Les impairs du roi foot

Publié le vendredi 2 août 2013

L’histoire se passe au Nigéria. Les clubs de football, Plateau United Feeders et Police Machine FC ont posé un acte d’une extrême rareté sur la planète foot. Nous sommes en début juillet 2013. Les deux clubs doivent passer par les play-offs, la session de rattrapage pour accéder en première division. Mais pas que ça ! Lors de leurs derniers matchs, ils devaient gagner chacun avec des scores inédits en football. Mais impossible n’est pas club de foot nigérian ! Alors que Police Machine FC atomisait Babayaro FC 67 buts à 0 pendant ce temps Plateau United Feeders cartonnait Akurba FC 79-0 ! « On est où là » dira un voisin ? Il est vrai que ce ne sont que des clubs amateurs. Il s’agit de la division 5 ! Et l’enjeu c’était d’accéder à la division 4 ! Qu’à cela ne tienne ! Le football est tel qu’il est inadmissible qu’un match, un seul match donne droit à autant de buts ! A peine si on n’en marque pas chaque minute. Le jeu a été dénaturé. Chacun des deux clubs savait qu’il avait besoin de buts en quantité industrielle pour passer. Chaque club a donc marqué en regardant d’un d’œil l’autre ce qui est anti sportif. Ça l’est d’autant plus que les adversaires ont été complices. Comment prendre autant de buts sans réaction ? Evidemment, l’argent a sans doute circulé. La corruption s’est invitée sur les pelouses. On comprend donc la réaction de la Fédération nigériane de football (NFF) qui a été sans pitié. Elle a radié à vie l’ensemble des joueurs et dirigeants des quatre formations impliquées dans le scandale tandis que les quatre clubs ont été bannis pour une durée de dix ans. Le comité de la NFF a également recommandé que les arbitres et officiels qui officiaient lors des deux rencontres soient exclus à vie. Les coupables encourent une autre sanction, davantage humiliante étant donné que leurs photos et leurs noms seront rendus publics ! Pour la petite histoire, le record en termes de score-fleuve est détenu par deux clubs malgaches. En 2002, l’AS Adema avait pulvérisé le stade Olympique L’Emyrne par le score sans appel de 149 à 0 ! Vraiment, il faut venir en Afrique pour voir de telles aberrations ! Oui, cela se passe sur la terre noire et chez nous au Faso aussi. Car ceux qui suivent de très près « l’actu » sportive nationale savent que le palais des Sports de Ouaga 2000 abrite depuis le 17 juillet 2013, les éliminatoires de la coupe du monde de volley-ball de la zone D. Evidemment le Burkina Faso y participe en dames et en hommes. Il est vrai que les dames ont été mises KO. Elles ont disputé deux matchs sans avoir remporté le moindre set ! Un exploit ! Mais là n’est pas notre propos. Tenez-vous bien installé sur votre fauteuil car l’info de ces éliminatoires qui va suivre est renversante. La sélection nationale du Burkina s’est présentée à la vérification des formalités d’usages munie de pièces d’identité burkinabè, la CNIB. Seule la capitaine Kodjo disposait d’un passeport. Comment peut-on aller sur la scène nationale sans le B.A.-BA ? C’est connu, dès l’échelle régionale, les documents d’identité qui comptent, c’est le passeport. Comment la Fédé de volley-ball peut-elle oublier cette règle ? Quels dirigeants avons-nous ? Ce n’est pas une première. Souvenez-vous de l’affaire Hervé Zengué, du nom de ce joueur de football Camerounais que le Burkina a aligné sans se soucier des règles en la matière. N’oubliez pas non plus que les mêmes dirigeants de football voulaient donner un passeport sportif à un Brésilien, un gardien de but pour l’utiliser avec les Etalons au mépris des règles en la matière. Ça n’arrive pas qu’aux autres. En 2007, le Burkina a aligné un joueur de plus de 21 ans dans l’équipe des moins de 21 ans pour jouer les qualifications des jeux Olympiques de Pékin ! Amateurs !

J J Traoré


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