’expérience de la conduite de la terre. Si bien que malgré le fait qu’on savait qu’il ferait beaucoup de dégâts, rien n’a été entrepris pour arrêter son avènement. Parce qu’on savait aussi que malgré tout, il ne serait pas le fin mot de l’histoire.

Une histoire du système « postcapital » adviendra. Mais elle devrait tout de même permettre une meilleure conduite des affaires de l’humanité dans l’avenir. Au plus grand bénéfice du genre humain !

Les Africains ont bien raison, eux qui affirment : « Si tu sautes dans du feu, il te manque encore au moins un autre saut à faire. » ! Le plus tôt on sautera, mieux cela vaudra !

 

Bétéo D. NEBIE

(neb_beteo@yahoo.fr)

 

 


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