Arrivée tardive des fournitures scolaires : Dilemme des enseignants et promesses du ministre

Publié le samedi 2 novembre 2013

L’école burkinabè est en principe gratuite de 6 à 16 ans, depuis la loi 2007. En attendant la totale effectivité de ce droit, le gouvernement met gracieusement à la disposition des élèves les fournitures scolaires. Mais cela ne se passe pas sans difficultés, même s’il y a des améliorations. 

Cette année on peut se convaincre que les fournitures scolaires sont arrivées à temps dans les différentes circonscriptions de l’éducation de base (CEB). Des écoles comme Golwa ont déjà eu les fournitures scolaires il y a au moins deux semaines. Cette école se trouve dans la CEB de Partiaga dans la Tapoa (région de l’Est) à 460 km de Ouagadougou. Certains établissements comme l’école Dori B ont reçu les fournitures à la fin du mois d’août. « Pendant la rentrée administrative, les fournitures étaient déjà là » dit un enseignant de ladite école. La situation géographique de ces deux (2) écoles peut renforcer les propos du ministre de l’éducation nationale, Koumba/Boly qui disait en début d’année que toutes les conditions étaient réunies pour que les fournitures arrivent à temps dans les établissements.

Le matériel de bureau et les fournitures ne sont pas encore intégralement à la disposition des écoles (Ph : l’Evénement)


Le dilemme…

Mais il semble qu’à se préoccuper des gens trop loin de la capitale, on oublie certains trop proches. C’est ce que semblait nous dire une directrice, (CEB de Ouaga 4), jointe à la date du 4 octobre 2013. « Et c’est sûr qu’on n’aura pas ce nécessaire avant deux semaines. Alors que d’un côté aussi on nous interdit de prescrire aux parents les listes de fournitures » fait-elle savoir. En même temps on les met en demeure de commencer les cours dès le 1er octobre si bien qu’actuellement « les enseignants sont dans l’expectative ».

La ministre Boly interpellée sur la question, le 22 octobre à l’émission « …du Gouvernement » sur la TNB à enjoint les parents d’élèves à signaler de telles anomalies pour permettre à ses services d’agir. « S’il ya des difficultés, nous avons constitué un stock de secours pour y faire face », a-t-elle rassurée. 

Retard dommageable

Sur la même question du retard dans l’acheminement des fournitures scolaires, Blégné Séma, secrétaire général du SNEAB s’est prononcé. Extrait de ces propos : La question des fournitures scolaires est le gros problème que rencontrent les enseignants. Dès lors que l’on a annoncé aux parents d’élèves que c’est devenu gratuit et qu’ils n’avaient pas à acheter des fournitures, le 1er octobre chaque élève vient les bras ballants. C’est là le « casse-tête » des enseignants. Actuellement c’est décentralisé ; on a remis aux communes cette tâche, c’est elles qui lancent les commandes, qui réceptionnent et qui redistribuent les fournitures aux écoles. Il y a beaucoup de problèmes à ce niveau. Et le premier qui se pose c’est le retard dans l’acquisition du matériel. Le 2e est celui de la qualité. On peut remettre aux élèves des fournitures qui laissent à désirer. Deux semaines à peine après l’achat d’un cahier neuf, la couverture est déjà partie et les feuilles vont en lambeau. Ces feuilles sont tellement fines que le stylo les transperce. Des stylos qu’on donne et qui ne peuvent pas écrire.

Sur cette question aussi et à la même émission, la ministre Boly a indiqué qu’elle était informée du problème. Les cas signalés de mauvaises fournitures ont été signalés à l’ASCE qui a diligenté des enquêtes et la justice est saisie.

Il reste encore dans certains cas, les parents sont obligés de payer tout de même des fournitures d’amorce aux enfants avant que celles de l’Etat n’arrivent. En fait, les enseignants leur mettent la pression pour pouvoir démarrer les cours. Les enseignants sont donc obligés par moment d’aller au-delà de leurs prérogatives souvent même en chassant les enfants. Cela est parfois source de conflits entre les enseignants et les parents d’élèves.

Basidou KINDA


Le 12 octobre 2013, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA) Koumba/Boly a rencontré les organisations syndicales de l’éducation. L’objectif de cette entrevue était de discuter sur le programme de développement stratégique de l’éducation de base (PDSEB 2012- 2021) et particulièrement sur la mise en œuvre du CONTINUUM. Et comme toute réforme amène à bousculer l’existant, Tolé Sagnon, président du mois des syndicats, dit : « le mouvement syndical a besoin de comprendre, de mieux cerner, non seulement le contenu du plan décennal mais aussi les réformes que ce contenu implique » Du reste, les syndicats doivent travailler à ce que ces réformes soient les meilleures possibles. Pour le ministre Koumba/Boly c’était un cadre idéal pour échanger avec les syndicats sur les différentes réformes entreprises par le gouvernement dans le domaine de l’éducation et surtout la possibilité de travailler ensemble afin que la mise en place du plan décennal soit une réussite.

BK


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