Voyage du PF aux USA : On y a célébré la gloire de « demi-dieu » !

Publié le lundi 30 septembre 2013

Si les Burkinabè ne le savaient pas encore, notre président est un leader hors pair, soucieux du bonheur de son peuple, du respect des droits humains, du progrès économique de son pays, de la bonne gouvernance, de la démocratie, de la paix en Afrique et dans le monde. » Ces mérites de notre président nous rappelle-t-on sont reconnus au-delà des frontières africaines. Le club Georgetown a tenu à couler ses hauts faits dans du marbre en octroyant à notre président un award. Ceux qui ont organisé la visite de Blaise Compaoré aux Etats-Unis ont été bien inspirés. Il en avait franchement besoin, après un « été bien morose »au pays des hommes intègres. Tant pis si les oreilles de Zeph et ses troupes ont sifflé à l’écoute de cet hommage dithyrambique, tant pis aussi pour le clergé catholique dont le discours « fielleux » vient d’être pris à contre-pied. Chantal et son époux qui n’ont pas eu de vacances cette année à cause de l’agenda surbooké du président, ont sans doute vécu ces moments même brefs avec beaucoup de bonheur. Le Groupe GB Global ainsi que plusieurs opérateurs économiques (la liste n’a pas été déclinée, sauf erreur) ont aussi apporté leur part de congratulations avec des promesses d’investissement à la clé. Il faut espérer qu’il ne s’agit pas seulement d’effets d’annonce calculés, sans lendemain. Le Burkina qui ne participe pas du tout de cette Afrique dite émergente dont il a été du reste question pendant les entretiens du président en terre américaine a besoin d’apprendre du savoir faire américain qui vaut la place de premier plan que l’oncle Sam occupe dans le monde. La télévision nationale dans son édition de 20 heures du Lundi 23 septembre nous a donné un aperçu de ce qui peut être fait en particulier dans le domaine des BTP pour minimiser le coût de l’immobilier.

Du côté de la diaspora burkinabè de Washington, on a aussi célébré le leadership de Blaise à travers la perspective de la mise en place du sénat dans lequel la voix des Burkinabè de l’ étranger « se fera entendre avec tant d’autres sons de cloche ». Mais soulignent-ils aussi, la paix est une nécessité pour cette expression plurielle et en particulier pour la participation des « cerveaux » de l’extérieur au développement du Burkina. Difficile de faire l’impasse sur le grand débat national quand on est Burkinabè, même quand les circonstances de ce débat en déterminent les formes ! Enfin, « l’information majeure » selon la formule de notre confrère Pascal Ardjima Thiombiano, c’est la visite de Blaise Compaoré au Pentagone. C’est en effet, le seul officiel américain de cette importance qu’il ait rencontré à l’occasion de son séjour américain. Il faudra peut être repasser pour voir le maître de la Maison blanche ! De l’avis du secrétaire d’Etat américain à la Défense, M. Charles Hagel, la coopération militaire avec Ouagadougou est excellente. Divers programmes de formation sont en cours au profit de notre armée. C’est le cas des programmes dits ACOTA et IMET dont ont bénéficié des centaines de militaires burkinabè. Il ya aussi le programme ERIES en cours de définition, grâce auquel le Burkina pourra bénéficier à titre presque gracieux de la fourniture d’équipements militaires usagés que le rythme élevé des progrès technologiques a permis de déclasser. Mais pour un pays comme le Burkina, c’est sans doute une bonne affaire au regard des coûts exorbitants sur le marché international. Les USA sont intéressés par la lutte contre le terrorisme et le Burkina semble être un allié stratégique dans la surveillance de la zone sahélienne. A Stuttgart(Allemagne) où est basé le commandement américain en Afrique (ARICOM), les responsables militaires américains connaissent bien leurs homologues burkinabè avec lesquels ils entretiennent une coopération fructueuse. Honoré Nabéré, notre chef d’Etat-major général y était en visite à la fin de l’année dernière juste avant les élections couplées. Il y a donc bien un axe Washington-Ouagadougou sur le plan militaire et il faut souhaiter qu’il fonctionne exclusivement dans le sens des intérêts bien compris des deux peuples. Visite triomphale donc diront certains, opération politicienne renchériront d’autres. Quoi qu’il en soit, Blaise retrouvera sur sa table les problèmes qu’il a laissés. Il n’a toujours pas révélé la décision que toute la nation attend à la suite de ses consultations. Le peuple burkinabè devra peut-être attendre encore un peu, le temps que les premiers résultats des dernières mesures sociales commencent à tomber. La politique c’est l’art de vaincre l’adversité. Le temps y est toujours un allié stratégique.

 

 


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