Arrondissement4 de Ouagadougou : Après les débats, place à la violence

Publié le mercredi 3 juillet 2013

Après la bataille des clans sur la désignation du maire, et les débats qui ont suivi l’élection de Anatole Bonkoungou, les choses prennent une autre tournure : l’intimidation et même l’agression des conseillers qui ont accepté former le conseil municipal avec Anatole. Le dimanche 15 juin 2013, les supporters du maire actuel de l’arrondissement 4 se sont mobilisés à la maison des jeunes dudit arrondissement pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils appellent les intimidations et les achats de conseillers. Ils étaient accompagnés par des résidents « non militants », mais qui disent « en avoir marre du chaos » que veulent imposer ceux qui soutiennent l’ancien maire. Le coordonnateur du mouvement, Christian Soré s’exprime sur les enjeux d’une telle mobilisation : « nous voulons un arrondissement paisible. Maintenant que les élections du maire sont passées, il faut que ceux qui ont perdu laissent celui qui a gagné travailler. Ceux qui s’adonnent aux intimidations et aux agressions n’ont qu’à se dire que nous sommes tous du même arrondissement ».

Dans une maison des jeunes pleine, les occupants du jour n’étaient pas tous des jeunes. Femmes et personnes du âge ont eux aussi voulu ajouter leurs voix à l’action déjà entreprise pour un arrondissement de paix. Bangré Aboubacar est de ceux-là. « Les mouvements sont fréquents ici dans l’arrondissement 4. Chaque fois, on entend par ci par là qu’un tel a été agressé. Plusieurs fois nous nous sommes rendus au commissariat de police ou à la gendarmerie, mais nous avons l’impression que rien n’est fait pour arrêter les auteurs de ces actes  ». C’est de là que la mobilisation du dimanche 15 prend tout son sens. « Nous ne voulons pas de la violence. Nous pensons que lorsque l’autorité publique a investi un maire, toutes les oppositions doivent s’arrêter pour que chorus soit fait autour des projets de développement ». Font partie de l’organe dirigeant de la commune de Ouagadougou Marin Ilboudo, Karim Ilboudo et Zakaria Sawadogo tous issus de l’arrondissement 4 dont la gestion est querellée. Les agressions sont pointées du doigt par les manifestants. Certains vont jusqu’à lancer un cri du cœur : « Le gouvernement doit demander à Zakaria et son groupe d’arrêter d’intimider les conseillers acquis à Anatole. Le mandat n’est pas indéterminé, il est de 5 ans ».

Au-delà de la dénonciation des « actes dits anormaux », c’est une démonstration de force et de soutien au maire Anatole Bonkoungou. Il n’en fallait pas plus pour combler Mme Kalmogo, première adjointe au maire. Elle estime de son point de vue que les agissements de certains jeunes et les agressions enregistrées ternissent l’image de l’ancien maire. « Il appartient aux populations électrices de se mettre en synergie pour contrer ce genre d’agissements », a-t-elle dit en substance. Elle ajoute que la mairie n’est pas une famille où la succession se fait de père en fils.
Ce qui indigne Mme l’adjointe au Maire, c’est plutôt « les achats de conseillers ». Les anti-Anatole ne s’en cachent véritablement pas. « Pire ils le disent avec arrogance ». « Le naam » ne devrait pas diviser pourtant. Les frondeurs de la journée se réclament de Zakaria et de ses partis dits satellites « c’est RFI et la CFD »

Un conseiller agressé !

Les faits d’abord ! Tout s’est produit au cours d’une réunion convoquée par SMS par le secrétariat général du CDP de l’arrondissement 4. En l’absence de Zakaria Sawadogo SG, c’est Karim Ilboudo son adjoint qui a convoqué la réunion. Notons que la date de la réunion ne nous pas été communiquée.

Le conseiller Florent Ouangrawa s’est décidé à s’y rendre. L’intéressé nous fait savoir qu’arrivé sur les lieux de la réunion, une milice d’une vingtaine de jeunes s’oppose à la tenue de la réunion s’il est présent. Il décide alors de se retirer. Avant de sortir, dans la bousculade, il est assommé par quelqu’un dont il découvrira l’identité plus tard. Il s’est évanoui, nous explique un de ses proches

Dans cette opposition entre les deux groupes, les forces de l’ordre n’ont pas bougé. Les plaintes déposées contre les auteurs des intimidations, menaces et agressions n’ont encore pas abouti. Des sanctions n’ont pas été prises à l’encontre des fauteurs de troubles. Et de cela, nombre de ressortissants s’en plaignent.

Leur sentiment est exprimé par la voix de Bangré Boubacar, « les lois dans le pays autorisent les manifestations pacifiques. Quand vous dites que vous avez la force et que vous restez chez vous, personne ne saura que vous avez la force. C’est pour cela que nous sommes sortis sans insulter quelqu’un et sans faire de violence ».

Wilfried BAKOUAN


Commenter l'article (239)