Le Balai : Suite de l’interview avec Sams k et Smockey

Publié le lundi 30 septembre 2013

Le slogan du mouvement « notre nombre est notre force » parle et invite à l’union. Mais jusqu’où peut aller un engagement pour un artiste, sans perdre son âme ? Le débat se poursuit avec nos deux invités.

Le symbole du balai n’est pas aussi le précédent malheureux du général Gueï ?

Sam’K le JAH : Bon ! On ne va pas tomber dans cette comparaison là. Comme le dit la chanson de Gladiator, il ne faut pas regarder le couteau mais plutôt celui qui tient le couteau. Le balai pour nous est symbole de propreté, un instrument dont on se sert sans se salir. Guéi est venu avec des intentions de politicien avide du pouvoir.

Smokey  : il y a aussi le fait que personne ne nettoie rien tout seul… En général c’est en communauté qu’on nettoie. Et nous on a ce problème. On veut que la communauté burkinabè se réveille, c’est pour cela que notre slogan est « Notre nombre est notre force » ; la population qui est capable de prendre en main son destin, encore faut-il qu’elle y croit.

Le bureau du Balai citoyen lors de sa présentation à la place de nation le 24 Aout 2013 (Ph : Evénement)


Sam’K le Jah : En fait, il y a aussi toute la symbolique qu’il faut voir dans le balai. Il y a les brindilles, quant on enlève une seule brindille elle n’est pas capable de faire bouger un poids, or toutes les brindilles ensemble peuvent faire bouger des poids importants. C’est vrai que certains nous disent, Smokey et moi au lieu de chanter, on se mêle de politique. Mais je leur dis d’arrêter d’être des imbéciles. La religion se mêle de politique, quant le Vatican écrit pour demander qu’il n’y ait pas de bombardement en Syrie, c’est une prise de position politique. Nous sommes aussi des citoyens de ce pays qui avons besoin d’un minimum de stabilité pour mieux nous exprimer.

Et vous avez ce minimum de stabilité non ?

Sam’K le Jah : On l’a pas. J’en ai un peu fais les frais en matière de liberté d’expression. Quand on écrit des textes qui ne font pas les louanges du pouvoir en place, tu n’es pas diffusé. Moi mes œuvres ne sont pas diffusées, pas à cause de la qualité mais du discours qu’il ya là dedans. Je n’ai jamais été invité par une institution étatique à une cérémonie parce qu’on trouve que j’ai un discours qui dérange. Vous connaissez aussi l’histoire avec la radio où j’animais, j’ai été viré à cause d’une chanson « ce président là ». Pour ceux qui disent qu’on est dans un pays de paix, ça dépend ; quant tu parles d’un cireur de chaussures, du vendeur de café, il n’y a pas de problème mais dès que tu commences à parler de François Compaoré, de Blaise Compaoré, je ne sais pas encore de qui encore ; on commence à s’intéresser à toi. Si ce que tu dis n’est pas dans le sens de les encenser, on cherche à te verrouiller. Je me rappelle au cinquantième anniversaire de la LONAB, Ticken Jah était invité pour un concert au stade et Aïcha Junior m’avait approché, vu que j’anime une émission de reggae qui est bien suivie pour l’animation. A la dernière minute Missom Jean Pierre Sawadogo qui était chargé de la communication à la LONAB m’a dit, « petit frère je n’ai rien contre toi mais tu ne peux pas animer ce concert » et on a mis en avant que Sam’K le Jah est un artiste sankariste.

Comment Ticken a réagi ?

Qu’est ce qu’il pouvait faire ?

Mais est ce qu’il était au courant ?

Si, je lui en ai parlé. C’était vraiment à la dernière minute quoi. Il m’a dit vient quand même au stade et si tu veux je peux te laisser prester, tu va faire la première partie. Je lui ai dis non, sincèrement je n’ai pas envie que ça prenne d’autres envergures. C’est toi l’invité, tu viendras faire ton concert. Mais quand je suis arrivé au stade, les gens ont crié Sam’K le Jah et sur le champ Aïcha est venue me voir et dire, « voilà ils ont tous honte, quand tu es entré voici comment le peuple a réagi ».

Donc c’est des injustices à une petite échelle et nous sommes les exemples vivants de cette dictature là. Si on se tait ça va prendre une dimension qu’on ne pourra pas contrôler. Si tous ceux qui subissent ces injustices réagissent, ça va changer un peu la manière de gouverner de ces gens là.

Le charme de l’engagement, c’est qu’il ne faut pas s’attendre qu’on te fasse de cadeau. N’est-ce pas ?

Sam’K le Jah : Oui ça je le sais. On a choisi un chemin où ce n’est pas pour aller au glacier.

Smockey : Sinon j’ai toujours dis que c’est une question d’éducation. Se refuser d’être dominé, se refuser d’être soumis, refuser d’être privé de liberté, refuser d’être conduit comme un mouton à l’abattoir, c’est une question d’éducation, si on vous a éduqué dans la soumission, dans l’acceptation de tout, vous grandissez c’est pareil ; je suis sûr que si on élève un lion parmi les moutons il risque de bêler un jour. 

Contrairement à ce que disent les burkinabè, ils sont profondément politiques. Tout le monde est formé à la politique. C’est un pays qui est profondément politique. Sinon pourquoi quelqu’un douterait toujours de tout et de tout le monde ; c’est parce qu’ils sont profondément politiques.

L’engagement tant qu’il reste dans le domaine de l’art il est libre, sauf que lorsque l’engagement descend dans l’arène il a malheureusement souvent tendance ou l’obligation de s’allier.

Smockey : Oui c’est peut être vrai !

Sam’K le Jah : De s’allier non !

Smockey : Au fait, moi je ne suis pas contre ce qu’il dit mais bon… vas’ y exprime toi donc.

Sam’K le Jah : De toute les façons dans la vie on a un choix. Maintenant le choix il va s’orienter dans quel sens ? C’est là le fondement de la question. Moi je m’estime être un artiste libre. Comme je l’ai dit à la Place de la Révolution, si aujourd’hui on est là, ce n’est pas à cause de l’opposition ; on est là pour un objectif. Nous souhaitons tous le changement, quelque chose de neuf pour ce pays là.

Dans ce cas vous irez aussi aux meetings du CDP puisqu’eux aussi veulent le changement.

Sam’K le Jah : Dans quel sens, c’est quel type de changement justement ils veulent. Moi je dis si demain le CDP organise un meeting pour dire 26 ans de pouvoir de Blaise Compaoré ça suffit, on veut un autre Burkina ; s’ils m’invitent je serai là, avec ma pancarte « Blaise Compaoré dégage ». Y a pas de problème. Moi je resterai toujours un artiste non allié.

Smockey : Pour moi, contrairement à ce qu’il vient de dire. Il paraît que souvent on se contredit. Je pense que c’est bien. Moi j’accepte quand même de m’allier. Je pense que quelque part il n’y a rien de mal à s’allier à partir du moment où c’est pour la bonne file, le problème c’est si, c’est pas la bonne ; sinon ça fait désordre finalement. Moi je pense qu’à certains moments il faut des choix. On a de nouvelles générations, soit disant des centristes très confortablement assis bien au centre, sauf qu’ils non rien à dire, à proposer. Ils se disent neutres. Ils vont même jusqu’à dire qu’il y a des dictatures éclairées. C’est incroyable. Comment une dictature peut être éclairée ? Moi je préfère être dans une file, certains peuvent l’appeler des compromis. S’il faut prendre une file qui peut nous conduire à l’alternance, à un pays normal, moi je rentre dans la file sans hésiter. Il n’est pas dit quand je rentre dans une file je ne puisse pas récupérer mon billet retour. On n’est pas en train de s’engager derrière les partis de l’opposition. Nous, nous sommes des citoyens qui sont prêts à regarder la réalité en face.

Donc l’alignement peut être conjoncturel, pour des raisons de conjecture…

Smockey : Bien sûr pour des raisons de communication aussi. Parce qu’au niveau marketing c’est des stratégies aussi. Si on peut se greffer à une situation pour faire comprendre l’importance de s’engager, l’importance au-delà des discours masturbateurs, est de vraiment passer à l’acte. Et je pense qu’on a réussi à convaincre des citoyens qui sortent de plus en plus avec leurs balais. C’est déjà bien.

Vous avez dit quelque chose d’intéressant tout à l’heure. Effectivement il faut éviter de prendre un ticket sans retour ; mais quel garde fou on met pour ne pas se retrouver dans des situations où on ne peut plus faire marche arrière ?

Smockey : C’est la conscience

Sam’K le Jah : Bob Marley disait dans une de ses chansons de ne jamais donner de garantie à un politicien parce qu’il voudra te contrôler tout le temps. Quant on a lancé cette histoire de balai citoyen, déjà les gens ont commencé à chercher qui est derrière ce mouvement. On a aussi été approché par un certain nombre de personnes ; mais je dis moi je veux rester Sam’K le Jah, non allié qui a comme seul objectif, la vision partagée par la majorité du peuple. On a tous le rêve d’un Burkina nouveau, d’un Burkina normal et on veut tous contribuer à l’avènement de ce Burkina là.

Smockey  : La garantie c’est notre conviction, c’est nos idées. Finalement c’est notre jardin, on vend nos légumes mais on ne vend pas notre jardin. Il ya la formation aussi, il faut se former politiquement pour comprendre comment ces gens là, ce sont des spécialistes en girouette et en contrôle de marionnette. Nous, quand on va aux meetings de l’opposition ou des syndicats c’est pour la non modification de l’article 37, la non représentation de Compaoré en 2015, non à la mise en place du Sénat. Moi je dis aux burkinabè, 2015 là c’est le last, Et pis, c’est ici aussi qu’on voit des enfants de gourous qui pleurent parce que un million ne suffit pas pour faire un samedi soir dans le pays le plus pauvre du monde. Tout ça nous incite à nous engager pour que ça change. Mais aujourd’hui on n’est pas un pays pauvre, on nous fait la cour à cause de notre sous-sol. Donc on n’est pas pauvre.

Revenons à la problématique de l’engagement, on sent qu’il ya un certain nombre d’éléments qui fondent la naissance du mouvement, tout tourne à la limite autour 2015 qui doit être comme Sam’K le Jah l’avait dit, l’arrêt du bus et tout le monde descend. Est-ce aussi la fin de l’engagement ?

Sam’K le Jah : Au fait c’est important de le préciser, le Balai citoyen n’est pas né pour mourir en 2015, vous savez qu’il y a trop de pourritures dans ce pays là qui ne sont pas prêts pour finir en 2015, donc après 2015 le combat continue. Je vais donner l’exemple du rapport de l’ASCE 2011, plus de 2 milliards de fcfa détournés et ils n’ont recouvré qu’un petit pourcentage de cet argent. Le Burkina Faso n’est pas pauvre, c’est peut être trop de gros voleurs qu’il faut démasquer et poursuivre pour qu’ils remboursent l’argent qu’ils ont volé. Vous avez dans ce pays des enfants de ministres qui se lavent les chaussures, ou arrosent les terre-pleins sur l’avenue Kwamé N’Kruma avec du champagne aux yeux et au su de tout le monde. Pour nous, le combat n’est pas seulement politique, c’est aussi un combat d’éthique, un combat pour mettre la jeunesse sur un minimum d’intégrité, de civisme et de vertu aussi.

Mais si en 2015 le bus s’arrête, tout le monde descend, si le régime descend c’est avec toutes les tares aussi !

Sam’K le Jah  : Non il ne peut pas descendre avec toutes les tares. Moi, la crainte que j’ai c’est le fait de bloquer un certain nombre de canalisations, le nouveau maire de Ouagadougou a fait savoir que la mairie vivait au-dessus de ses moyens. Le Burkina Faso lui-même vit aujourd’hui au-dessus de ses moyens. On voit des colonels de l’armée rouler en V8, des maires qui roulent avec des voitures de 50 millions, après on se demande qu’est-ce qui ne va pas. Donc ces gens sont capables de bloquer un certain nombre de robinets pour que les fonctionnaires ne soient pas payés, pour que tel ou tel service ne puisse pas fonctionner et dire après voilà on vous avait dit. Vous avez dit que vous ne voulez plus Blaise Compaoré et aujourd’hui il est parti et on ne peut plus payer les fonctionnaires. Donc il faut que les gens soient avisés. Il faut s’assurer que tous ceux qui descendent du bus n’emportent pas quelque chose. On doit les fouiller avant qu’ils ne descendent comme à la douane. Il faut qu’on les yougou yougou bien et retrouver où ils ont caché l’argent.

Je ne sais pas si vous suivez la situation au Sénégal avec le mouvement ‘ y en a marre. Aujourd’hui ils sont un peu déboussolés, même les citoyens se plaignent

Smockey : C’est pour cela, il faut éviter les longs règnes. Dans le cas Wade c’est un peu différent, ils l’ont laissé faire un long règne avant de s’indigner.

Sam’K le Jah : Moi je pense que les gens sont souvent impatients.

Quant c’est trop propre aussi ce n’est pas bien comme certains commerçants de Rodwoko le disent « quand le marché est trop propre ça fait fuir les clients ».

Smockey  : Oui, ou quant le maquis est trop éclairé, ça fait fuir les gens.

Sam’K le Jah : C’est une question d’éducation. On a la malchance de confondre souvent élevage et éducation. Des gens aiment à se trouver comme des porcs dans la saleté et pour eux c’est en ce moment que tout va bien. Mais est-ce que c’est parce qu’on est dans la saleté et que tout va bien qu’on va l’imposer à la majorité ? Cette stratégie de foutre le bordel pour mieux régner là n’est pas nouveau. Chacun a tendance à se faire respecter quant il n’est pas là.

Smockey : Il y a plein d’argent qui circule dans la mafia aussi, ce n’est pas pour autant que c‘est un exemple quoi. Les dictateurs sont très généreux. Vous visitez Bongo vous avez tous les cadeaux du monde. Ici aussi il y a une infime partie proche du système qui en bénéficie et cette frange là qui constitue le soutien au dictateur.

Mais est-ce que ce n’est dans votre vocation, je veux dire un mouvement comme le ‘Balai citoyen’ qui devrait penser, en plus d’arrêter le bus, penser à comment gérer l’environnement de l’arrêt du bus ?

Smockey : Exactement, c’est ce qu’on essaie de faire et voilà pourquoi on pense à se former politiquement. C’est pour cela qu’on parle de conscience politique. Moi je dis toujours qu’un africain qui s’engage pas politiquement, qui n’a pas de point de vue politique, qui n’a pas de conscience politique, soit c’est un fou ou soit c’est un inconscient, puisque notre problème en Afrique il est essentiellement politique.

Sam’K le Jah : Dans cette dynamique on ne reste pas isolé, on est en contact avec d’autres artistes notamment Awadi, Ticken Jah, les gars du mouvement ‘ y’en a marre’ parce que la vision aujourd’hui, elle n’est pas seulement burkinabè mais sous régionale car partout on vit les mêmes galères. Et il faut qu’on se donne des instruments de pression. S’il y a un cadre qu’on appelle la CEDEAO, nous devons créer la CEDEAO des luttes de la jeunesse africaine.

Mais si vous créez la CEDEAO des luttes vous n’aurez pas de tuteur occidental. On a l’impression que vous êtes trop idéaliste jusqu’à la naïveté. Qu’est-ce que vous voulez changer quand un pays a 70% de son budget qui est donné de l’étranger ?

Sam’K le Jah : Justement, ici le problème c’est cette nébuleuse mafia Afrique je ne dirai pas françafrique. Quand notre budget est financé par l’extérieur à 70%, c’est parce qu’on ment au peuple. On veut nous faire croire que le Burkina est un pays pauvre. Mais si réellement les ressources générées par les mines et autres étaient utilisées à bon escient on ne serait pas à tendre la main.

Sauf que ceux qui disent ça ne durent pas

Sam’K le Jah : Je ne veux pas m’attacher à un passéisme nostalgique, mais si Thomas Sankara était là aujourd’hui en 2013, les conditions de son assassinat ne seraient pas les mêmes. Aujourd’hui avec tout ce qui se passe dans le monde arabe, avec le mouvement des indignés il y a des choses qui peuvent passer plus simplement. Je veux rester dans ma naïveté positive mais je sais que c’est par le travail qu’on va susciter quelque chose.

Smockey  : Dans ce cas on va dire que Lumumba ou Kwamé Nkruma n’auraient pas dû faire ce qu’ils ont fait. Chacun a fait ce qu’il devait faire. On a de puissants moyens de communication qui font chier les grands de ce monde. C’est avec la bénédiction de nos dirigeants que les puissances impérialistes arrivent à nous exploiter. Mais avec la conscience politique, la jeunesse africaine pourrait faire la pression pour mettre fin à cette exploitation.

Lorsque l’on regarde par exemple les régimes comme ceux de Baise Compaoré après toute cette longue durée, on se demande par moment est ce que nous ne méritons pas nos dirigeants ou est-ce que les gens ne se plaisent pas dans leur état de mouton ? 

Sam’K le Jah : Ce mouton là a besoin d’être éduqué. Les jeunes africains qui lisent l’histoire de Thomas Sankara se rendent compte que c’est quelqu’un qui voulait laisser un héritage à son pays. La dernière fois j’écoutais l’émission archive d’Afrique sur RFI qui retraçait l’histoire de Thomas Sankara ; je me dis que RFI est en train de préparer la prochaine révolution au Burkina parce que les gens vont prendre le soin de bien écouter et de se rendre compte que voilà quelqu’un qui avait un programme de société, mais aujourd’hui là c’est n’importe quoi.

Smockey : Un pays ne peut jamais être stable avec autant d’années au pouvoir avec un système. Il n’y a pas d’exemple dans le monde de long règne qui n’est pas suivi de crise minimum. Il y a toujours crise. Moi je suis sûr et certain que quand ce monsieur là va partir les gens vont tomber sur le cul quoi. Il doit être multimilliardaire.

Est-ce que tu en doutes ?

Smockey : Je n’en doute pas du tout, mais je dis qu’il y en a qui vont le découvrir pour la première fois. Vous savez M. Compaoré ne donne pas l’image de quelqu’un qui est plein aux as. Il donne l’image d’un gamin qui ne joue pas dans la cour des grands. Vous savez que ce monsieur est là il ya un bon bout de temps, il a eu le temps de tisser sa toile. Je n’ai aucune preuve de ce que je raconte. On ne peut pas avoir trempé dans autant d’opérations militaires, politiques, financières, on ne peut pas avoir connu les hommes les plus riches du continent : Kadhafi, Houphouët, Eyadema ; avoir mis autant de gens en place dans la sous-région, avoir traficoté dans tous ces systèmes financiers, échange d’otages, tout le monde sait le blé qu’il y a dans cette opération. On ne peut pas avoir fait du trafic de diamant, exporté du cacao sans avoir un trésor incroyablement bien fourni.

Pour terminer quel est le danger qui guette le Balai citoyen ?

Sam’K le Jah : Le danger, il y a plein de gens qui se sont engagés dans le mouvement et leur crainte comme ils le disent, est-ce que les responsables du Balai ne seront pas achetés, est-ce qu’ils ne vont pas vendre la lutte.

Smockey : Oui c’est des craintes quoi, mais la peur aussi d’être mal compris. Il y a beaucoup qui croient que c’est un parti politique. Beaucoup pensent que c’est une ruse pour récupérer le pouvoir. On ne veut pas faire comme Blaise qui dit « que je n’aime pas le pouvoir même si je l’ai, je ne m’y accrocherais pas » et être là plus de 26 ans. Moi je ne suis pas courageux, je suis inconscient. Je préfère ne pas penser aux conséquences, je m’en fou. Le plus important pour moi c’est se battre pour ses idées jusqu’au bout.

interview réalisée par Hamidou Traoré


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