Religion : Le pape Jean Paul II élevé au rang de Saint

Publié le jeudi 18 juillet 2013

Le polonais Karol Wojtyla connu sous le nom de pape Jean Paul II, celui que le pape Benoît XVI a remplacé avant que ce dernier ne cède récemment sa place au pape François sera déclaré désormais Saint. Cette annonce a été faite par l’actuel pape François le vendredi 05 juillet 2013, qui a décidé d’ailleurs de convoquer un consistoire sur la canonisation prochaine de deux de ses prédécesseurs Jean Paul II et Jean XXIII. La date de la canonisation de ces deux pontifes, Jean XXIII (pape de 1958 à 1963) et Jean Paul II (de 1978 à 2005) n’est pas encore connue certes, mais elle se fera d’ici fin 2013. Le processus de canonisation de Jean-Paul II a débuté en 2005, peu de temps après sa mort. Sa cause de béatification et de canonisation a été ouverte le 28 juin 2005. La béatification (proclamation du bienheureux) du pape défunt a eu lieu le 1er mai 2011.

Comment devient-on Saint ?

le pape Jean Paul 2 fait saint

Le processus de canonisation n’a lieu que si un autre miracle, s’étant produit après la béatification, est authentifié. Le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la congrégation pour la cause des saints de 1998 à 2008 précisait que le miracle nécessaire pour une canonisation « ne peut être reconnu que s’il a eu lieu après la cérémonie de béatification, ou à la limite le jour même de la cérémonie ». Le miracle qui avait prévalu à la béatification a été la guérison de sœur Marie Simon-Pierre Normand atteinte de la maladie de Parkinson et délivrée par un miracle dû à l’intercession de Jean-Paul II le 2 juin 2005 à Puyricard, près d’Aix-en-Provence. En plus, le père Slawomir Oder proposa d’inclure la survie du pilote de formule 1 Robert Kubica à son accident du 10 juin 2007, car le pilote polonais avait une photo de l’ancien pape dans son casque.

Aujourd’hui, de nombreux miracles réalisés après la Béatification de Jean-Paul II dont la guérison le 1er mai 2011 d’une Costa Ricienne atteinte d’une maladie incurable sont examinés par le Saint-Siège. Si l’un des miracles est reconnu, l’ancien Pape sera déclaré Saint. Le pape François a rencontré le cardinal Angelo Amato, nouveau chef de la Congrégation pour la Cause des Saints, et a donné son aval formel à un deuxième miracle attribué à Jean Paul II depuis sa béatification, le 1er mai 2011, condition pour être proclamé saint. Jean XXIII surnommé le "bon pape" quant à lui va accéder en revanche à la sainteté sans deuxième miracle, une décision qui est du ressort du pape mais considérée plutôt rare. On assistera donc à une double canonisation dans la seule année de 2013.

Au delà des miracles faits, un homme d’engagement

Le pape Jean Paul II de son vivant est l’un des instigateurs de la chute du communisme. Jean-Paul II était un homme d’une envergure exceptionnelle pour tous les Polonais, et cela indépendamment de leur croyance. Les enquêtes sociologiques montrent qu’il était l’autorité pour ceux qui ont suivi son pontificat mais aussi pour les jeunes qui ne l’ont pas vraiment connu. Le Pape a accompagné, voire suscité la chute du communisme. L’élection d’un pape polonais en 1978 a rappelé au monde que les Polonais existaient en tant que nation, même enfermés derrière le rideau du fer. Cette élection a également montré que la foi, la religion avaient résisté à l’idéologie communiste qui avait proclamé que « la religion, c’était l’opium du peuple ».

Pour la première fois depuis 455 ans, le conclave de Rome avait choisi un pape non italien. Et les Polonais se sont sentis très fiers de son élection comme représentant de l’Eglise polonaise.
Lors de sa première visite en tant que pape en Pologne en 1979, Jean-Paul II avait apporté l’espoir que le communisme ne durerait pas éternellement, qu’un jour nous pourrions en voir la fin. La force avec laquelle le Pape a crié à la foule devant lui « Que l’Esprit descende et rénove la Terre, cette Terre  » avait permis de penser que le régime finirait ces jours sans violence, sans haine.

Philosophe, poète, voyageur

Lech Walesa a souligné à plusieurs reprises que Jean-Paul II avait joué un rôle essentiel dans la naissance du mouvement « Solidarnosc » et de sa bataille pacifique pour la liberté de la Pologne. D’ailleurs les Polonais avouent que le Pape était si clément et conciliant, qu’il a voulu changer le monde par sa bonté.

Il est le premier qui a visité une synagogue. C’est lui qui, le premier, est allé en Angleterre alors qu’aucun pape n’avait visité l’Église anglicane depuis sa fondation au XVIème siècle. Enfin, c’est Jean-Paul II qui avait organisé la rencontre œcuménique entre les représentants de toutes les religions.

Philosophe, poète, voyageur, le personnage est très charismatique. Sa béatification n’a pas eu d’opposants en Pologne. Pourtant pour certains, elle est apparue trop tôt. Elle a provoqué des critiques sur la décision de Benoît XVI et sur le pontificat de Jean-Paul II. On nous rappelle qu’il s’est opposé à la contraception, au mariage des prêtres, aux femmes prêtres dans l’église.

Toutefois, la béatification de Jean-Paul II a été pour les Polonais catholiques, les croyants d’autres religions et les athées l’occasion de lui rendre hommage et de le remercier pour la Pologne libre et démocratique. Sa sanctification en sera d’avantage, pas seulement pour la Pologne mais pour toute l’Eglise universelle et le monde entier. Peut-être que cette sanctification qui servira d’exemple fera taire définitivement le débat sur le mariage des prêtres, la contraception, l’ordination de femmes prêtres dans l’Eglise, etc. Gageons que cette sanctification apporte plus de bénéfices et non de torts et que par l’intercession de « Saint Jean Paul-II », l’unité de l’Eglise soit renforcée.

 

Michaël Pacodi

pacomik@yahoo.fr


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