Alif naaba, la confirmation d’un talent !

Publié le jeudi 18 juillet 2013

Le prince de Konkistenga (de son village d’origine), le prince aux pieds nus (de son expression sur scène), le Bark biiga (d’un de ses titres à succès), Alif Naaba (nom d’artiste) autant de surnom pour ce jeune Mohamed Noura Kaboré , chanteur-auteur-compositeur qui, dans la discrétion et l’efficacité a conquis le cœur de mélomanes burkinabè et ceux d’ailleurs. Voilà plus d’une dizaine d’années que ce nouveau quadragénaire à l’allure filiforme vole de succès en succès sur les scènes musicales du monde avec sérieux et persévérance. Son histoire commence en république voisine de Côte d’Ivoire où, collé au dos de sa maman cantatrice traditionnelle, il s’abreuve aux rythmes musicaux moose. Les berceuses mélancoliques d’une mère chef de famille, forgeront sa personnalité artistique, d’où son style musical actuel, loin des tintamarres prisés par une certaine jeunesse, qui fréquente les maquis de coins de rue à Ouaga. D’ailleurs, dès l’adolescence Alif est passé par le Rap, puis le reggae avant de trouver son style à lui, qui tangue entre balade, folk et jazz, avec une bonne dose de mélancolie quand la thématique s’y prête. En 1999, son premier album, Regards Métis, sort en Côte d’ivoire. Avec ses huit titres, ce disque est un mélange de sonorités diverses qui rappellent les chansons traditionnelles de maman, plaquées sur du RAP ou du reggae par moment. La version burkinabè est sortie en 2003, après le retour définitif du jeune Alif sur la terre des ancêtres. Pas besoin de comprendre le mooré pour se laisser pénétrer par les chansons d’Alif Naaba. Restée très proche des sources du terroir, la musique d’Alif envoûte toutes les âmes. L’éducation reçue auprès des grands-parents au village, l’a amené à privilégier les thèmes qui célèbrent l’importance des bénédictions parentales, d’où Bark biiga qui a eu du succès auprès du public de tout âge. Altruiste, Alif Naaba le montre en interpellant « l’autre » dans son second album sorti en 2005, Foo (Toi, en langue mooré) ! Produit et distribué par Seydoni production, cet album s’est très bien vendu sur le marché national. Là encore, les huit tubes qui y figurent, respirent la philosophie existentielle du chanteur. Son don de soi, il l’exprime au quotidien se rendant disponible pour les œuvres humanitaires. 


Au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Cap-Vert, au Rwanda, il a participé à des actions humanitaires. Le 24 juillet 2005, il a fait une prestation réussie à Loumbila (25 kilomètre au Nord-est de Ouagadougou) au profit de l’orphelinat de cette localité avec le soutien de l’UNICEF et d’autres sponsors. « Le développement, est une chose globale et chacun doit choisir un pan à construire.  » dit-il pour justifier sa contribution à la lutte contre la pauvreté. Si tout Naaba (roi chez les Moose) pouvaient suivre son exemple…Entouré d’un staff managérial dénommé La cour du Naaba, le chanteur aux pieds nus s’adonne aussi à la formation et la production de jeunes artistes musiciens. Alif qui nous déclarait il y a quelques années : « chanter pour apporter un autre réconfort à ceux qui n’ont pas grand-chose », a aussi accompagné la chorégraphe Irène Tassembedo dans sa comédie musicale internationale Carmen Falinga Awa. Il est titulaire d’un CAP en agronomie. Toutefois, l’appel du cor est si fort qu’il a certainement mis les techniques de semis aux calendes grecques. Avec son visa pour la création 12 du ministère français des affaires étrangères et de l’institut Français, il écume les scènes : Nairobi, Maputo, Djibouti, Madagascar, Dar Es Salam, Arusha, Windhoek, Lusaka et Kigali. Le Rwanda, c’est d’ailleurs un second chez lui, puisqu’il y donne des enseignements en technique de chant depuis quelques années. En outre, il a écrit la musique commémorant le 15ème anniversaire du génocide au Rwanda, dans la comédie musicale Nguwino Ubeho. Depuis la sortie de son 3ème album "Wakat", en mars 2009, New York, Paris lui ouvrent grandement les bras sur de prestigieuses scènes. Alors, pour prouver qu’il se bonifie au fil des ans, le 16 mai 2013, Yiki (Lève-toi !) tombe dans les bacs à disque. C’est la confirmation d’un talent que le public du Reemdogo a apprécié lors du spectacle son et lumière du Vendredi 05 Juillet 2013 à 20H. Bon vent l’artsite !

Ludovic O Kibora

 


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