Présidence de la Chambre de Commerce : Alizeta a fini par y parvenir !

Publié le mardi 3 septembre 2013

On ne voit pas comment cela aurait pu être autrement ! Tout à été fait pour lui donner le fauteuil de président de la Chambre de Commerce. Les textes ont été taillés sur mesure et les concurrents sérieux découragés. Il fallait que Gando devienne présidente de la CCIA-BF. Elle l’est devenue.

En juin 2012, la situation n’était pas propice pour lui donner le fauteuil, le ministre du Commerce a fait proroger le mandat intérimaire qu’elle conduisait à la Chambre, suite à la mort de Oumarou Kanazoé. Arthur Kafando lui avait fait accorder un bonus de douze mois. Le temps de voir venir et surtout de neutraliser tous les concurrents potentiels. Une faveur qui rappelle celle que l’Etat avait accordée à la même Gando, au début des années 1990, dans le domaine des cuirs et peaux pour lui permettre de décoller. A l’époque, un autre ministre du Commerce, un Kafando, aussi, (ça ne s’invente pas décidément), lui avait, contre l’orientation libérale qui se mettait en place, accordé un monopole sur le commerce des cuirs et peaux. La suite est allée de soi, en 1996 l’entreprise de Gando, avant qu’elle ne s’agrandisse en absorbant la société d’Etat…affichait un résultat insolent de 4 milliards de francs cfa de chiffre d’affaire. Ce n’était que le début. Le meilleur était à venir…

Alizeta Ouédraogo, la nouvelle présidengte de la chambre de commerce et d’industrie du Burkina (Ph : montage evènement)

Pour ce qui concerne la Chambre de Commerce, Gando en rêvait en se maquillant tous les matins, même du vivant du patriarche Kanazoé. Au début Blaise Compaoré a eu quelques scrupules. Le vieux Kanazoé s’en amusait et aimait le raconter avec malice. Au moment de renouveler le dernier mandat qu’il a conduit à la tête de la chambre, jusqu’à sa mort, il est reçu par Blaise Compaoré. Il prend soin de l’informer des intentions de Alizeta Gando. A peine a-t-il commencé, que le président passe à un autre sujet. C’était le signe qu’il ne voulait pas en parler. Après plusieurs mois d’attentes, Blaise Compaoré instruira le vieux d’aller se faire élire.

On peut donc imaginer que si Gando est maintenant présidente de la Chambre, c’est avec l’aval du président. Il a accepté qu’elle se fasse élire. En 2012, une flopée de candidatures avait commencé à se manifester. La plus sérieuse était celle de Appolinaire Compaoré. Mais vraisemblablement Kosyam ne l’a pas agréée. Alors il a remisé ses ambitions attendant que le vent tourne.

C’est donc fait, l’économie aussi est maintenant sous la coupe des Compaoré. Alizeta Gando avec ses dix engagements a promis de démocratiser l’accès aux avantages que la chambre peut accorder aux opérateurs économiques. Il faut souhaiter que ce soit vrai. La force de Kanazoé c’était sa largesse et son altruisme. Gando sur ce point a besoin de faire ses preuves.

NAB

Les dix engagements de la présidence Gando

# Une compagnie consulaire proactive ouverte à tous et créatrice de valeurs ;
# Une communauté des affaires plus unie et solidaire ;
# Un dialogue et un partenariat public-privé plus engagés et féconds ;
# Le développement des infrastructures de soutien à l’activité économique, particulièrement dans les nouvelles sections territoriales ;
# L’amélioration continue du climat des affaires et la lutte contre les freins à l’essor du secteur privé ;
# Le renforcement des capacités stratégiques et opérationnelles du secteur privé ;
# L’élargissement des opportunités économiques à tous, au plan national et international ;
# La promotion des femmes et des jeunes dans les affaires ;
# Un meilleur accompagnement du secteur informel ;
# La facilitation de l’accès au financement par l’assouplissement des conditions et le développement de mécanismes et de produits financiers innovants.

 


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