Arba Diallo à la tête d’un nouveau parti

Publié le mardi 10 avril 2012

Le PDS/Metba est un nouveau parti né de la fusion de quatre formations politiques à Ouagadougou le 31 mars dernier. Il s’agit du Parti pour la démocratie et le socialisme (PDS), du Parti africain de l’indépendance (PAI), de Faso Metba et de la Ligue citoyenne des bâtisseurs. Les deux premiers responsables du PDS/Metba sont bien connus des Burkinabè. Le Président Hama Arba Diallo est député maire de Dori. Il a été par ailleurs militant de premier plan du Parti africain de l’indépendance (PAI). Ministre des Affaires étrangères quand le PAI était partie prenante dans le Conseil national de la Révolution et conseiller du Président Thomas Sankara par la suite. Arba Diallo a passé plus de temps à l’extérieur parce qu’il est diplomate de carrière. Quant au 1er vice président, Etienne Traoré, il est aussi un des animateurs de la scène politique depuis plus de deux décennies. Enseignant bien connu, il est philosophe de formation et donne des cours de philosophie morale et politique à l’Université de Ouagadougou. Il a appartenu sous la Révolution démocratique et populaire (RDP) à l’Union communiste Burkinabè et est un des artisans de l’avènement du Front Populaire et sa rectification. Il a occupé après le tragique événement du 15 octobre 1987 le poste d’inspecteur d’Etat. Mais il ne tardera pas à se séparer du nouveau régime. Des révolutionnaires qui avaient cru à la sincérité des rectificateurs les accuseront plus tard de révisionnistes. Etienne Traoré crée au moment de l’ouverture démocratique, un parti dénommé Alliance pour la démocratie et le socialisme (ADS). Il rejoindra avec d’autres camarades de la gauche burkinabè le Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS) du Professeur Joseph Ki-Zerbo. Etienne Traoré anime à l’intérieur de ce parti un courant dit de rénovateurs. Il a fini par s’en détourner pour créer le Faso/Metba. Le 2ème vice président Jean Marie Sanou est un acteur politique qui n’est pas suffisamment connu. Le siège de son parti, la Ligue citoyenne des bâtisseurs (LCB) est à Bobo. Hama Arba Diallo avait été soutenu par une coalition de partis dénommés « Les forces progressistes » à la présidentielle de 2010. A l’issue du scrutin, le candidat Arba Diallo avait été deuxième, loin derrière le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) avec 8,21% de suffrages exprimés. A Dori dans son fief, il avait battu Blaise Compaoré avec 6085 voix contre 5975. Il faut noter qu’à la campagne présidentielle passée, d’autres partis non membres de la fusion actuelle avaient soutenu Arba Diallo. Il s’agit du FFS de Norbert Michel Tiendrebéogo et de l’UDPS de Fidèle Hien et de Benilde Somda. Le discours officiel pendant la période allait pourtant dans le sens du maintien de l’élan unitaire. Pourquoi ces formations et leurs leaders sont absents à la création du nouveau parti ? Préfèrent-ils garder leur indépendance tout en maintenant la collaboration ? L’avenir nous le dira. Il faut rappeler que les conclusions de la Rencontre de la gauche africaine (RGA) avaient affirmé la nécessité des alliances et même la fusion comme évolution ultime. Les événements électoraux tels ceux qui viennent de se dérouler au Sénégal constituent incontestablement une source d’inspiration.

 

Merneptah Noufou Zougmoré


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