C’est une mauvaise passe ou quoi ?

Publié le samedi 2 novembre 2013

Les réseaux des téléphonies mobiles sont devenus tous et sans exception, subitement très merdiques, excusez l’expression. Il est devenu, depuis près d’un mois, presque impossible de joindre un correspondant à la première tentative. Parfois même on s’entend dire que « le numéro sollicité n’est plus en service » ou pire « vous n’avez pas suffisamment de crédit pour passer un tel appel », alors que vous venez de recharger votre téléphone.

Comment se fait-il que tous les réseaux « merdent » en même temps ? Que fait l’autorité en charge de réguler le secteur ? Il y a quelques temps, cette autorité avec fort battage médiatique avait professé des oukases contre les opérateurs de téléphonie mobile. L’étude qui avait été commanditée en son temps et qui avait servi de base à la mise en garde, pointait les mêmes problèmes. Certaines sociétés avaient même écopé de pénalités. Il faut croire que la menace n’a rien produit du tout. La situation est allée en s’empirant. Dans certains endroits il est quasiment impossible d’appeler. Ces sociétés n’assument-elles pas une mission de service public ? Si d’aventure et en situation de détresse, par exemple un citoyen tombe sur un braquage des coupeurs de routes et veut lancer l’alerte aux forces de l’ordre sur les numéros verts et que les réseaux « merdent », c’est tant pis à pas de chance, n’est-ce pas ? C’est vrai au Burkina on n’a pas la culture, ou pas encore, d’exiger des comptes aux prestataires de services, mais il faudra bien s’y faire un jour. L’abonnement au service de téléphone emporte l’obligation pour le prestataire d’assurer les urgences. C’est pourquoi du reste et pour toutes les sociétés, appeler certains numéros c’est gratuit. Parce que c’est une obligation d’assurer ce service. Les prestataires, comme skype ou autres prestataires à accès gratuits, indiquent obligatoirement qu’elles n’assurent pas l’urgence. L’abonné est donc prévenu à l’avance. Les sociétés de téléphonie sont-elles aussi exemptées de l’obligation d’assurer l’urgence ? Si d’aventure par la faute d’une défaillance d’un opérateur, le pire se produisait, y a-t-il devoir de « responsabilité » à assumer ? Sous nos tropiques, la notion de « responsabilité » n’oblige personne. Pas mêmes ces prestataires qui se font des milliards sur notre dos, quotidiennement, sans se sentir le moins du monde obligés envers nous. Mais comme on dit, tout ce qui arrive à un cadavre, c’est la faute de la mort. Tout ce qui nous arrive c’est la faute des structures de contrôle. Pas elles seulement, nous aussi. Personne n’ose se plaindre, même quand il est manifestement lésé. Le prestataire ne vous offre pas de service, quand votre crédit est épuisé. Quand vous vous saignez les quatre veines pour mettre du crédit dans votre téléphone aussi, le même prestataire ne se sent pas obligé. Il y a un malaise non ? C’est du vol carrément. Payer un service qui n’est pas assuré ou pas bien assuré au moment désiré, s’appelle comment si ce n’est du vol ? Les sociétés de téléphonie nous volent tous les jours avec notre apathie et l’incurie de nos autorités. 

Autre aspect franchement révoltant, le mensonge sur le service. Depuis peu, deux de ces sociétés disent qu’elles ont installé l’accès à internet à haut débit, le 3G. Elles nous vendent des services qu’elles n’assurent pas. Il suffit d’avoir un bon appareil pour se rendre compte que le 3G promis et vendu n’est pas opérationnel. On se dit que là quand même c’est l’ARCEP, l’autorité de régulation, qui aurait dû faire son travail. Ce n’est pas acceptable de vendre le cuivre au prix de l’or. Ou de faire passer le cuivre pour de l’or. Mais là aussi l’ARCEP nous abandonne à notre sort. En ce domaine particulièrement c’est elle qui est outillée pour dire si le service est conforme à ce qui est promis. Un 3G, ne peut pas être continuellement un internet ordinaire symbolisé par un « E » ?

Actuellement c’est un vrai laisser-aller. Le téléphone ne marche pas bien ou pas du tout. On s’est habitué et on le dit sans y penser : « ça doit être le réseau », entend-on dire quand deux correspondants ont du mal à communiquer. On ne peut pas téléphoner avec notre abonnement et nos unités. Mais on ne peut pas non plus naviguer avec l’internet que les mêmes sociétés nous vendent. Elles nous prennent notre argent et nous vendent des prunes. C’est pas grave. Nous sommes un pays à 60% de musulmans. « Inchallah » on s’en remet à Dieu quand il y a une contrariété. « Alhamdoulillah », nous le remercions quand c’est réglé. Surtout, surtout « nous on ne fait pas de politique ».

 

 


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