Football burkinabè : zone de turbulence

Publié le mercredi 3 juillet 2013

Le football domestique est en danger. Un seul mot à la mode au niveau des clubs sportifs nationaux : difficultés de paiement. Même les gros budgets y passent. L’ASFA-Y par exemple dont le budget annuel se chiffre à 120 millions de F CFA accumule 2 mois d’arriérés de solde vis-à-vis de son entraîneur. L’EFO qu’on disait être exemptée des tensions de trésorerie cette année a éprouvé de la peine à servir les salaires ce mois-ci. L’entraîneur du RCK, Malo Kambou face à ce qui paraît être l’insupportable problème de paiement a préféré rendre le tablier. Lui qui dirigeait un club du top 5 du classement n’a pas hésité à le laisser sur le carreau pour aller prendre un autre, l’AS-SONABEL à la traîne du championnat. L’USO elle, est passée à mode ralenti pour ses paiements. Vous doit-on 25 000 F CFA le mois ? Le payeur vous propose un demi-tarif, 12 500F CFA. Le reste, on verra, Dieu est grand ! Seuls les clubs de l’USFA, subventionnés par l’Armée et du Santos, le nouveau riche semblent à l’abri des angoisses de trésorerie. A Bobo-Dioulasso, ce n’est guère meilleur. C’est même pire. L’ASFB et le RCB ont des caisses vides. Sur le plan financier, le tableau est bien sombre. Des inquiétudes légitimes existent. Comment bâtir de vrais clubs sans argent ? Quel est l’avenir du foot national ? Le club est au début du développement du projet sportif. C’est là que naissent les joueurs, grands comme petits. Si le manque d’argent met en danger l’existence des formations sportives que pouvons espérer ? La question de financement du sport national refait alors surface. Nous l’avons déjà écris et nous le réécrivons. Le Burkina reste le seul pays où les téléphonies mobiles n’ont pas apporté une solution à la question de financement du football en particulier et du sport en général. Au Mali (Malitel), en Côte d’Ivoire Orange, au Sénégal (Orange), au Ghana (MTN) …partout l’argent des téléphonies sert aussi à solutionner les ennuis financiers du sport. Pourquoi pas chez nous ? Voulait-on laisser les miniers le faire ? Là aussi ce n’est pas gagné puisse que les fameuses mines n’ont pas un intérêt particulier pour le sport. Alors le problème est resté entier. Et le sport va en souffrir.

J J Traoré


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