Scribes et pharisiens hypocrites !

Publié le mercredi 25 septembre 2013

Il n’y a vraiment jamais de hasard dans cette vie. Ce samedi 21 septembre 2013, on célébrait St Mathieu. Et voilà que c’est le chapitre 13 de son Évangile qui m’inspire aujourd’hui.

J’aime plusieurs choses en Jésus : Il a beaucoup d’humour ; il est cash (pas de lilib-lib avec lui). Il parle gbê (mal). Quand on aime la vérité, celle qui libère et pour laquelle il est mort tout comme nos martyrs du Burkina, on ne peut pas parler autrement. On dit ce qui est, quitte à ce que ça ne plaise pas, quitte à ce que cela puisse vous conduire à la mort. Et c’est exactement ce qu’il fait dans ce sermon aux scribes et pharisiens. Il est bon de mettre en exergue certains de ses reproches à ceux qui se croyaient justes car des scribes et pharisiens, on en retrouve au Burkina Faso aujourd’hui dans les instances dirigeantes de toutes les dénominations religieuses.

Jésus déclara à la foule et à ses disciples :

-Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes.

-Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez point vous-mêmes, et n’y laissez point entrer ceux qui veulent y entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous dévorez les maisons des veuves, tout en affectant de faire de longues prières ; aussi vous en recevrez une plus grande condamnation. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, car vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et quand il l’est devenu, vous le rendez enfant de la géhenne deux fois plus que vous. 

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, car vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et vous négligez les choses les plus importantes de la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité. Il fallait faire ces choses-ci et ne pas omettre celles-là. Conducteurs aveugles, qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau[1] ! 

C’est bien ce que nous observons actuellement sur l’affaire du Sénat. Ils nous avaient fait titrer en une : ‘’Les Protestants n’iront pas’’.

Réaction si longtemps attendue de l’opinion publique, long silence tout aussi éloquent jusqu’à ce que l’un des leurs les fasse sortir enfin de leur mutisme. Je ne crois pas du tout que les instances dirigeantes protestantes avaient eu la quelconque intention de ne pas aller à la soupe du Sénat mais la sortie tonitruante d’un des leurs dévoilant ainsi ‘’les pensées intimes de bien des cœurs’’ (pour reprendre les paroles du vieux Siméon[2]) ne leur a plus donné le choix. Ils étaient obligés de réagir et de réagir vigoureusement, d’où cette position qui nous a tous fait croire qu’ils suivraient les cathos. Mais là aussi, ne nous réjouissons pas trop vite. La position courageuse et historique des instances catholiques n’est pas perpétuellement garantie car des brebis galeuses, des scribes et pharisiens hypocrites, y en a plein là-bas aussi mais nous nous intéressons ici à ceux qui nous ont fait croire qu’ils avaient enfin changé et surtout compris le message de Jésus qui a fait le choix d’être du côté du peuple, des faibles, des opprimés, des petits. Ce message qu’ils citent à tout vent, parce qu’ils connaissent parfaitement tous les passages de la Bible par cœur mais le hic est qu’ils sont prompts à la citation mais lents à l’application.

Car, dans cette même Bible (quelle que soit la version utilisée), on y lit autant dans l’Ancien que le Nouveau Testament : « Les fidèles ont disparu d’entre les fils d’Adam. On ne fait que mentir, chacune à son prochain, lèvres trompeuses, langage d’un cœur double[3]. » 

Je me pose toujours la question face à certaines attitudes complices et révoltantes de leaders religieux d’où qu’ils viennent concernant notamment la justice sociale s’ils croient vraiment au Dieu qu’ils professent, s’ils sont conscients que la Parole de Dieu est toujours d’actualité, que c’est une parole vivante, actuelle où s’Ils pensent que tout ça appartient au passé et que Dieu est aveugle, sourd et muet.

Pourtant, il est écrit encore :

-Ils mangent mon peuple. Voilà le pain qu’ils mangent. Ils n’invoquent pas Yahvé[4].

- A cause du malheureux qu’on dépouille, du pauvre qui gémit, maintenant je me lève, déclare Yahvé[5].

Donc, prudence car le châtiment pourrait venir, Dieu étant fidèle à sa Parole et punissant le crime même si d’autre part, il est Miséricorde et miséricordieux et préfère la miséricorde aux sacrifices.

Quant aux représentants des instances musulmanes, qu’ajouter d’autre à cette réplique claire et nette des jeunes lettrés musulmans ?

Ils ont tout simplement versé la figure de leurs aînés par terre. Eux qui ne se sont pas du tout reconnus dans les propos de ceux qui se sont arrogé le mandat de les représenter et de pousser l’ignominie et l’indécence jusqu’à dire que tous les musulmans du Burkina étaient d’accord avec eux. Et les 40% autres pour cent du peuple burkinabè qui n’en sont pas ? Ils ne comptent pas ? C’est ça leur démocratie ?

C’est non seulement insultant, irrespectueux, indigne de quelqu’un qui a mis les pieds un jour dans une salle de classe pour être instruit, à plus forte raison de quelqu’un qui a fait papier longueur, a choisi comme métier d’informer et qui, plus est, a fait le pèlerinage de la Mecque. Honte à vous, Mr le scribe.

Mais que voulez-vous-vous ? Y a de plus en plus de gens au Burkina qui sont nés après la honte.

Alors, je laisse le dernier mot à celui qui est la Vérité même et qui a dit 

-Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres[6] .

Angèle Bassolé, Ph.D.

Écrivaine et Éditrice, Ottawa, Ontario.Angelebassole@gmail.com

 

[1] Évangile selon St Mathieu, 23, 1-5, 13-15, 23-24

[2] Luc 2, 35

[3] Psaume 12, 3

[4] Psaume 14, 4

[5]Psaume 12, 6

[6] Jean 8, 31-32.


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