Championnat national de basket ball : La radicalisation !

Publié le vendredi 2 août 2013

Dans notre édition précédente, nous exprimions notre inquiétude sur la situation du basket ball national. Eh bien, nous avions eu raison de nous poser des questions. Entre les clubs de Bobo-Dioulasso et la fédération burkinabè de basket ball, c’est le langage de sourd. En fait, le langage est rompu. Devant l’intransigeance des clubs de Bobo qui conditionnent leur participation au championnat à une hausse de la subvention de la Fédé, la faitière a décidé d’ordonner la poursuite du championnat sans Bobo ! Réponse extrême à une exigence extrême dira t-on. La Fédé avait en effet, proposé la somme de 200 000 F CFA à chaque club pour chaque déplacement rentrant dans le cadre du championnat. Estimant cette somme peu suffisante, les clubs de Bobo avaient demandé 315 000 F CFA. Nous l’avons déjà dit et nous nous répétons. 200 000 F FCA est loin de faire le compte quand il faut se déplacer de Ouaga à Bobo ou de Bobo à Ouaga pour un séjour de 2 nuitées avec un groupe de 15 personnes. Il faut absolument un complément, chose dont les clubs de Bobo disent ne disposer. Conscient de cela, la Fédé aurait demandé aux clubs dans l’incapacité de se trouver des sponsors de se signaler afin qu’elle puisse intervenir. En outre le président de la Fédé, Joachim Baki a passé un accord secret avec le président du district de Bobo selon lequel il apporterait de sa poche une rallonge de 500 000 F CFA à chaque club de Bobo en complément. Mais ce deal devait rester un secret entre le prési et les clubs de Bobo. Ne voyant pas l’argent venir alors que le début du championnat est sonné, le président du district de Bobo dans un moment de doute « a lâché le morceau ». Du coup le président de la fédération ne pouvait plus tenir promesse même s’il le voulait vraiment car au lieu de 4 clubs bobolais il devait donner 500 000 F CFA aussi aux clubs de Ouaga pour un souci d’équité. Alors le président a rengainé. Plus de subvention. Et comme Bobo-Dioulasso dit ne pas pouvoir se déplacer sans un complément d’argent, ses clubs sont exclus de la course au titre. La question est de savoir quel champion va naître d’une compétition si tant il est qu’elle n’intéresse que seuls les clubs de Ouaga ? Les efforts de la fédération burkinabè de basket ball visant à relancer la discipline ne vont-ils pas être, de ce fait plombés ? Alors que notre pays est engagé à l’Afrobasket prévu pour se dérouler en Côte d’Ivoire en Août prochain il nous apparaît incohérent d’escamoter de la sorte le championnat national qui est l’épreuve reine. Il est plus que jamais nécessaire de trouver une solution médiane afin d’éviter la mise à l’écart de Bobo. Pour nous, face au manque de moyens financiers, la fédération peut revenir sur ses pas, renoncer à la formule actuelle qui implique trop de déplacements. Bobo-Dioulasso constituera sa poule et Ouaga la sienne. Le regroupement des 2 meilleurs de chaque poule pèsera moins lourd sur le plan financier. En tout état de cause, l’extrémisme n’a jamais construit un sport.

J J Traoré


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