Lucarne citoyenne N° 264

Publié le lundi 30 septembre 2013


Affaire Tuina : le capitaine Korogo limogé ?

L’affaire Tuina que l’on tentait de présenter comme un acte isolé d’un ex militaire jouant les Rambo semble plus compliquée qu’on veut bien le dire. En effet, les auditions se multiplient dans une opacité qui ne permet pas de vérifier si les conditions de droit y sont réunies. Le capitaine Korogo, le patron de la sécurité rapprochée du président aurait été auditionné de 20H à 6H du matin et muté sans autre forme de procès. Sans doute l’a-t-on jugé responsable d’une protection poreuse du bunker présidentiel, ce qui aurait permis à Tuina de s’y infiltrer et d’y commettre quelques forfaits. On reparle de cette détonation qui aurait momentanément privé une partie de la ville de Ouagadougou d’électricité dont la responsabilité est attribuée à Tuina selon une certaine version des événements. Tout cela est bien flou par rapport à l’information initiale livrée par le substitut du procureur. Qu’on ne vienne pas nous dire que le journaliste colporte de la rumeur alors que le jeu de la transparence qui est la marque d’une société qui respecte les citoyens est le cadet des soucis de nos responsables !

Que se passe t-il au sein du RSP ?


Gilbert Diendéré n’est-il qu’un souffre-douleur dans le regain de malaise qui gagne la grande muette ? Il concentre les critiques concernant tout ce qui ne va pas dans l’armée. On dit que des rafles ont actuellement cours, en particulier au sein du régiment de sécurité présidentielle (RSP) où tous ceux qui sont soupçonnés d’appartenir au commando qui a saccagé son domicile en 2011 sont littéralement traqués. Un centre de torture est signalé non loin de l’Etat-major où pinces et chaises électriques seraient entre autres des moyens pour arracher des aveux. Assistons-nous à la revanche de Golf comme le pensent certains qui affirment qu’il est décidé à en finir avec ceux qui contestent son autorité ? Il faut redouter que cette lutte de clans (si c’en est une) n’entraîne des conséquences dommageables pour le pays. Dans ce contexte trouble, on annonce l’arrestation à Tougan du dénommé Kéita, ancien militaire dont les déclarations dans certains médias avaient mis en cause le chef de l’Etat dans le trafic d’armes en direction d’une fraction de la rébellion malienne. Il faut espérer que tout sera fait dans les bonnes règles pour qu’enfin la vérité sur cette affaire se sache.

Grogne au sein de la chefferie des Bobo mandarins


Ils sont fâchés les chefs Bobo de la mossisation de la république dont l’une des illustrations est la récente rencontre des chefs coutumiers organisée au palais de Kosyam. On aura en effet remarqué qu’en dehors du descendant de Baba Lompo, il n’y avait aucune autre représentation coutumière de la mosaïque des communautés du Burkina. A l’instar des Bobos déjà cités, ni l’ouest ni le sud ni le sud-ouest et j’en oublie n’ont été invités par le chef de l’Etat. Va-t-on nous expliquer cet apartheid vis-à-vis des autres communautés nationales ? Il ne s’agit pas là d’une revendication mais le constat d’une dérive qui peut nous mener loin. Le vivre ensemble commande que soit respectée la pluralité des communautés et l’identité des cultures qui les caractérisent. On avait déjà remarqué des bizarreries dans la cérémonie protocolaire de prestation de serment du chef de l’Etat où l’on a eu l’impression d’assister au sacre d’un prince moaga. Des critiques n’avaient pas manqué à l’époque. Comment doit-on expliquer la récidive ? Négligence, insouciance, provocation ? Nous voulons tout simplement comprendre.

 


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