AYO ! NOn, c’est non !

Publié le mercredi 25 septembre 2013

A l’illégitime du Palais de Kosyam,

 

Quelqu’un au Faso s’est-il jamais posé la question de la vraie signification de ce nom Kosyam ?

On me dit que ça veut dire : ``en quête de sagesse``.

Vous conviendrez avec moi que ça ne cadre pas du tout avec les occupants de ce lieu.

Il peut bien signifier aussi : vendre autant, tant qu’on veut/ ou durer, perdurer autant, tant qu’on veut.

A vous de faire votre choix.

Dans quelle langue tu veux qu’on te dise qu’on ne veut pas de ton Sénat-là ?

Ayo, Hon-hon, Ayi, Abada, Mi jabai, No, Nein, Niet, Bùshi[1].

Id parat yé. Aw ta fè, nous n’en voulons pas, we don’t want, don’t need it.

Id parata runda, id parata beog ye.

Bi, Sini, Aw ta fè.

Ni aujourd’hui, ni demain.

Nor today nor tomorrow.

Weder heute, Noch morgen

Wuma mè ?

I ya mè wa ?

A faami ko wii-maa-mi ?

Understood ?

Verstanden ?

C’est quel entêtement aveugle ça encore ?

C’est là qu’on voit que tu n’es pas démocrate du tout, ne l’as jamais été et ne le sera jamais.

Tu resteras un dictateur militaire en civil.

Autrement, tu aurais respecté le désir profond de ton peuple qui te dit non, non et non.

Pour renforcer quelle démocratie ?

Comment peut-on renforcer quelque chose qui n’existe pas, n’a jamais existé ?

Les lois, la Constitution que tu ne respectes pas et bafoues comme tu veux n’est pas de la démocratie.

Les semblants d’opposants que tu finances pour t’accompagner ne sont pas indicatifs de la démocratie.

‘’Si tu fais, on te fait-là, c’est pas démocratie.

Tu détournes, tu voles et plus tu détournes, plus tu voles, plus on te donne promotion-là, non plus.

Famille qui gouverne avec toi et rêve de te succéder, non plus. C’est dans royaume moaga ou baoulé ça, pas dans république démocratique.

Tu es mal rentré dans l’Histoire de ton pays, de l’Afrique et du Monde.

Au moins, fais l’effort d’en sortir honorablement avec le respect plutôt que dans le chaos et la honte comme Mobutu, Houphouët, Wade, Gbagbo.

Quel exemple tu veux qu’on t’exhibe pour te montrer et te faire comprendre que ça ne sert à rien de s’opposer à la volonté populaire ? Tu ne disais pas toi-même, poing levé avec ``ton ami`` que lorsque le peuple se lève, les dictateurs tremblent ?

Mobutu, Houphouët, Wade et Gbagbo se croyaient aussi plus intelligents et se disaient comme toi aujourd’hui que ça ne pouvait pas leur arriver. Et voilà, c’est arrivé.

Avant toi, le Burkina a été gouverné. Après toi, il le sera encore.

Nul n’est indispensable au monde et surtout pas toi au Burkina.

Mon fils et sa génération d’amis nés en 1991 ne connaissent que toi comme président. Ceux nés en 1987, également. Ils sont fatigués, nous sommes tous fatigués de voir ta même tronche depuis si longtemps.

 26 ans de pouvoir sans partage, c’est vraiment trop.

Ya bass bal ya ti nêda to mè riké.

Bass nè band ya, la vuus wa Rawlings, a JBO, a Saye Zerbo.

Bass ya la log nè waogré wa Mandela.

Ti kuum kyét son yandé.

Bass woto ya, ti fo pa roog naam zuug ye, wa raat ki a zuug ye.

Bass ya, ti buum fan tara saabo.

Buum fan n sigdé sataamè.

Yaa tilai.

Saamè, Compor biiga.

Saa woto.

Bass bala.

Les mange-mils de ta basse-cour et tous les cocos autour qui te disent de continuer à te maintenir envers et contre bon sens, envers et contre tous te mentent. Tous tes conseillers te mentent. Ils seront d’ailleurs les premiers à t’abandonner.

Saamè.

Saa faas !

Sid saamè.

Nèd ba yé Burkind ka, pa lé rat f yé.

Hannde !

Jango !

Wend na kon tenga laafi !

La Wend na kon fo mè yaam bilfu ti laafi zind ka.

Ti pa togé ti fo kiisd bugum uf yaks zaaksè n yolow data widg f meng zaaké yé.

Wend la id yaaba Yenneng yinga, la a Kam ying ya, a Ouedraog, a Roa nè Zoungran,

Ya maan Suugri, la f bas woto ti tèk taa tèkin.

 

Chers lecteurs, comme ‘’nous sommes tous devenus des Mosses’’ (et cela ne fait part d’aucune exclusion, ni discrimination pour les esprits chétifs qui comprennent toujours tout de travers mais bien au contraire), selon un de mes bons amis quand sa folie ne se manifeste pas, je suis sûre et certaine que vous allez sans peine déchiffrer cette lettre qui ne vous est pas adressée.

Le temps est venu au Burkina et pour les Burkinabè ici et ailleurs de choisir.

Il est temps de clairement se positionner et d’arrêter les numéros de contorsionnistes et autres équilibristes funambules. Non c’est non. Ce n’est pas non et oui ; ce n’est pas non mais oui ; ce n’est pas ``je vais voir``.

 L’avenir du pays se joue actuellement sur cette question cruciale. Il est temps de se décider avec tous les risques que cela exigera. Car c’est ce que l’Histoire, la Grande, la Vraie retiendra.

Général Marc Tiémoko Garango, je vais oublier pour cette chronique que vous êtes Bissa et vous dire bien bas : 

-Merci. Merci au nom des générations de Burkinabé à venir. O Yaada Barka !

Honorable Hama Arba Diallo, je vais oublier aussi que mon gienga de Redachef (qui me fatigue beaucoup) parle la même langue que vous et vous dire : 

-Merci. Infiniment Merci. Fofo !

Il y a des circonstances dans la vie des hommes où ils doivent se tenir debout et dire non. Vous l’avez fait tous les deux avec brio et courage. Je vous en suis profondément reconnaissante.

Et vous, chers compatriotes, qu’avez-vous décidé ?

Pour ou contre le Sénat et son application ? 

That’s all the question.

Shakespeare, lui a déjà répondu. C’est votre réponse qui attend d’être enregistrée.

Micros, caméras, ça tourne.

 

 

Angèle Bassolé, Ph.D.

Écrivaine et Éditrice,

Ottawa, Ontario.

Angelebassole@gmail.com 


[1] Mooré, jula, fulfuude, anglais, allemand, russe, mandarin.


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